Spasm 2026 Animation déjantée - Une

[Spasm] Animation déjantée

Nouveauté cette année, le festival consacre une soirée entière au cinéma d’animation avec le programme Animation déjantée. Si le genre s’invite traditionnellement aux quatre coins de la programmation, l’abondance de propositions aussi éclatées qu’inventives a dicté la création d’un volet qui lui soit entièrement dédié. 

Loin des sentiers battus du film familial, cette sélection internationale — qui fait escale au Québec, en Slovaquie, au Portugal, en Belgique, aux États-Unis et à Taïwan — déploie des esthétiques tordues et des récits percutants. Des styles graphiques foisonnants pour un seul et même mot d’ordre : une expérience sensorielle forte qui ne laissera personne indifférent.

Bisou Sauvage (Bahij Jaroudi) Canada – 2026 | 3 min

Bisou sauvage - affiche

Alors que les tragédies mondiales se multiplient, un couple blasé cherche sa prochaine distraction. Cette comédie noire explosive aborde sans détour le privilège de l’ennui dont jouissent les gens fortunés et la dose de dissonance dont nous avons besoin pour prétendre que tout va bien. L’illustrateur et animateur libano-canadien Bahij Jaroudi nous incite à prendre conscience de notre propre apathie dans ce court métrage d’animation en noir et blanc.

Avec Bisou sauvage, Bahji Jaroudi propose une animation 2D en noir et blanc au rythme effréné et au message subtil. 

Disons que le résumé du film est beaucoup plus descriptif que ce qu’on capte en regardant le film. Ceci étant dit, l’œuvre reste fascinante. Tout commence par un bisou pour ensuite montrer comment un couple peut devenir blasé. À mesure que le temps avance, on doit trouver de nouvelles façons de se changer les idées, n’est-ce pas? C’est exactement ce que montre ce court métrage de façon imagée et légère. 

Atom & Void (Gonçalo Almeida) Portugal – 2025 | 9 min

Atom and void - poster

Dans le repaire d’une araignée, un grondement incessant vient perturber sa vie et la pousse vers l’inconnu, l’inexploré.

Gonçalo Almeida offre, avec Atom et Void, un magnifique film animé aux allures très réalistes. 

C’est avec un mélange de ténèbres et de lumière que le réalisateur crée un film sur une araignée qui explore son univers, un univers que le spectateur devinera lentement, à mesure que la bestiole se promène. 

L’image est magnifique et l’arachnide est tout aussi beau que terrifiant. Disons simplement que j’ai, par moment, déplacé la tablette sur laquelle je regardais le film loin de mon ventre afin d’éviter que l’araignée me touche. Lol

Disons simplement que je n’ai jamais vu une œuvre qui met aussi magnifiquement en scène une grosse araignée tout en donnant au spectateur la curiosité de comprendre où se déroule cette exploration. D’ailleurs, la fin vaut le détour!

Dieu est timide (Jocelyn Charles) France – 2025 | 16 min

DIEU EST TIMIDE - affiche

Lors d’un voyage en train, Ariel et Paul s’amusent à dessiner leurs plus grandes peurs lorsque Gilda, une étrange passagère, s’invite dans leurs confidences. Son expérience de la peur ne semble néanmoins pas aussi innocente que leurs dessins.

Avec Dieu est timide, Jocelyn Charles traite de la peur et de l’innocence qui vient avec. 

Avec des dessins qui rappellent l’aquarelle, le réalisateur utilise le thème des peurs pour pousser la réflexion plus loin. Derrière la simplicité de l’histoire, on se questionne sur le sens de la vie. 

De façon plutôt intéressante, ce ne sont pas les jeunes qui se questionnent sur le sens de la vie, mais plutôt la vieille femme. Évidemment, lorsqu’il est question de sens de la vie, il y a souvent la présence de la religion. Ainsi, la femme croit parler à Dieu avec les gens qui dorment. Son mari d’abord, la fille du train ensuite. De façon assez amusante, se questionner sur cet enjeu cause de la peine et des blessures graves. Est-ce là une façon de dire qu’il faut simplement accepter la vie telle qu’elle est, ou qu’il faut croire en Dieu sans poser de question? 

Reste que le film est bien fait, malgré une fin qui n’en est pas vraiment une. 

Bubble (Wanda Przeworska) Slovaquie – 2025 | 5 min

Bubble - affiche

Chaque jour, une petite femme de ménage lutte contre la peur de mourir dans un monde submergé par la violence. Elle est constamment témoin de l’oppression des petits par les géants. La peur et la colère la rongent si profondément qu’elle décide le tout pour le tout pour y mettre fin.

Avec Bubble, Wanda Przeworska offre une animation sans dialogues qui rappelle les jeux vidéo du début des années 90. 

Les images dans les tons de roses et de bleus créent une séparation entre les pauvres humains et les géants. Ces derniers représentent, en quelque sorte, les hommes dans notre société patriarcale, alors que les humains (en rose) représentent les femmes.

Je ne vous apprends rien en disant que depuis toujours, les femmes ont été malmenées par les hommes. Ce petit film est une façon différente de l’exprimer. 

La jeune fille qui pleurait des perles (Chris Lavis, Maciek Szczerbowski) Canada – 2025 | 18 min

La jeune fille qui pleurait des perles - Affiche Spasm

Les destins d’une fille accablée par le chagrin et d’un garçon qui l’aime de loin se croisent dans cette fable sur la cupidité qui corrompt même les cœurs les plus purs. Ce film a remporté l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en 2026.

Plutôt que de redire ce que mon collègue a déjà dit, je vous invite à lire son texte. Le texte de Samuël. 

HUGS (Nicolas Fong) Belgique – 2025 | 7 min

HUGS - Poster

Montez avec nous sur le porte-bagage de mon vélo pour un roller-coaster sensoriel dans un pays rempli de câlins.

Hugs, de Nicolas Fong est un court film qui réchauffe le cœur. 

Une animation toute simple dans laquelle un cycliste triste observe des gens se faire des câlins de tous les styles. Puis sa peine s’envole. C’est si simple et pourtant si efficace. On en sort tout heureux.

ACID CITY (Jack Wedge, Will Freudenheim) États-Unis – 2026 | 13 min

Acid city - Poster

« Acid City » est un documentaire consacré à une ville fictive située au milieu d’un immense océan acide. Le film suit une équipe de tournage pendant une journée, alors qu’elle interviewe les habitants et documente la vie dans cette ville isolée. Le film explore la résilience et l’autosuffisance de la ville, ainsi que sa relation à l’eau et à la chaleur extrême.

Jack Wedge et Will Freudenheim proposent, avec Acid City, un faux documentaire sur une ville fictive. Une idée un peu étrange qui marche bien. 

Au-delà des trucs surréels comme le fait que l’île est située au milieu d’une zone invivable, il y a une idée pertinente : les espèces finissent par s’adapter à leur environnement. Peut-on imaginer que l’humain évoluerait pour vivre dans un pareil endroit? Qui sait. 

Ce qui ressort de ce film, aussi, c’est le fait que notre environnement est de moins en moins hospitalier et qu’éventuellement, il faudra s’adapter à de nouvelles conditions de vie. Quant au film, il est vraiment intéressant.

Ce qu’on laisse derrière (Jean-Sébastien Hamel, Alexandra Myotte) Québec – 2025 | 11 min

Travelling_Ce-quon-laisse-derriere - Poster

Dan a un trou béant dans le cou qui ne guérit pas. Pourquoi? Il ne s’en souvient plus et ne peut pas en parler. De retour dans l’aréna sinistre de son enfance, il devra retrouver cette partie de lui-même qu’il a laissé derrière jadis et qui l’empêche, maintenant adulte, d’être complet.

Ouf… Avec Ce qu’on laisse derrière, Jean-Sébastien Hamel et Alexandra Myotte frappent un grand coup et s’attaquent à un sujet délicat : les agressions sur les mineurs dans le sport.

Des personnages au look étrange pour un sujet dur et sensible. Le choix de l’image amochée n’est pas un hasard. Quand on traite d’agression sexuelle sur des mineurs dans le monde du hockey, on s’attaque à un grand secret de la culture canadienne. Le monde du hockey, on le découvre un peu plus chaque année, est toxique. Parfois, c’est à la vue de tous. D’autres fois, c’est en secret entre un entraîneur et un jeune qui demeure impressionnable. 

Ce court métrage est difficile à regarder. Il est lourd et suffocant. Mais il est nécessaire. 

Praying Mantis (Joe Hsieh) Taiwan – 2025 | 18 min

Praying mantis

Pour sauver son enfant, une mante religieuse mutante séduit et dévore des hommes. Mais lorsqu’une mission tourne au fiasco, son passé ressurgit, dévoilant des secrets aussi sombres que sa soif de survie.

Se situant quelque part en l’horreur et le thriller, Praying mantis est une animation captivante et quelque peu perturbante. 

En mettant en scène une mère qui veut nourrir son enfant, on en vient à vouloir qu’elle réussisse à tuer ces hommes. L’histoire est bien montée et l’effet marche. Les effets visuels sont réussis et l’intrigue fonctionne bien. 

Le tout reste assez classique dans sa forme, mais l’originalité du sujet et de la façon qu’il est raconté rend ce film franchement intéressant. À voir!

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