A Sister’s Song – Pour son bonheur

« Partir est tout ce que nous connaissons du Ciel,
et tout ce que nous avons besoin de connaitre de l’Enfer. »

Emily Dickinson

A Sister's Song - PosterPeut-on vraiment savoir ce qu’il y a dans le cœur d’un être qui nous est cher? Le chant d’une sœur est l’histoire intime et délicate de deux sœurs, Marina et Tatiana, qui vivent séparées par le choix que Tatiana a fait en devenant religieuse. Marina, qui a à peine vu ou parlé à sa sœur depuis vingt ans, sent que quelque chose ne va plus. Elle se rend dans un monastère en Grèce pour tenter de retrouver la sœur qu’elle a perdue. Un événement inattendu les mènera toutes les deux sur un chemin qu’elles n’auraient jamais cru pouvoir entreprendre.

Après avoir vu P.S Jerusalem et The Patriarch’s Room, de Danae Elon, je ne pouvais passer à côté de A Sister’s Song. Je vous en ai glissé un mot lors des RIDM, mais maintenant qu’il arrive en salles, je me permets de vous en dresser un portrait plus complet.

Un style différent

A Sister's Song - un style différent
Marina et Tatiana

Ce que j’aime particulièrement des documentaires de Danae Elon, c’est son style peu commun. J’aime lorsqu’elle est activement participante au film. Comme lorsqu’elle communique directement, devant la caméra, avec le Patriarche déchu.

Et c’est là ma grande déception par rapport à A Sister’s Song. La réalisatrice est très peu présente. Elle donne vraiment toute la place aux deux femmes qu’elle filme. Évidemment, ce n’est pas un problème en soi. Mais ça m’a pris de court. Et je dois avouer que ce style documentaire plus « classique » m’a un peu déçu.

Au nom de l’amour et du bonheur

A Sister's Song - Au nom du bonheur et de amour
Les deux sœurs à la maison

Les réalités dans lesquelles vivent les deux femmes sont complexes, mystérieuses et imparfaites, tout comme la vie peut l’être. Dans ces échanges et dans les réponses qu’elles fournissent à la réalisatrice, la notion de vérité existe dans ce qui n’est pas dit explicitement, elle ne peut être trouvée dans une conclusion absolue.

Mais encore plus, je me pose une question : jusqu’où peut-on aller au nom de l’amour et pour contribuer au bonheur de l’autre? Car c’est bien ce que Marina dit vouloir. L’aînée veut savoir ce qui se passe dans la tête et dans le cœur de sa sœur cadette. Pour Tatiana, divulguer une partie de son âme signifierait trahir sa foi en Dieu. Mais sa sœur ne renoncera pas et tentera de l’aider malgré son refus. A-t-elle le droit d’insister?

Et en tant que spectateur, on ne peut faire autrement que de se demander quel grand secret Tatiana cache en elle. Comme le dit Elon : « La réponse à ces questions est donc laissée aux spectateurs, mais ce qui demeure chez le spectateur est la douleur de la rupture de deux vies qui, malgré l’amour, ne peuvent pas coexister. »

Les jugements d’une sœur

A Sister's Song - Jugements
La sœur principale du monastère

Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je n’aime pas vraiment les religions. Et un extrait de A Sister’s Song contribue, encore une fois, à faire augmenter mon dédain envers les religions. Une des choses que je n’aime pas, c’est le jugement que portent les croyants sur ceux qui n’ont pas la même vision du monde qu’eux.

Voici l’extrait dont je parle :

Mais encore…

Si l’on oublie l’idée de Dieu, A Sister’s Song nous présente un drame humain plus important. Ce drame présente un portrait très intime de deux femmes à l’échelle de la souffrance universelle. L’histoire de Marina et de Sœur Jérusalem (Tatiana) peut se retrouver dans toute foi, dans tout chemin d’extrémisme où les familles sont déchirées par la déclaration de l’individu devant un Dieu.

A Sister's Song - Mais encore
Tatiana

D’ailleurs, n’est-ce pas troublant que toute décision concernant une sœur du monastère soit prise par le Patriarche… Donc, lorsque la cadette prend une décision qui aura clairement un effet sur sa vie, la décision est-elle vraiment la sienne? Qui se trouve réellement derrière ces choix et décisions?

Note : 7.5/10

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