L’année se termine et c’est le temps de m’amuser à faire un top 5 des meilleurs films que j’ai vus en 2018. Cette année, j’ai décidé de faire deux tops 5 : courts et longs métrages. Pourquoi? Parce que j’ai vu près de 100 films de chacune de ces 2 catégories. En fait, j’ai regardé 89 courts et 97 longs. Oui, je sais, ça en fait des films…

Alors sans plus attendre, voici mes préférés!

Courts métrages

5 – SMILF (Frankie Shaw) – É.-U.

SMILF - afficheBridgette Bird (Frankie Shaw) est une jeune mère célibataire qui lutte pour équilibrer son ancienne vie de liberté avec sa nouvelle vie de mère. Elle invite une vieille connaissance (Thomas Middleditch) à son studio tandis que son fils fait une sieste.

SMILF est un film drôle et intelligent qui raconte comment la maternité peut changer la vie sexuelle d’une femme célibataire. Pour ceux qui se demandent ce que signifie SMILF, voici : Single Mom I’d Like to Fuck. Mais ce qui rend ce film intéressant, c’est qu’il est raconté d’un point de vue féminin, par une femme. Un petit bijou qui fait réfléchir tout en riant, surtout si vous êtes parent.

4 – Conquista il mondo (Federico Del Buono) – Italie

Conquer the World - Conquista il mondoGiada vit un conflit très profond avec elle-même. Dans le processus d’une nouvelle représentation théâtrale, le fantôme d’une erreur sur scène, commise deux ans auparavant, ébranlera ses certitudes déjà fragiles.

J’ai eu l’occasion de voir ce film dans le cadre du FICMAN. Film à l’image magnifique, Conquista il mondo montre à quel point le passé nous hante toute notre vie. Ici, la jeune comédienne doit combattre sa peur profonde. En nous promenant entre le présent et le passé, le réalisateur italien montre une belle maitrise technique et scénaristique. Le film n’est pas encore disponible, mais restez à l’affut, car vous devez le voir lorsque ce sera possible.

3 – A Ferry Tale (Mehmet Tığlı) – Turquie

A Ferry Tale - afficheCe court métrage parle d’un père et de ses deux enfants autistes. Ils prennent le ferry par une journée d’hiver. En raison de la réaction de certains passagers impatients face aux actes non intentionnels de ses enfants, le père réagit de façon désespérée.

A Ferry Tale montre avec tendresse les difficultés émotionnelles et psychologiques qu’un père peut ressentir dans l’adversité et dans les difficultés que la parentalité peut amener. En moins de 15 minutes, le réalisateur réussit à nous toucher par la justesse de ses images et le grand talent de ses acteurs. Peut-être est-ce mon rôle de jeune papa qui influence mon choix, mais puisque ce film était finaliste au FICMAN et qu’il a été nommé dans plusieurs autres festivals, je me dis que je ne suis probablement pas dans le champ!

2 – Scopique (Alexa-Jeanne Dubé) – Québec

scopique - afficheTriptyque de vidéos d’art érotique filmé uniquement à l’aide d’un drone.

Scopique est un vrai film expérimental. Des images et des textes qui semblent n’avoir rien en commun. Un film sur l’intimité. Avec ce court métrage, la jeune réalisatrice montre tout son potentiel créatif et sa grande capacité non seulement à nous sortir de notre zone de confort, mais aussi à mélanger le documentaire avec la fiction.

J’ai eu, d’ailleurs, le plaisir de rencontrer la réalisatrice plus tôt ce mois-ci dans le cadre d’un nouveau concept que je vous présenterai en janvier. À suivre…

1 – Backstory (Joschka Laukeninks) – Allemagne

Backstory
Scène de Backstory

Ces belles, tristes, terrifiantes, magnifiques montagnes russes que nous appelons la vie.

Backstory est un court film narratif qui montre ce qu’est la vie. Par une série d’images bien montées, on peut voir les beaux et moins beaux moments qui peuvent remplir ce que nous appelons une vie. Un réel bijou! Ce film est disponible en ligne. Vous pouvez le regarder sur notre critique de Backstory.

***

Le cinéma de court métrage n’a rien à envier au cinéma de long métrage. Je vous l’assure. J’en profite pour vous inviter à regarder la liste des courts métrages dont nous avons parlé sur LPS. Certains sont d’ailleurs disponibles gratuitement, en ligne.

Longs métrages

5 – Cuba merci, gracias (Alex B. Martin) – Québec

Cuba merci-gracias 1
Manu (Emmanuelle Boileau) et Alexa-Jeanne (Alexa-Jeanne Dubé)

Manu (Emmanuelle Boileau) et Alexa-Jeanne (Alexa-Jeanne Dubé), deux jeunes Québécoises, partent en voyage à Cuba. Elles se dorent la pilule, se jettent dans les vagues, mangent au restaurant, errent dans La Havane. Au fil des rencontres et discussions à bâtons rompus se dessinent les contours de leur amitié. Les échanges avec les habitants du cru proposent également une certaine conception des relations humaines et des rapports nord-sud.

Cuba merci, gracias est un autre film expérimental qui se place quelque part entre documentaire et fiction. Il s’agit d’un film fait par une énorme équipe de 3 personnes. C’est un beau film qui parle de relations humaines, une introspection. Une caméra qui nous donne l’impression d’être un voyeur qui suit ces deux filles dans leur voyage à Cuba. Un voyage qui mettra au défi l’amitié de deux filles partageant une relation forte.

4 – Ava (Sadaf Foroughi) – Canada, Iran

AFFICHE - AVAAva (Mahour Jabbari), jeune Iranienne de 17 ans, conteste les règles strictes de son éducation traditionnelle et apprend que sa mère a également enfreint les règles en tant que jeune femme.

Ava, c’est un genre de récit initiatique vers l’âge adulte. Dans ce film, on découvre (pour ceux qui comme moi ne la connaissent pas très bien) la réalité iranienne. On voit ce que c’est, pour une jeune fille, de devenir une femme. Mais tourner un film en Iran n’est pas facile. Surtout lorsqu’on critique, qu’on questionne l’ordre établi. Voici donc un film étonnant, d’une grande sensibilité, autour d’un personnage féminin d’une belle complexité.

3 – Burn-Out ou la servitude volontaire (Michel Jetté) – Québec

Affiche - Burn outMichelle (Jézabel Drolet) et Louis (Emmanuel Auger) forment un couple. Elle travaille pour une banque et est pressentie pour remplacer l’ancienne directrice qui a quitté pour épuisement professionnel. Lui suit une formation de technicien en téléphonie. Il est dépassé par les exigences techniques des nouveaux réseaux de communication. Épuisés, pris dans de multiples péripéties et sur le bord d’un burn-out, leur vie prend un tournant inattendu lorsque la sœur de Michelle arrive à l’improviste.

Avec Burn-Out ou la servitude volontaire, Michel Jetté touche à plusieurs problèmes de société et de couple. Mais avant tout, Burn-Out montre à quel point notre société nous plonge dans la tyrannie de la surconsommation. Notre mode de vie nord-américain est conçu de façon telle que nous nous dirigeons tous vers la dépression. Et si l’on manque un virage, on est foutu! Ici, par contre, on est en présence d’un film du type « j’adore / je déteste ». C’est un film qui va choquer la bonne société, car il jette un regard sévère sur notre mode de vie.

2 – Dead Women Walking (Hagar Ben-Asher) – É.-U.

Dead Women Walking - Last moments on Death Row - uneDans le couloir de la mort, 9 femmes vivent leurs derniers instants avant leur exécution. Ces destins croisés exposent alors les conséquences de ce type de châtiment, que se soit sur les détenues, leurs familles ou bien le personnel pénitentiaire qui les encadrent.

Dead Women Walking est mon coup de cœur du Festival International du Film Black de Montréal. On y découvre 9 femmes condamnées à mort. 9 femmes dans les dernières heures de leur vie. Un film monté en séquences montrant les heures restantes avant l’exécution de chacune. C’est une façon sublime de montrer les étapes d’un système défaillant. C’est une façon de montrer que parmi ces femmes certaines sont des criminelles pures et dures, mais d’autres sont de simples victimes qui, un jour, ont décidé que c’en était assez.

Dead Women Walking aurait mérité d’être numéro 1. Mais…

1 – La tenerezza (Gianni Amelio) – Italie

La tenerezza - afficheLorenzo (Renato Carpentieri), célèbre avocat tombé en disgrâce suite à des problèmes d’ordre professionnel, entretient des relations conflictuelles avec ses enfants. Un jour, un jeune couple vient s’installer dans l’appartement d’en face. Ils sont aussi beaux et extravertis que Lorenzo est grincheux et méfiant…

La tenerezza (La tendresse) est un film qui m’a grandement touché. Amelio offre quelques clins d’œil aux politiques de son pays, sans pour autant en faire un thème central. C’est une belle réussite. Il passe des messages sans que ça devienne lourd ou encombrant. Puis il se penche sur les relations familiales. On le sait, en Italie, la famille c’est important. Mais qu’arrive-t-il lorsqu’on n’a pas réellement l’impression d’aimer ses enfants. Et qu’en est-il du couple?

En regardant La tenerezza, on passe par toute la gamme des sentiments. On ressent de la tendresse, de la joie, de la tristesse et de la pitié. Mais étrangement, on ne juge pas les personnages, malgré la facilité avec laquelle on pourrait le faire. Une œuvre magistrale!

***

BEAUTIFUL THINGS - AfficheJe veux terminer avec une mention spéciale. Il s’agit d’un film que j’ai eu l’occasion de voir lors des RIDM, en novembre : Beautiful Things. Je tiens à le mentionner, car je crois qu’il s’agit d’un film important. En suivant 4 personnages, les réalisateurs nous font suivre la chaîne qui constitue notre système de surconsommation. Un film avec des images magnifiques. Un film avec un sujet d’actualité. Un film qui nous force à réfléchir sur notre mode de vie.

Bonne année à toutes et à tous!

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *