
« Vive les mariés! »

La fratrie Puig compte sept enfants, et c’est aujourd’hui qu’on marie le petit dernier, Jacques. Nous sommes en mars 1978, dans les faubourgs de Nantes. Le père, banni de la famille, n’assiste pas aux noces. Les frères et sœurs, eux, sont tous là, heureux de se retrouver. Jacques épouse Martine, et c’est un mariage d’amour. Mais l’amour peut-il guérir les blessures de l’enfance ?
Le film déborde de générosité : dans ses actions, ses personnages, ses histoires. Honoré filme ce mariage de façon simple et organique, à l’image de son récit. Cette simplicité fera sans doute remonter des souvenirs chez certaines générations.

Il aime saisir des moments suspendus, où un dialogue anodin ou un geste banal prend soudain une portée symbolique. Les personnages sont hauts en couleur, impulsifs, emportés dans la tornade des années 1970 en France. Vincent Lacoste porte un costume qui lui va comme un gant : il devient le véritable centre de gravité de la famille.

Le récit se tient à la lisière des années 1980, et les mœurs bougent. Les divorces s’installent, et les femmes du clan veulent travailler, ou essaient de le faire. Ce n’est ni un conte de fées ni un drame qui cherche à tout prix les larmes. C’est la photographie d’une époque que beaucoup de Français rattachent aux Trente Glorieuses.
À force d’empiler les personnages, le film devient confus. Les répliques censées nous aider à nous y retrouver sonnent presque forcées, et la trame narrative reste trop brouillonne à mon goût.
La mise en scène ne rend pas toujours service au récit. Entre la caméra à l’épaule et des plans plus fonctionnels que choisis, elle n’offre jamais la plénitude émotionnelle que le moment réclame. Les vrais choix de cadrage manquent.

Le film vise la simplicité, mais il reste trop long. Certaines scènes s’étirent pour rien. Il manque de consistance, d’une verve qui nous tienne en haleine ou, au moins, qui entretienne notre curiosité pour cette fratrie. Certains acteurs sont aussi sous-exploités ou mal dirigés, notamment Paul Kircher et Alban Lenoir.
On ne choisit pas sa famille. Parfois on la subit, parfois elle nous déçoit, parfois on la perd de vue. On l’aime quand même, et ce film aussi, un peu, malgré ses défauts.
Mariage au goût d’orange est présenté à Cinemania les 5 et 14 novembre 2026.
Bande-annonce
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