Ahhh l’été… Le soleil… Les cocktails sur les terrasses… Mais, pour les cinéphiles, l’été est aussi synonyme de cinéma en plein air. De nombreux évènements sont organisés un peu partout dans la province permettant à tous les publics d’aller regarder des films gratuitement, tout en profitant de la belle saison. Pensons notamment, à Montréal, aux documentaires sociaux présentés par Funambules Médias.

Mais Montréal n’est pas la seule à offrir une riche programmation en cinéma en plein air. Cet été, Le Petit Septième a eu envie de vous parler  d’un festival un peu moins connu et qui en est pourtant à sa 28e édition: le Festival des Arts de Saint-Sauveur. Même si son nom permet d’imaginer qu’il accueille de nombreuses manifestations artistiques, c’est vraiment à la danse et la musique qu’est consacré ce festival, qui se tiendra du 25 juillet au 5 août prochains. Mais alors, me direz-vous, quel est le lien avec le cinéma ? Hé bien, le festival propose des projections en plein air de films de danse… 

Le Festival des Arts de Saint-Sauveur

Dirigé par  le danseur, compositeur et chorégraphe Guillaume Côté depuis 4 ans, le Festival des Arts de Saint-Sauveur a pour mission de faire découvrir et rayonner le travail des chorégraphes, danseurs, musiciens d’ici et d’ailleurs. Sa programmation comprend des performances et spectacles, mais aussi des cours de danse, et des projections cinématographiques. 

Le cinéma et la danse

Au Petit Septième, nous aimons beaucoup observer comment le cinéma peut devenir un véhicule pour d’autres formes artistiques (lisez par exemple nos critiques du FIFA 2019, ou celles de Leto ou I’m going to break your heart, deux films où la musique est au cœur du propos). Tourner un film qui traite d’arts visuels, de musique, de théâtre, de danse n’est pas si simple. Afin de bien mettre en valeur le médium choisi, le réalisateur ne peut en ignorer les spécificités. Comment rendre compte par exemple de l’expérience musicale russe des années 70? Roma Zver, qui interprète Mike dans Leto et qui est lui-même musicien, explique ce que son équipe et lui ont fait afin d’obtenir un son d’époque : « nous  sommes allés à la recherche d’instruments d’époque, nous les avons restaurés, accordés afin d’obtenir une sonorité uniforme. Nous n’aurions jamais pu obtenir ce son avec des guitares modernes ».

Des questionnements similaires se posent pour la danse. Comment témoigner justement d’une performance où le corps et le mouvement sont à l’avant-plan? Est-ce que la caméra doit cadrer le corps seul et se concentrer sur le détail du mouvement ou doit-elle embrasser l’ensemble des corps et de la chorégraphie ? Plusieurs réponses existent et le choix dépend, évidemment, du type de danse qui est montré. Et nul doute que le réalisateur doit comprendre le médium pour bien le mettre en valeur avec sa caméra…

Nutcracker---afficheLe Festival des Arts de Saint-Sauveur est une belle opportunité de réfléchir à cette question, puisque, au sein de la programmation, les performances et les cours de danse côtoient les projections cinématographiques. Vous pourrez ainsi observer des spécialistes danser et vous-mêmes expérimenter la pratique de la danse avant de vous poser pour les projections de films à la belle étoile. Deux des films présentés sont des classiques, des films qu’on a vus des dizaines de fois – Step Up et Flash Dance – mais, faites-moi confiance, vous ne les verrez plus de la même façon après avoir fait vous-mêmes un saut dans cet univers. Et quoi de mieux qu’un dessin animé inspiré du ballet Casse-Noisette pour initier vos enfants à la danse !

On ne se le cachera pas, il est aussi toujours plaisant de revoir un film culte. Vous pouvez donc simplement vous laisser aller à la nostalgie et vous passerez un excellent moment sous le ciel étoilé de Saint-Sauveur! Les projections des films de danse à la belle étoile auront lieu les  28, 30 et 31 juillet, au crépuscule dans le Parc Georges-Filion.

La danse comme tremplin vers les autres cultures

À travers la danse et la musique, le Festival des Arts de Saint-Sauveur est aussi une opportunité fantastique de partir à la découverte d’autres cultures. La danse et la musique sont effectivement des moyens de prédilection par lesquels une nation affirme son identité. LPS a d’ailleurs eu la chance de voir le documentaire Au temps où les Arabes dansaient dans le cadre du dernier FIFA qui démontre bien cet enjeu…

wapikoni_logoSoirées de tango, de flamenco, mais aussi de danses autochtones au programme dans le Festival des Arts de Saint-Sauveur. Cette incursion dans la culture des Autochtones du Québec se fera aussi par le biais du cinéma. Le festival accueille en effet cette année Wapikoni mobile, un studio ambulant de formation et de création audiovisuelle pour les Premières nations qui offre, depuis 2004, une formation aux jeunes des Premières Nations leur permettant de réaliser des courts métrages et des œuvres musicales. Guillaume Côté et son équipe ont sélectionné parmi les 1145 films produits grâce cette initiative les courts métrages dont le sujet est spécifiquement la danse. À voir le dimanche 4 août au crépuscule dans le Parc Georges-Filion.

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Saint-Sauveur, c’est loin… ? Mais non ! C’est à peine à un peu plus d’une heure de Montréal ! Et profitez-en pour sortir de la ville, voir un peu de verdure et faire descendre votre thermomètre interne… Croyez-moi, le Festival des Arts de Saint-Sauveur en vaut le détour. Et pour les résidents des Laurentides, ne manquez pas cette superbe rencontre avec la culture dans votre belle région. 

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