Arrested Memory - Une

[FNC] Arrested Memory – Pas près d’oublier

« Je suis désolé, on a perdu le capitaine! »

Sherlock Holmes et son addiction, les détectives œuvrant dans le monde sombre des films noirs des années 40, Max Payne qui doit vivre avec le traumatisme d’avoir perdu sa famille ou bien les nombreuses saisons de True Detective : la fiction ne semble pas vouloir donner une vie facile à ses détectives. En même temps, donner une vie parfaite à un personnage a tout pour le rendre vide de tout intérêt. De plus, confronter ces détectives à leurs propres défauts permet de définir leur propre sens de la justice et, donc, d’amener un nouveau sens à leurs histoires. Mais bon, malgré leurs problèmes, la plupart arrivent à garder leur impressionnant talent de déduction, même si certains d’entre eux ont des troubles intenses.

On peut penser à Adrian Monk, incarné par Tony Shalhoub dans la série Monk, un brillant détective qui doit gérer ses TOC, ce qui amène de nombreuses situations tout le long de la série. Il y a aussi Luther, dont le comportement autodestructeur l’amène à brouiller les lignes de l’éthique. Mais les exemples les plus fous viennent d’Asie, comme le K-drama Bad and Crazy, qui raconte l’histoire d’un policier corrompu qui se découvre un alter ego volatil, ou bien Mad Detective, qui met en scène un ancien policier fou qui aurait la capacité surnaturelle de voir les pensées intérieures des gens. Un excellent film de Johnnie To, qui a sans doute été une des nombreuses influences du réalisateur japonais Sabu pour Arrested Memory.

Amnésie nocturne à Taipei

Le super-détective de Taipei Lee développe une amnésie épisodique et un trouble cognitif après une mission d’infiltration traumatisante qui a coûté la vie à toute son équipe. Muté dans un commissariat rural où il tente de cacher son état, il se voit confier l’épineuse affaire du kidnapping du fils d’un puissant homme d’affaires japonais. Chargé de livrer la rançon de plusieurs millions de dollars, Lee oublie complètement ce qu’il fait en plein milieu de l’échange, s’égarant dans la nuit de Taipei avec l’argent.

Arrested Memory - Amnésie nocturne

Sabu nous offre un curieux film, un mélange improbable entre Memento, Entre le ciel et l’enfer (High and Low) d’Akira Kurosawa, ainsi que les films de Johnnie To et de Takashi Miike. Non seulement ça, le film est un gigantesque mélange des genres, alternant sans arrêt entre le film policier, le film d’action, le thriller, la comédie, le drame et la romance. C’est le genre de film dans lequel il est facile d’être distant ou de rentrer entièrement.

Une comédie d’action au pas de course

Mais Arrested Memory arrive à nous embarquer dans son délire, notamment parce que le ton est volontairement absurde. Le genre vers lequel il tend le plus est la comédie, surtout parce que cette situation d’un détective qui oublie sa mission et les conséquences que cela amène est assez cocasse. Le réalisateur nous amène volontiers dans son manège d’absurdité, où les quiproquos et les ironies pullulent.

Mais la comédie n’est pas le seul genre mis en valeur. Le récit policier est bien ficelé, il y a de bonnes scènes d’action, avec comme originalité d’avoir le judo comme principal art martial (à la manière du Throw Down de Johnnie To) et on a même le droit à un petit instant musical pas désagréable. En plus, on ne sent pas que le scénario traîne, et la courte durée du film en fait un visionnage pas du tout ennuyeux.

Un manque de folie visuelle

Mais par contre, si le film se permet une certaine folie, il n’empêche qu’il aurait pu l’être un peu plus. C’est surtout la mise en scène qui bloque. Mis à part quelques bonnes idées visuelles, le film reste assez plan-plan, ne prenant pas beaucoup de risques pour accentuer ce voyage hors normes. C’est surtout visible lors de la scène d’action finale, qui n’arrive pas entièrement à devenir le point culminant de toute cette folie.

Sabu offre quand même une expérience cinématographique unique avec Arrested Memory, donnant un mélange des genres absurde pouvant aller dans toutes les directions possibles. Mais il n’a pas la même étincelle qui rend ses influences aussi mémorables.

Arrested Memory est présenté au FNC les 12 et 18 octobre 2026.

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
Arrested Memory
Durée
87 minutes
Année
2026
Pays
Japon / Taïwan
Réalisateur
Sabu
Scénario
Sabu
Note
6 /10

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fiche technique

Titre original
Arrested Memory
Durée
87 minutes
Année
2026
Pays
Japon / Taïwan
Réalisateur
Sabu
Scénario
Sabu
Note
6 /10

© 2023 Le petit septième