Spécial sexe 2026 - Une

[Spasm] Spécial sexe

Deuxième partie de cette soirée du 22 octobre… Le spécial sexe.

Réservée à un public averti (18 ans et plus), cette soirée signature propose un espace où l’érotisme flirte avec l’étrange et où l’amour se vit hors des sentiers battus, porté par des courts métrages aussi audacieux qu’originaux.

1981 (Carolyn London, Andy London) États-Unis – 2025 | 8 min

1981 - poster

Nous sommes en 1981 dans la banlieue de Long Island à New York. Les coupes Longueuil et le heavy métal sont partout. Douglas, 14 ans, reçoit une surprise d’anniversaire qui changera sa vie à jamais. Un récit psychédélique sur le passage à l’âge adulte qui rend compte à la fois de la beauté et de la terreur du désir adolescent.

1981 est une animation 2D qui va vite et qui brasse des choses. 

Cela étant dit, il y a un certain manque de logique dans ce film. Honnêtement, 1981 ou non, que couple de parents offriraient un show de strip-tease à son ado pour ses 14 ans? Ça me dérange, car on semble vouloir passer un message avec ce film. Ce n’est pas seulement un film de divertissement, c’est un film qui traite de sexualité et d’orientation sexuelle. Je trouve donc ça mal avisé de mettre ce genre de chose en scène dans ce contexte. 

Sinon, visuellement, le film est intéressant et les situations amusantes. Mais au final, ça ne vole pas haut. 

¡Abre las piernas! (Águeda V. Flores) Mexique, Espagne, Suisse – 2025 | 14 min

Abre las piernas - Affiche

Paula, passionnée d’arts martiaux, se rend à un rendez-vous chez le gynécologue et se retrouve face à un médecin bizarre et insensible.

¡Abre las piernas! (qu’on pourrait traduire par « ouvre les jambes »), de Águera V. Flores est une sorte de comédie dramatique qui traite de sexualité et de malaise. 

Ce n’est pas un grand secret, mais je n’ai jamais eu de visite chez le gynécologue. Évidemment… Mais si je me mets dans la peau d’une jeune femme, ¡Abre las piernas! raconte exactement ce que je ne voudrais pas vivre dans cette situation. 

La pauvre Paula qui semble déjà ne pas trop avoir envie de se retrouver pratiquement nue, allongée sur le dos, les jambes bien ouvertes pour se faire mettre une face à 3 pouces du trésors, doit en plus vivre avec ce bizarre et donneur de leçon de médecin. Le court film offre de superbes moments de malaise et un beau mélange de comique et de dramatique. 

DISC (Blake Rice) États-Unis – 2025 | 14 min

DISC - Affiche

Une aventure d’un soir avec des conséquences trop… profondes.

Avec DISC, Blake Rice offre une comédie de mœurs efficace. 

Pour réussir à faire rire, il est souhaitable de prendre une situation ordinaire et d’imaginer comment elle pourrait mal tourner, et de pousser ça à la limite du réalisme. DISC pousse le réalisme tout juste au bord de la limite et utilise le malaise pour faire rire. 

Je sais, ce que je dis n’est pas super clair, mais j’essaie de ne pas vendre le punch, et ce n’est pas évident, car ce film est surprenant d’un bout à l’autre. Ce que je peux dire par contre, c’est que les acteurs sont excellents, et que le réalisateur utilise son lieu à merveille. 

Aventure FM (Martin C. Pariseau) Québec – 2025 | 19 min

Travelling - Aventure FM - Poster

David, un jeune homme neurodivergent passionné de musique, se prépare pour une sortie romantique. Chaque semaine, c’est son frère Alexandre qui l’amène voir sa copine Yasmine. Tout bascule un après-midi d’été lorsque David découvre l’envers du décor, mettant la relation fraternelle à l’épreuve.

Avec Aventure FM, Martin C. Pariseau montre que parfois les bonnes intentions ne se terminent pas toujours bien. 

Au Québec, nous vivons dans une société qui a décidé que tout un chacun doit se sentir « normal » et inclus, peu importe sa réalité particulière, et ce, pour le meilleur et pour le pire. On voit d’ailleurs ce que le pire peut donner dans nos écoles depuis que le choix a été d’intégrer les cas problématiques aux classes régulières afin qu’ils puissent se sentir valorisés. 

Ici, le grand frère veut que David se sente normal et qu’il vive une relation amoureuse, comme n’importe qui peut le vivre. Évidemment, comme la majorité des grands mensonges, ça finit par lui péter au visage. 

Le film, bien qu’un peu long au départ, est excellent et offre une perspective pertinente sur cette idée qu’il faut donner l’impression à tout le monde qu’ils ont une vie « normale » malgré leur situation particulière. Un excellent film!

Man eating pussy (Emily Lawson) Canada – 2026 | 12 min

Man eating pussy - Poster

Un homme à l’article de la mort aspire à la libération ultime : une naissance à l’envers.

Que serait Spasm sans quelques films complètement sortis du champ gauche? Man eating pussy, d’Emily Lawson, surprend par son originalité et surtout par le fait que la réalisatrice ose pousser à fond son idée. 

Tout est étrangement délicieux dans ce film. Le mélange d’absurde et de réflexion sur les désirs « étranges » qu’on peut avoir permet à la réalisatrice de mettre à l’écran une femme qui a comme visage une vulve géante. Est-ce une prostituée? Possible. Mais ce n’est pas certain non plus. 

La mise en scène est simple, mais efficace. De toute façon, on mise sur l’étrange et les costumes. L’homme faible est juste et la femme-chatte (elle s’appelle kitty, d’ailleurs) offre exactement le genre de bizarre qu’on veut dans ce genre d’oeuvre. 

Un beau bravo pour un film imparfait, mais juste.

Oui, maîtresse (Maël Zaïd) Québec – 2025 | 16 min

Oui maitresse - AFFICHE

À 61 ans, Steve mène une vie routinière en apparence ordinaire. Mais derrière cette façade se cache un univers bien plus complexe : celui du BDSM, où le corps devient terrain de plaisir et d’exploration de la soumission. Ce documentaire d’inspiration anthropologique dresse un portrait intime de cet homme qui, à travers ses fantasmes, cherche à redéfinir son rapport au corps, au désir et à son identité profonde. En plongeant dans ses motivations les plus abstraites, le film interroge ce que révèle cette quête de contrôle… et d’abandon.

Avec Oui, maîtresse, Maël Zaïd propose un documentaire osé sur un sujet tabou.

Encore aujourd’hui, le BDSM est vu comme dégradant. Pourtant, il semble y avoir un grand respect qui s’installe dans ces relations, respect qu’on ne voit pas toujours dans les rapports dits « normaux ». Ce que ce documentaire montre, c’est à quel point tout est fait dans le respect. On peut aimer, ne pas aimer, être tenté, ou non. Mais ce qui ressort du film, c’est cette recherche du lâcher-prise de la part de l’homme et ce désir de rendre service (en quelque sorte) de la part de la femme. 

Le film ne se censure pas. On montre tout, sauf le visage de l’homme qui, probablement, préfère garder un peu d’anonymat. Malheureusement, la société juge encore les personnes qui assument leurs désirs sexuels si ceux-ci ne suivent pas les normes sociales établies. 

En résulte un film qui, bien qu’il soit un peu plat, ouvre la discussion sur un sujet tabou, sans censure ni éclats.

Role play (Kyle Jon Shephard) Royaume-Uni – 2024 | 17 min

Role Play - Poster

Tim et Lucy, un couple qui tente tant bien que mal de redonner un nouveau souffle à leur relation, s’essaient au jeu de rôle. Après une tentative infructueuse de se rapprocher, les choses prennent une tournure étrange lorsqu’un homme bizarre nommé Mick fait une apparition inattendue chez eux.

Avec Role Play, Kyle Jon Shephard offre un film qui mélange drame, comédie et suspense pour le plus grand plaisir des spectateurs. 

Ce film mise beaucoup sur les mises en situation malaisantes et les chicanes de couple. Bien que ce ne soit pas particulièrement original comme concept, l’application est, ici, excellente. Non seulement le choix des événements est parfait, mais le jeu des acteurs est brillant. 

Les personnages sont bien construits et permettent un jeu du chat et de la souris avec le spectateur qui ne sait plus à quoi s’attendre dans cette soirée rocambolesque. Des personnages qui sont juste assez réalistes pour qu’on y croie, et juste assez fou pour qu’on croit aux situations folles qu’on voit. 

Un de mes préférés de cette soirée sexe.

***

Le Spécial sexe de cette année n’est pas aussi fort que par le passé. Honnêtement, je m’attendais à avoir les sens un peu plus éveillés pendant cette projection. On a plus de films qui misent sur des situations bizarres ou cocasses que des œuvres qui donnent envie de…

Ce n’est pas tant une mauvaise chose qu’une déception personnelle. À chacun ses goûts.

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