
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Nous sommes en 1967 et le village de Binh An Dong, dans la banlieue de Saigon, n’est plus que ruines. Mais la vie continue sous terre, les gens s’activent, et un vaste réseau de tunnels creusés à la va-vite s’étend dans l’ensemble du district de Cu Chi. Sous les ordres d’un dénommé Bay Theo, anxieux et à bout de nerfs, une bande de résistants mal équipée s’apprête à soutenir l’attaque américaine imminente.
Si les films sur la Guerre du Vietnam ne manquent pas, rares sont ceux qui prennent le point de vue des Vietnamiens et sur leur persécution durant le conflit. C’est ce qui a intéressé le réalisateur Chuyen Bui Thac (Adrift, Glorious Ashes), qui cherche à proposer une histoire nuancée de la Guerre, loin des œuvres patriotiques américaines.

Et c’est un défi qui a été accompli. Tunnels : Sun in the Dark ne cherche pas du tout à faire dans le spectaculaire, mais plutôt dans l’immersion. On est plongé dans ce gigantesque réseau de tunnels, avec un corps armé constitué de personnes normales, obligées de prendre les armes. Le réalisateur se permet intelligemment de créer des discordes dans ce groupe, les rendant imparfaits.
Et quand les scènes de conflits sont à l’écran, on a moins le droit à des sacrifices héroïques qu’à une lutte pour survivre, que ce soit du côté vietnamien ou bien américain. Même si le film aurait pu être un peu moins distant envers ses personnages et mettre un peu plus d’emphase sur l’émotion, le long-métrage de Chuyen Bui Thac reste un très bon film de guerre.
Tunnels : Sun in the Dark est présenté au festival Fantasia les 16 et 17 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Dia Dao: Mat Troi Trong Bong Toi
Durée : 126 minutes
Année : 2025
Pays : Vietnam
Réalisateur : Chuyen Bui Thac
Scénariste : Chuyen Bui Thac
Note : 7/10

Dans le village de Talbot Falls au nord de l’état de New York, on fait de son mieux pour oublier les événements horribles qui s’y sont déroulés il y a deux ans, mais le traumatisme refera surface avec l’arrivée d’une nouvelle venue. Cassandra Lily-Jackson s’installe en ville pour travailler à un livre portant sur George Washington Carver, mais, soudain, un sujet plus immédiat pique sa curiosité. Des bruits étranges se font entendre et un homme horriblement cicatrisé se glisse hors de la maison voisine pendant la nuit, ce qui l’inspire à écrire un article pour le journal local ayant pour sujet les « monstres locaux ».
Le réalisateur, scénariste et acteur Larry Fessenden est un habitué de longue date du Festival Fantasia, ayant notamment présenté Habit en 1998, Depraved en 2019 et Blackout en 2023; des films explorant, chacun de leur façon, la figure du vampire, du monstre de Frankenstein et du loup-garou. Ces trois monstres se réunissent dans le tout dernier film du réalisateur, Trauma or, Monsters All.
Dans son Q&A, le réalisateur affirme que l’on n’a pas besoin de voir les films qui ont précédé. Malheureusement, comme la protagoniste qui se retrouve perdue au milieu de l’histoire compliquée d’une ville, ceux qui ne sont pas familiers avec cet univers seront aussi perdus dans ce cercle de personnages déjà établis.

Le film n’est également pas aidé par une mise en scène très pauvre, un rythme qui rend le tout assez ennuyeux et des effets datés. C’est aussi triste quand on compare les extraits des films précédents insérés pour combler les blancs. Il est aussi drôle de voir que les seules bonnes idées du film sont celles qui entourent le personnage du vampire, incarné par le réalisateur.
Au final, le Monster Mash de Larry Fessenden manque cruellement d’entrain, et reste une fête privée.
Trauma Or, Monsters All est présenté au festival Fantasia les 16 et 17 juillet 2026.
Titre original : Trauma Or, Monsters All
Durée : 118 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : Larry Fessenden
Scénariste : Larry Fessenden
Note : 3/10

Le 17 juillet 1966, à 19h, heure standard du Japon, les téléviseurs étaient allumés partout au pays au moment où le réseau Tokyo Broadcasting System diffusa le tout premier épisode de sa nouvelle série de science-fiction. Ce jour-là, le public fit connaissance avec un glorieux super héros qui allait se tailler une place de choix dans le panthéon de la culture populaire nippone, Ultraman, inaugurant un véritable univers de divertissement.
Le Japon possède son lot de grandes figures de la culture populaire comme Godzilla, San Goku et Mario. Ultraman est l’un d’entre eux, marquant de nombreux spectateurs nippons depuis 60 ans et ayant même percé l’Occident à certains moments, comme avec le film Netflix Ultraman : Rising. Une influence importante que le documentaire The Origin of Ultraman explore.
Un événement pour Fantasia, car projeté jour pour jour à la date de la diffusion du premier épisode de Ultraman, il y a 60 ans. Le film a son lot de grands intervenants, que ce soit des personnes ayant travaillé sur la série originale, mais aussi des grands noms japonais et occidentaux comme Guillermo Del Toro, Nicolas Winding Refn, Hideaki Anno (Evangelion), Hideo Kojima (Metal Gear Solid, Death Stranding) et Hirokazu Kore-eda (Shoplifters, Monster), qui a mené ce documentaire.
Le film est très informatif, avec des extraits de la série originale, des entrevues de ses artisans, avec des anecdotes de sa création, ainsi que des coulisses du tournage. On en apprend beaucoup sur l’importance du message humaniste de Ultraman et comment ses créateurs en sont venus à apporter leur expérience de vie dans ce projet.

On peut cependant regretter la forme du film, qui est tristement classique. Les mêmes valeurs de plan sont surutilisées pour chaque intervenant et le documentaire n’est qu’une succession de séquences. Il y a même des erreurs de montage, comme des coupes de son maladroites et la réutilisation d’écriteau sur des personnes que l’on reconnaît facilement.
Mais si vous ne connaissez pas Ultraman, ce documentaire vaut quand même la peine.
The Origin of Ultraman All est présenté au festival Fantasia le 17 juillet 2026.
Titre original : The Origin of Ultraman
Durée : 105 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Yu Nakamura et Kazuki Yoshida
Note : 6/10
Malheureusement, face à la grande popularité du film, nous n’avons pas pu assister à la première canadienne de Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun. Nous devrons attendre la sortie du film le 17 août.
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