Cannes 2026 - Ceremonie de cloture - Une

[Cannes] Cérémonie de clôture et lauréats 2026

Ça y est, la 79e édition du Festival de Cannes est terminée, et la cérémonie de clôture a marqué la fin de cette édition en récompensant ses différents lauréats. Retour sur la première édition du Petit Septième à Cannes!

Cette édition aura été marquée par la polémique autour de Canal+, qui n’a cessé de faire parler d’elle durant les 11 jours de compétition, mais aussi par des films marquants de réalisateurs inspirés.

Polémique

Zappé Bolloré, l’affaire a d’abord pris la forme d’une polémique grandissante, avec la une du magazine Libération évoquant une pétition dénonçant certaines pratiques et prises de position liées à l’influence du groupe Canal+. La situation a pris une nouvelle ampleur lorsque des déclarations publiques de Maxime Saada (président de Canal+) sont venues défendre la ligne du groupe, et déclarer ne plus travailler avec les signataires de la tribune.

Dans les derniers jours, une décision de justice est intervenue contre Canal+ : la Ligue des droits de l’Homme et la CGT Spectacle ont assigné le groupe en justice pour discrimination envers les signataires de la tribune anti-Bolloré. Affaire à suivre…

Des choix cornéliens

Le jury de cette 79e édition, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, réunissait plusieurs personnalités majeures du cinéma international. Leur tâche n’a pas été simple, tant la sélection s’est révélée riche et compétitive. Face à la qualité et à la diversité des œuvres en compétition, les jurés ont dû faire des choix parfois délicats.

Cette difficulté s’est reflétée dans le palmarès, plus généreux qu’à l’accoutumée, avec pas moins de six récompenses attribuées au lieu de trois dans certaines catégories majeures. Le jury a ainsi tenu à distinguer à la fois les performances d’interprétation en décernant des prix pour les meilleurs rôles masculins et féminins, mais aussi le travail de réalisation, en récompensant la mise en scène. 

Un choix compréhensible concernant les prix d’interprétation, puisque les acteurs récompensés partageaient l’affiche dans un même film. Cette décision souligne ainsi la force du jeu de ces duos et la complémentarité des performances, plutôt que de privilégier une seule prestation individuelle.

Néanmoins, le fait d’attribuer deux prix pour la mise en scène peut apparaître comme plus discutable à mon goût : même si les films récompensés présentent de réelles qualités, ce double choix peut légèrement atténuer le prestige habituellement associé à cette distinction. Une décision qui reste toutefois compréhensible au regard du niveau particulièrement élevé des œuvres en compétition.

Les récompenses

Prix du meilleur scénario

Le prix du meilleur scénario a été attribué à Notre salut d’Emmanuel Marre.

Notre salut
Swan Arlaud dans le rôle d’Henri Marre dans Notre salut

Un choix qui, pour ma part, ne me satisfait pas, car le film, de par son style singulier à la croisée des genres, aurait sans doute mérité une place encore plus élevée dans le classement. Son écriture audacieuse et sa capacité à mêler différentes tonalités en font une œuvre à part dans cette sélection.

Prix d’interprétation

Du côté des prix d’interprétation, le jury a fait le choix de récompenser des duos d’acteurs partageant l’affiche. 

Coward
Emmanuel Macchia au centre de l’image dans Coward

Pour l’interprétation masculine, Emmanuel Macchia et Valentin Campagne sont distingués pour Coward de Lukas Dhont, tandis que Virginie Efira et Tao Okamoto sont récompensées pour Soudain de Ryusuke Hamaguchi. Une décision qui met en avant la force du jeu collectif, car ici, les performances ne se répondent pas seulement : elles se complètent et donnent au film toute sa densité émotionnelle. Dans Soudain, Virginie Efira impressionne notamment par la précision de son jeu, allant jusqu’à apprendre le japonais pour son rôle, tandis que Tao Okamoto, actrice nippone francophone, lui donne la réplique de manière tout aussi maîtrisée.

Prix de la mise en scène

Concernant la mise en scène, deux films ont été distingués : Fatherland de Paweł Pawlikowski et La bola negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi. 

La bola negra
Image tirée du film La bola negra

Le premier séduit par sa rigueur formelle et son sens du cadre, fidèle au style épuré du cinéaste, tandis que le second se démarque par une mise en scène plus flamboyante et inventive.

Grand prix

Le Grand Prix a été attribué à Minotaure d’Andreï Zviaguintsev.

minotaure
Minotaure d’Andreï Zviaguintsev

Fidèle à son cinéma exigeant, le réalisateur livre une œuvre sombre et puissante, explorant les failles humaines à travers une mise en scène maîtrisée et une atmosphère pesante.

Prix du jury

Le Prix du jury revient à L’aventure rêvée de Valeska Grisebach.

L'aventure rêvée
L’aventure rêvée de Valeska Grisebach

Ce film allemand crée la surprise, car personne n’avait vraiment misé sur lui, mais il séduit par sa sensibilité et son approche délicate des relations humaines.

Palme d’or

Enfin, la Palme d’or a été décernée à Cristian Mungiu pour Fjord (critique à venir), dix-neuf ans après 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Avec ce nouveau film, le cinéaste confirme la cohérence de son œuvre, en proposant un récit ancré dans des thématiques contemporaines. 

Fjord
Renate Reinsve et Sebastian Stan en famille catholique dans le film Fjord

Lors de son discours, il a rappelé que le cinéma « doit parler de choses pertinentes », décrivant son film comme « un message pour la tolérance, l’inclusion et l’empathie ». Porté par Renate Reinsve et Sebastian Stan, Fjord s’impose comme une œuvre forte et engagée, en parfaite résonance avec notre époque.

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