DEUX PIANOS - Une

Deux pianos – Un retour hanté

« Tu me racontes une histoire? »

DEUX PIANOS - AFFICHE

Mathias Vogler (François Civil) rentre en France après un long exil. La mentore de sa jeunesse, Elena (Charlotte Rampling), souhaite qu’il donne une série de concerts au piano à ses côtés à l’Auditorium de Lyon. Mais dès son retour, une rencontre avec un enfant qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, son double, plonge Mathias dans une frénésie qui menace de le faire sombrer, et le mènera à Claude (Nadia Tereszkiewicz) : son amour de jeunesse.

Deux pianos est le dernier long-métrage d’Arnaud Desplechin, cinéaste à l’origine de nombreux longs métrages plébiscités par des critiques, tels que Comment je me suis disputé… ma vie sexuelle (1996), Rois & Reine (2004) ou encore Roubaix, une lumière (2019).  Nous retrouvons, avec son dernier film, les thématiques qui lui sont propres : la famille, les souvenirs ou encore les tensions propres aux relations amoureuses parfois entremêlées. 

Un retour en France…

Mathias est un pianiste ayant fait ses œuvres au Conservatoire. Il rentre d’un long périple à l’international, et retrouve Elena à Lyon, son ancienne professeure, interprétée de façon impériale par Charlotte Rampling. 

DEUX PIANOS - Un retour en France - © Emmanuelle Firman - Why Not Productions
Claude (Nadia Tereszkiewicz) et Mathias Vogler (François Civil) | © Emmanuelle Firman – Why Not Productions

La rencontre inopinée avec un enfant dans un parc va lui rappeler sa propre jeunesse, après avoir retrouvé de façon impromptue Claude (Nadia Tereszkiewicz) dans un immeuble avant un concert, des retrouvailles fugaces qui lui auront provoqué un malaise. Mathias semble assez instable, boit, digère mal ces anciens souvenirs qui semblent le malmener, et raviver des blessures affectives. 

Ayant particulièrement apprécié les trois œuvres d’Arnaud Desplechin évoquées au début de cet article, j’étais curieuse de découvrir son dernier film. Or, les éléments dramatiques et scénaristiques qui me semblaient fluides et enlevés dans ces précédents opus me semblent ici ampoulés, et l’interprétation des deux personnages principaux par François Civil et Nadia Tereszkiewicz peu convaincante. La relation qui unit ces deux personnages semble maladroite et superficielle, à défaut de paraître profonde. Si Mathias et Claude semblent très émus lors de leurs retrouvailles inattendues, la suite des événements va s’avérer une déception, tout comme le retour de Mathias au piano auprès de son ancienne mentore.

…vers des souvenirs qui remontent à la surface

Mathias avait, avant son départ à l’étranger, une relation avec Claude, qui était en couple avec Pierre (alors ami avec Mathias également…). Cela vous rappelle-t-il des souvenirs des cours de Littérature au secondaire, ou au CÉGEP? Un certain marivaudage est exploité dans ce récit, mais sans la légèreté intrinsèque au genre. 

DEUX PIANOS - vers des souvenirs qui remontent à la surface © Emmanuelle Firman - Why Not Productions
Mathis et Elena (Charlotte Rampling) | © Emmanuelle Firman – Why Not Productions

Nous retrouvons cette fois une atmosphère de conte fantastique, mêlant des relations amoureuses croisées à des réminiscences enfantines. Claude a maintenant un enfant, et habite avec Pierre depuis le départ de Mathias. Elle semble avoir trouvé un équilibre, après avoir vécu une histoire avec ce dernier. L’enfant qu’il va rencontrer est, me semble-t-il, un prétexte scénaristique pour retrouver Claude. 

Tandis que les scènes avec Elena sont plutôt réussies, cette dernière incarnant avec brio toute la complexité du personnage, les souvenirs et les tensions de Mathias ne sont pas assez exploités, et sa détresse reste opaque. Par ailleurs, le personnage de Pierre semble assez passif face aux événements passés et présents. Pourtant, n’occupe-t-il pas une place centrale au sein du triangle amoureux? Je ne peux m’empêcher de penser à De battre, mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard (2005), qui mettait également en exergue un pianiste concertiste de talent, mais cette fois avec une tension dramatique à son comble, et une interprétation de haute volée par Romain Duris. Le film Deux pianos reste cependant habile dans sa mise en scène des chassés-croisés amicaux et amoureux, avec des dialogues fins et percutants, et porteurs d’une certaine sobriété qu’il convient de souligner. 

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
Deux pianos
Durée
115 minutes
Année
2025
Pays
France
Réalisateur
Arnaud Desplechin
Scénario
Arnaud Desplechin et Kamen Velkovsky
Note
7 /10

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Fiche technique

Titre original
Deux pianos
Durée
115 minutes
Année
2025
Pays
France
Réalisateur
Arnaud Desplechin
Scénario
Arnaud Desplechin et Kamen Velkovsky
Note
7 /10

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