Spasm 2026 - Les Inclassables - Une

[Spasm] Les inclassables

On poursuit notre couverture de Spasm 2026 avec Les inclassables.

S’aventurant là où les autres sélections n’osent pas s’aventurer, ce volet propose des courts métrages aussi surprenants que percutants, abordant des thématiques délicates et troublantes avec un savant dosage de sérieux et d’humour. 

THE WORM (Tom Noakes) | Australie  – 2025 – 13 min

The Worm - POSTER

Kieran est convaincu qu’un ver de terre télépathique le pousse à faire des mauvais choix. Sa famille, inquiète, décide d’organiser une intervention. Le résultat? Une confrontation insolite entre la raison, la croyance et un invertébré particulièrement malchanceux.

Avec The worm, Tom Noakes offre un film qui utilise la science-fiction pour traiter d’un sujet beaucoup plus terre-à-terre : les enjeux de santé mentale et comment ça pose des problèmes au sein de la famille. 

En mettant en scène un jeune homme qui dit être agressé par un verre de terre, le réalisateur touche les enjeux de santé mentale et les difficultés qui viennent avec. On le sait, les problèmes de santé mentale sont souvent invisibles. Ainsi, les membres de la famille ne croient pas ce que raconte Kieran. Une psychologue est donc appelée en renfort, mais comme c’est souvent le cas, la personne malade ne croit pas avoir besoin d’aide. 

Le résultat est un film sombre, par moment drôle, qui trouve une façon de faire réfléchir tout en divertissant.

BRANCARD (Thibault Fauconnet) France – 2026 | 17 min

Brancard - poster

Lola se réveille à l’hôpital, la clavicule cassée, une minerve autour du cou, allongée sur un brancard. Deux ambulanciers arrivent et la sanglent sur le brancard pour la déplacer. Ils sortent de l’hôpital et roulent sur le trottoir, longtemps, trop longtemps. Elle s’inquiète, proteste, appelle à l’aide. Sanglée sur le brancard, elle n’a pas la moindre possibilité de se détacher.

Malheureusement, ce film n’était pas disponible sur la plateforme numérique.

A SHOT AT ART (Ilke Paddenburg) Pays-Bas – 2025 | 17 min

A shot at art - Affiche

Lorsque deux bénévoles chevronnées d’un festival d’art international commencent à participer à une installation artistique très controversée, la situation dégénère complètement… mais qui a réellement franchi la ligne dans cette histoire?

Avec A Shot at art, Ilke Paddenburg questionne le processus artistique et ce que les artistes et leur processus représentent. 

Vous savez, ces artistes qui créent en voulant mettre de l’avant une cause? C’est le cas ici avec cet homme qui crée une œuvre vivante dans laquelle il propose d’être là pour que les femmes puissent enfin se venger du patriarcat. Mais derrière le discours, il semble y avoir un léger problème. 

Il y a souvent ce genre d’œuvre pas très claire qui est censée représenter une cause. Mais on se demande rarement si l’artiste croit réellement en cette cause, ou s’il l’utilise plutôt pour son propre succès. C’est exactement ce que questionne A shot at art. Un film qui vaut la peine d’être vu. 

NIGHT FEEDS (Rana Roy) États-Unis – 2026 | 16 min

Night Feeds - Poster

Une mère arabo-américaine sombre dans la folie post-partum alors qu’une infirmière de nuit la met mal à l’aise et que la guerre envahit ses écrans. Sa paranoïa personnelle se confond avec la violence qui règne au-delà de ses murs, brouillant les frontières entre cauchemar et réalité… Mais cette folie est-elle dans son esprit ou dans le monde qui l’entoure?

Avec Night feeds, Rana Roy frappe un grand coup en réussissant à intégrer à une histoire de folie une critique du monde réel. 

Cette histoire de famille qui engage une nounou pour avoir un coup de main rappelle une réalité quasi universelle : le défi que représente avoir un bébé. Mais ce n’est pas tout. Des histoires de mamans qui n’y arrivent plus après une naissance, il y en a des milliers. Mais ce qui rend Night Feeds unique, c’est la manière avec laquelle il touche à de grands enjeux de société. 

Tout au long du film se mélange l’histoire de la femme avec celle de Gaza. On entend la télévision traiter de la guerre et d’Israël qui poursuit ses attaques contre les Palestiniens. L’intégration est vraiment bien faite et ne laisse pas trop l’impression d’être un pamphlet politique. 

Il y a aussi la peur qu’ont parfois les mères de laisser leur enfant aux bras d’une autre personne. Le tout dans une atmosphère lugubre et lourde. 

En résulte un superbe film qui mérite d’être vu par un large public.

DIU (Camila Schincaglia) Brésil – 2025 | 12 min

DIU - poster

Au cours d’un repas raffiné, la rencontre entre Fernanda, une femme élégante, et Igor, un homme à l’ego surdimensionné, commence par une conversation anodine jusqu’à ce qu’elle révèle qu’elle s’est rendue au Mexique pour se faire avorter. Alors que Fernanda raconte froidement et de manière crue les détails de l’intervention, Igor, loin d’être choqué, commence à manifester une excitation inquiétante.

Avec DIU, Camila Schincaglia offre un film weird qui met en scène une date plutôt… spéciale.

Ce court métrage est probablement choquant dans un pays comme le Brésil, où l’avortement n’est pas légal. Après tout, la femme explique avec un certain plaisir comment elle a avorté. La réalisatrice ajoute à ça des images assez choquantes, comme la femme qui gratte son ventre avec un fourchette au point de s’arracher la peau. Elle raconte comment elle ne veut pas de bébé pour ne pas maganer ses magnifiques seins, etc.

DIU est un film qui mélange merveilleusement bien la prise de position, la fiction, le divertissement et l’étrange. À ne pas manquer.

FICTION (Ambroise Rateau) France – 2026 | 22 min

FICTION - Affiche

L’acteur Philippe Rebbot se rend sur un tournage sans avoir lu le scénario. Rien ne se passe comme prévu.

Avec Fiction, Ambroise Rateau offre un film complètement fou qui mélange réalité et fiction rappelant Truman Show, mais en plus dingue. 

Philippe Rebbot joue son propre rôle dans cette oeuvre complètement folle. On rit autant qu’on est au bout de notre siège. Un acteur râleur qui se retrouve dans un univers où on ne sait plus trop ce qui fait partie du film dans le film ou de la réalité du film, c’est franchement efficace pour embarquer le spectateur. On a envie qu’il s’en sorte autant qu’on est content de le voir patauger dans cette folle misère. 

Le rythme de Fiction est franchement intense. Ça va vite et il s’en passe des choses. Le spectateur finit par se questionner presque autant que le personnage, ce qui est un beau bonus. 

Ne manquez pas ce court métrage!

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