
« The bomb that fell on Hiroshima, we didn’t know its name, but we called it Pika. »
[La bombe qui est tombée sur Hiroshima, nous ne connaissions pas son nom, mais nous l’appelions Pika.]

Suite directe de Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki. Un nouveau monstre ravage le pays. Alors que les options pour sauver la population échouent l’une après l’autre, les humains ne savent que faire. Godzilla pourra-t-il devenir leur sauveur ?
La terre tremble, les eaux bouillonnent, l’air devient lourd. Non, je ne vais pas vous parler de la récente saison de la série Les Anneaux de pouvoir ; ce n’est pas non plus une allusion à nos voisins d’en dessous. Je parle, bien sûr, de nos vrais voisins dhantsu (ceux qu’étaient allés voir Réal Béland et Stéphane K. Lefebvre), c’est-à-dire le Japon, ses habitants, mais surtout ses films avec le retour pas tant attendu de Godzilla.

Eh oui, après Godzilla Minus One, Takashi Yamazaki revient avec un nouveau long métrage sous la bannière TOHO. Godzilla Minus Zero est la suite directe (2 ans plus tard) du dernier opus d’une des grandes franchises japonaises. Godzilla est certes pour beaucoup l’icône ou l’emblème du pays du Soleil-Levant lorsqu’on aborde le sujet cinématographique. Le Roi des monstres a su briller de sa caractéristique et puissante lumière bleutée (bon, les Américains l’ont rendu rose maintenant avec des séries comme Monarch) à travers le globe. Cependant, le souverain du Monster Mash n’est pas la créature la plus populaire qui soit.
Au Japon, si c’est populaire, ça se met dans une poche. Tamagotchi, Hello Kitty, mais surtout (tenez-vous bien) Pokémon, qui est à ce jour LA franchise ayant rapporté le plus à travers le monde depuis le début de l’humanité. Disney doit mélanger ses princesses pour accoter ça, et ce n’est pas comme si TOHO n’essayait pas de faire monter la note. En effet, Godzilla est même rendu avec une petite émission pour enfants en bas âge, Chibi Godzilla Raids Again, suivant les aventures cocasses de Minilla après que papa Godzilla l’a laissé au terrain de jeu avec d’autres mini-monstres. J’en suis venu à me demander si, au final, TOHO avait quelques difficultés à garder son étendard le plus renommé, disons… vivant.
Pour moi, les films de Godzilla sont (pour la plupart) des joyaux du cinéma international et une immense porte d’entrée pour tout étranger qui voudrait saisir davantage la culture du Japon post-Seconde Guerre mondiale. J’en ai même fait une série d’articles que vous pouvez lire en tout temps sur le site du Petit Septième juste ici. C’est donc avec joie que je suis allé voir Godzilla Minus Zero — en IMAX à part de ça — pour retrouver la distribution du premier volet : Ryûnosuke Kamiki, Minami Hamabe et Hidetaka Yoshioka reprenant leurs rôles respectifs. Nous avons aussi de nouveaux personnages, bien évidemment, mais aucun ne m’a marqué autant que la toute récente addition à la distribution principale, Masami Nagasawa, dans le rôle de la brillante météorologue capable de prédire les tempêtes, Makoto Aoyama. Pourquoi elle en particulier ? Imaginez-vous donc que c’est elle qui incarnait les « Twin Fairies » dans Godzilla: Final Wars!

Bon, ça a l’air bien beau tout ça à première vue, toutefois je ne peux pas affirmer m’être diverti autant qu’avec les films des ères précédentes. Plus je regardais longtemps — et croyez-moi, 2 h 15 c’est quand même long —, plus l’impression qu’il manquait quelque chose me gagnait ; mais quoi ? Dans l’univers dépeint par Takashi Yamazaki, des gens existent avec des habiletés semblables à la précognition, des trucs étranges tombent, peut-être, de l’espace, des mutations génétiques hyperbolisent le cancer, bombe atomique, alouette… Justement ! Tout est « comme », ou « peut-être », ou « ça se peut ». Je vais prendre le début de Godzilla Minus Zero en exemple, comme ça, pas de divulgâcheur.
On débute bien avec la foule qui fuit un danger jusque-là encore inconnu pour le spectateur. Des cris, des bouts de bâtiment et de pavé qui volent dans tous les sens. On voit une créature semblable à un ptérodactyle ou un dragon exploser un passant d’un coup : BAM ! Je me dis que je suis très content qu’ils introduisent déjà un kaiju qui n’est ni Godzilla ni l’apparent antagoniste du film selon la bande-annonce, King Ghidorah, mais vraisemblablement Rodan, le monstre volant qui arrache tout simplement en volant à vitesse sonique en rase-mottes. Assez rapidement, je compris que ça serait, encore, une réécriture de la naissance de King Ghidorah, qu’il allait lui pousser trois têtes à un moment donné et qu’il allait avoir son espèce de gloussement aigu qui allait ressurgir à ce moment-là (on l’entend dans la bande-annonce).
Un point pour la mini-trame narrative — qui malheureusement se joue en majeure partie hors-cadre — à propos du scientifique aigri Kanji Murakami, interprété par Min Tanaka, ayant encore une dent contre les USA à la suite des événements d’Hiroshima. « On n’y voit rien » constitue une de mes plaintes principales. Tout est filmé entre plan pied et gros plan ; je veux dire, il est où Godzilla ? Pourquoi tout le monde parle tellement, pourquoi j’entends une petite fille pleurer pendant 3 minutes trois fois dans le film ? (Et, sérieusement, ça n’avance même pas l’histoire). Aucune maquette, aucun costume, ce n’est même pas de la vraie fumée ou de vrais chars d’assaut pour l’amour!
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Je comprends toutes ces histoires de budget blablabla, mais je n’en ai rien à battre. Si c’est fait par ordinateur, pourquoi ils n’en mettent pas plus ? Les combats ne sont tellement pas impressionnants, la destruction est plate, un peu comme prendre une gorgée de Pepsi oublié ; elles sont où, les bulles ? Après avoir expliqué en long et en large pourquoi la formule USA anéantissait complètement l’âme de la franchise, je pensais qu’au Japon on aurait déjà détourné l’envie de faire des films de Godzilla du genre… eh bien non. Ne doutez pas, cher lectorat, de mon amour pour Godzilla, mais je n’aurais jamais donné un Oscar à Godzilla Minus One et surtout pas à Godzilla Minus Zero. On passe de trois étoiles (note de passage) pour le premier à facilement 2,5 pour le second. Ce n’est pas la distribution le problème ou même la réalisation, c’est la direction ; celle vers où continue d’avancer TOHO, comme s’ils voulaient qu’on l’achève.
Un loooong-métrage de « parle-parle, jase-jase » qui ne sait sur quoi mettre ni l’accent ni le ton. C’est l’ironie même, et même insultant, que le rugissement iconique de Godzilla ait disparu, et même pour King Ghidorah on a deux ou trois gloussements… Selon moi, le visionnement a duré 30 à 45 minutes de trop et je n’avais même pas envie de pisser. Je pourrais écrire pendant des heures là-dessus, mais contrairement à d’autres, je ne veux pas m’éterniser. Je ne redirai pas ce que j’ai déjà dit dans mes articles antérieurs.
P.-S. : Ça serait possible d’avoir des films IMAX qui donnent moins mal à la tête à cause des flous de mouvement? Au pire, informez les réalisateurs des contraintes de l’IMAX. J’avais tellement mal aux yeux en sortant. Par exemple, les salles sont confortables : le critique à côté de moi dormait bien tranquillement.
Bande-annonce
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