
« On ne peut pas juste se cacher, papa. »

Robert (Bradley Fiomona) est un jeune adolescent de 17 ans qui vit en République centrafricaine avec sa famille, après avoir fui le Congo. Ses deux parents sont maintenant en prison et il doit jongler entre ses études, s’occuper de ses 4 frères et sœurs et amasser de l’argent pour subsister.
Malgré toutes ses responsabilités, Robert trouve quand même le temps et l’énergie pour sa véritable passion : la musique. Il écrit et chante dès qu’il le peut, seule source de distraction dans son quotidien instable et dangereux.
Lorsqu’un réalisateur fait son premier long-métrage, il choisit souvent un sujet qui lui est personnel. Rafiki Fariala ne fait pas exception à la règle et y saute même à pieds joints. Ayant fait ses marques avec des documentaires, le jeune réalisateur et scénariste décide de nous raconter la fin de son adolescence, alors que ses parents sont en prison et qu’une guerre civile frappe la région où il habite.

Puisant dans ses souvenirs, Rafiki Fariala parvient à nous offrir un récit puissant, sans tomber dans la surenchère ou le misérabilisme. Il nous montre l’angoisse de vivre avec une milice armée qui sillonne les rues et comment certains abusent de la vulnérabilité des autres.
Cependant, il nous montre également des gens bienveillants qui sont prêts à partager le peu qu’ils ont. L’histoire montre un portrait réaliste, où se mélangent des moments de légèretés aux dures réalités du quotidien, comme cette scène où Robert et sa sœur vont lui acheter des serviettes sanitaires suite à ses premières menstruations.
Lorsqu’il parle de son processus de création, Rafiki Fariala explique:
« Dans Nous, Étudiants, il y avait déjà une fine couche de fiction, et inversement, dans Congo Boy, il reste beaucoup de documentaire. Beaucoup de décors du film sont des décors réels et beaucoup d’acteurs sont venus avec ce qu’ils sont. Par exemple, les militaires dans le film sont de vrais militaires qui jouent leur propre rôle. La tante Zara est ma vraie tante qui joue aussi son propre rôle. C’est important pour moi de garder cette dimension de réalité. »
La musique joue une partie importante dans ce film. En plus d’être la passion du personnage principal, le réalisateur la met en valeur dans plusieurs scènes du film. Les pièces sont d’ailleurs des compositions de Rafiki Fariala, dont une datant de 2013, qu’il a réadapté pour Congo Boy.

Le réalisateur tenait à ce que l’acteur qui joue Robert soit également capable de chanter. Bradley Fiomona offre une belle prestation pour un premier rôle au cinéma et n’ayant aucune expérience en chant. Devant la caméra, il dégage une persévérance et une volonté qui nous investit dans le récit. On sent que le jeune homme donne son 110% dans chaque scène.
La caméra est très fluide et mobile, ce qui nous permet de nous sentir au cœur de l’action. Malgré la violence qui est le décor de son récit, on ne peut s’empêcher de voir que Rafikia Fariala a également beaucoup d’affection pour la ville où il a grandi.
Pour sa première fiction, Rafiki Fariala décide de mettre en scène une période difficile de sa vie. Inspiré de sa situation lorsqu’il avait lui-même 17 ans, le réalisateur nous offre une histoire touchante, sombre, mais également lumineuse.
Congo boy est présenté à Cinefranco le 7 novembre 2026.
Bande-annonce
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