
Lors de la première mondiale du film The Leader, nous avons eu l’opportunité de rencontrer le réalisateur Michael Gallagher (connu comme vidéaste sur YouTube et pour son 1er film Funny Story) ainsi que le célèbre compositeur Joseph Bishara (incontournable maître de la musique de films d’horreur ayant travaillé sur The Conjuring ou encore Insidious).
The Leader est un drame captivant basé sur des faits réels qui retrace l’histoire troublante de la secte Heaven’s Gate, marquée par le suicide collectif de 39 de ses membres en 1997. Si vous souhaitez en apprendre plus sur le film, vous pouvez retrouver la critique de David qui en parle ici.

Absolument. Le fait d’avoir grandi près d’une maison où 39 personnes se sont donné la mort m’a profondément marqué quand j’étais enfant. En grandissant, j’ai décidé de me consacrer à la réalisation et au récit d’histoires. Plus je fais de films, plus je réalise que je veux aborder des sujets personnels, des thèmes qui m’aident à comprendre ce qui m’effraie.
L’affaire de Heaven’s Gate s’est imposée comme une évidence, mais représentait aussi un immense défi, car je n’avais jamais rien fait de tel auparavant. Je suis totalement sorti de ma zone de confort. J’ai eu la chance de trouver une équipe qui croyait en cette histoire et en ma vision de réalisateur, et je leur en suis infiniment reconnaissant. Tout le monde a donné le meilleur de lui-même pour raconter une histoire très complexe, mais portée par énormément d’humanité, d’amour et d’attention. C’est un réel plaisir aujourd’hui de le partager avec le public.
Je pense que, tout comme moi, ces jeunes créateurs ont avant tout envie de raconter des histoires. Au tout début, la grande question est de savoir comment, en tant que jeune passionné, on parvient à faire entendre sa voix. J’ai eu la chance de grandir au moment où YouTube et les réseaux sociaux émergeaient.

Avoir la possibilité de créer nos propres contenus et de les partager directement avec le public crée une connexion immédiate. C’est extrêmement stimulant et c’est un formidable terrain d’apprentissage. En ce qui me concerne, cela m’a permis d’exercer mon regard, de tester différentes idées et de comprendre ce qui résonnait en moi.
C’est une excellente chose de voir aujourd’hui les studios et les financiers soutenir ces artistes issus du web, en investissant dans leurs projets pour les diffuser à grande échelle. C’est ainsi que nous verrons émerger des histoires plus originales et des perspectives uniques, capables de surprendre et d’enthousiasmer le public.
Pour moi, tout commence par une forme de résonance, une réponse instinctive. Je commence par entendre des sonorités flotter, puis vient la phase de réflexion : Qu’est-ce que c’est? Qu’est-ce que j’entends exactement? Quels instruments utiliser? De quelle façon? Comment tous ces éléments s’assemblent-ils?

C’est presque un processus de canalisation, une forme de traduction. Bien sûr, le travail technique intervient plus tard, mais le véritable objectif, au départ, est de parvenir à faire abstraction du reste pour simplement savoir écouter.
J’ai l’habitude de m’y prendre très tôt. Pour ce film, j’ai commencé dès la lecture du scénario. J’ai très vite entendu ce que je voulais proposer. Avant même que le projet ne prenne davantage forme, je dessinais déjà les contours sonores et je composais la musique pour incarner les personnages du film.

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