
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurai ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque jour, mais également un compte-rendu des événements.

Ada est un timide coiffeur gai vivant dans un petit village où il tient un salon avec l’aide de son énergique assistante, Didi. Les choses changent du tout au tout la nuit où une météorite rose s’abat sur son domicile et en défonce le plafond. Pour une raison quelconque, Didi est convaincue que cette roche tombée du ciel a le pouvoir de transformer Ada en superhéros, et elle insiste pour qu’il mange la météorite en question et qu’il prononce ensuite le nom mystique qui y est gravé : Zaturnnah! Ada est aussitôt transformé en une femme au corps spectaculaire d’Olympienne, avec une endurance accrue, une force herculéenne, et une rapidité surhumaine!
Un des événements de ce Fantasia 2026 est la projection de Jim Queen, le long-métrage d’animation queer qui a fait fureur à Cannes. Néanmoins, ce n’est pas le seul film animé pro-LGBTQ+ à être projeté cette année. Celui-ci nous vient tout droit des Philippines et est basé sur la bande dessinée éponyme de Carlo Vergara, qui jouit d’une grande popularité au sein de la communauté queer phillippine.
Les questionnements LGBT sont au coeur de ce récit, le héros étant un homosexuel timide, dont les différents traumas et abus de son passé lui ont laissé des séquelles, mais qui se trouve une nouvelle popularité quand il se transforme en son alter ego féminin surpuissant. Une habileté qui lui est profitable, mais qui accentue ses anxiétés. Mais ce dilemme moral n’empêche pas le film d’être drôle.

Le film regorge notamment de gags et d’idées visuelles, notamment des références amusantes. Et bien que l’animation ne soit pas toujours parfaite, le film est très agréable à l’œil, un peu moins aux oreilles. Car le film est trop bavard : les personnages surexpliquent les enjeux et font très souvent de l’exposition, alors qu’il aurait été plus facile simplement de le montrer. Cela entache le rythme du film.
Mais si vous cherchez un film d’animation queer et que vous ne voulez pas attendre Jim Queen, Zsazsa Zaturnnah est pour vous.
Zsazsa Zaturnnah est présenté au festival Fantasia les 20 et 22 juillet 2026.
Titre original : Zsazsa Zaturnnah
Durée : 86 minutes
Année : 2026
Pays : France / Philippines
Réalisateur : Avid Liongoren
Scénariste : Carlo Vergara
Note : 6/10

Lors des années finales de la sanglante époque des provinces en guerre au Japon, Araki Murashige , le seigneur de la province de Settsu, renonce à sa loyauté de longue date envers l’impitoyable chef de guerre Oda Nobunaga. Le château d’Arioka fait preuve de résilience durant un siège, mais entre ses murs, une succession d’événements menacent la détermination de ses défenseurs. Murashige doit résoudre ces casse-têtes et, pour ce faire, il devra se livrer à un duel psychologique avec un homme enchaîné dans son propre donjon, le brillant stratège Kanbei Kuroda.
Kiyoshi Kurosawa est un réalisateur japonais culte. Il a réalisé des classiques de la J-Horror comme Cure et Pulse, mais s’est également attaqué à divers genres comme le drame (Bright Future), la science-fiction (Real), la romance (Journey to the Shore), le thriller psychologique (Creepy) et le film d’espionnage (Wife of a Spy). Il s’attaque désormais au film historique avec The Samurai and the Prisoner, déjà présenté à Cannes, où notre collègue Anatole a pu interviewer le réalisateur (vous pouvez retrouver l’interview ici).
Avec les retours cannois positifs du film, c’était l’une de mes grosses attentes du festival, surtout après avoir apprécié Cure et Pulse. Et The Samurai and the Prisoner rentre parfaitement dans la filmographie du cinéaste nippon. Le film est lent et posé, s’intéressant plus aux discussions et aux enjeux politiques plutôt que de mettre en image les conflits d’un siège.

À travers les nombreux mystères du film, Kurosawa parle de la fragilité du pouvoir et de la désespérance de certains pour garder un semblant de contrôle, même si cela signifie de ne faire confiance qu’à un prisonnier qu’on a soi-même condamné.
Un parti pris intéressant, mais à travers un film très demandant. Faire un long-métrage avec un rythme lent n’est pas un défaut en soi, mais ce n’est pas tout le monde qui peut le supporter. Néanmoins, il aurait mérité 20 à 30 minutes de moins, et le découpage en quatre chapitres, quatre saisons et quatre mystères peut être répétitif.
The Samurai and the Prisoner est présenté au festival Fantasia le 22 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : The Samurai and the Prisoner
Durée : 147 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Scénariste : Kiyoshi Kurosawa
Note : 7/10

Après beaucoup de préparation et d’anticipation, Saga et son mari britannique Jon s’apprêtent à fonder une famille. Ils quittent le Royaume-Uni pour s’établir en Finlande, dans la maison semi-délabrée où Saga a grandi, profondément dans les bois. Inspirés par les énergies de la forêt, ils font l’amour passionnément, entourés par les arbres, et peut-être par d’autres choses. Saga tombe enceinte. Lorsque le bébé naît, ses pleurs sont déstabilisants et il possède un dos étrangement poilu. Son comportement est par ailleurs… problématique.
Avoir un premier enfant peut être stressant, voire terrifiant. Certains cinéastes de l’horreur l’ont pris au sens littéral, il n’y a qu’à voir Rosemary’s Baby. Une prémisse qu’Hanna Bergholm, réalisatrice de Hatching (Grand Prix et Prix du Jury Jeunes au Festival international du film fantastique de Gérardmer 2022), explore dans Nightborn.
Elle dresse notamment un portrait des anxiétés que peut éprouver une nouvelle mère, comme la difficulté de supporter les caprices du nouveau-né, ainsi que la peur de ne pas être à la hauteur et de subir le jugement des autres. Le tout, mélangé à la mythologie finlandaise.
La production du film est également de qualité, que ce soit la production design et la direction photo qui mettent bien en valeur le décor forestier, les effets spéciaux gores de qualité et, surtout, le sound design qui est très bien travaillée, notamment avec les cris stridents du bébé qui sont juste parfaits.

Il est seulement dommage que le film en fasse trop à certains moments. Par exemple, la scène d’accouchement qui a un effet très cool, mais qui est gratuite et juste là pour choquer. Et mis à part le personnage du père, incarné par Rupert Grint (Ron Weasley) dont le comportement est justifié, les personnages secondaires sont tout simplement trop stupides pour réaliser que le bébé n’est pas normal.
Mais c’est un film sympa à voir, surtout si vous voulez avoir des enfants(lol).
Nightborn est présenté au festival Fantasia le 22 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Nightborn
Durée : 92 minutes
Année : 2026
Pays : Royaume-Uni / France / Finlande / Lituanie
Réalisateur : Hanna Bergholm
Scénariste : Hanna Bergholm et Ilja Rautsi
Note : 6/10
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