
« Qu’est-ce que t’as encore fait, Géo? »

Dans un décor paradisiaque à Saint-Raphaël, au bord de la Méditerranée, Géo (Kaylon Lancel) et ses deux amis Manon et Rouben (Louise Podolski et Mohamed Coly) sont laissés à eux-mêmes pendant l’été. Intrépide, le trio d’enfants de 5 ans passe sa journée à sauter sur les massifs de rochers rouges dans la mer et à parcourir les routes sur leurs petits VTT, volant les voitures des touristes imprudents au passage.
Leur routine se retrouvera chamboulée lorsqu’ils croiseront un autre trio d’enfants, composé de B, Do et Ève (Alessandro Piquera, Meryl Pires et Kelsie Verdeilles). Immédiatement, Géo s’amourache d’Ève, qui ne semble pas insensible aux attentions du jeune garçon. Petit hic, Ève et B sont en couple et ce dernier ne voit pas d’un bon œil le rapprochement de Géo et d’Ève.
Le lieu de tournage à Saint-Raphaël est sublime. Bruno Dumont, le réalisateur, n’hésite pas à nous montrer la beauté du lieu, avec ses couleurs vives et contrastées. Le rouge des rochers et le bleu de la mer offrent un visuel superbe et donnent l’effet d’une carte postale.

Les prises de vue nous permettent aussi de réaliser l’immensité des rochers, avec les enfants acteurs si petits dans le décor. Il y a aussi plusieurs plans où les enfants sont utilisés comme référence pour montrer la grandeur d’un lieu. Que ce soit le petit Géo au pied d’un pylône de pierre qui soutient le pont du train ou la grande maison délabrée du grand-père d’Ève, ce jeu de caméra permet de nous rappeler la fragilité et le jeune âge de nos protagonistes.
Pour son film, Bruno Dumont a décidé de tourner avec des enfants qui ne sont pas des acteurs professionnels… Et cela se voit à l’écran. Le seul moment où les jeunes acteurs semblent naturels, c’est lorsqu’on les filme en plan large et qu’on leur demande de jouer.
Le reste du temps, on voit qu’ils sont en train de suivre des instructions. On voit qu’ils essaient d’éviter de regarder la caméra, car c’est la consigne qu’ils ont reçue. Ils sont trop rigides pour que ce soit naturel et lorsqu’ils se donnent des câlins, on ressent un malaise, car le langage corporel des enfants nous laisse croire qu’ils n’avaient pas réellement envie de se donner un câlin.
Le réalisateur voulait une approche plus documentaire pour suivre les enfants durant le récit. Ce qui n’est pas une mauvaise idée, car l’idée de garder une caméra plus éloignée d’eux aurait pu aider les jeunes acteurs à oublier qu’ils sont dans un film et à être plus naturels. Le problème est que Bruno Dumont s’entête à faire beaucoup de gros plans de ses acteurs et leur manque d’aisance devant la caméra se retrouve amplifié.
Encore une fois, je ne blâme pas les enfants, je blâme le réalisateur qui n’a pas su composer avec son casting.
L’histoire se traîne les pieds. Ce film d’une heure et demie aurait pu être un court-métrage de 15 minutes et on n’aurait rien perdu de l’histoire. Tout ce que font ces enfants — de 5 ans, je le rappelle — n’a aucune conséquence sur le récit. Par exemple, Géo et Ève décident de rendre visite au grand-père de cette dernière. Ils prennent donc le train pour aller dans une autre ville, pour le retrouver.

Dans un autre film, cela aurait eu des conséquences. Deux enfants de 5 ans disparaissent pendant plusieurs heures et se rendent dans une autre ville par eux-mêmes pour retrouver le grand-père d’Ève, avec qui elle n’a plus de contact depuis que sa mère a coupé les ponts parce qu’il serait fou.
Dans le film Les Roches rouges, c’est simplement une journée comme une autre et on n’en reparlera jamais.
Ce film est d’un ennui sans nom et si ce n’était le joli décor qui entoure l’histoire et quelques plans de caméra audacieux, ce film serait l’équivalent d’un ami qui nous montre la vidéo de son voyage avec sa famille.
Les Roches Rouges est présenté au FNC les 13 et 18 octobre 2026.
Bande-annonce
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