
« Sometimes, I don’t want to wake up… »
[Parfois, je ne veux pas me réveiller…]

Pumpkin est la dernière fille sur Terre après qu’une épidémie a mis fin à l’humanité. Elle est à la recherche de provisions sur des terres désolées à la veille d’Halloween. Elle se retrouve face à face avec une bande de pillards sauvages et dangereux, dirigée par Thalia…
La venue d’Halloween et son ambiance automnale est une période qui me met en joie depuis mes plus jeunes années. Ce sentiment fut d’ailleurs décuplé lors de mon séjour au Québec, plus spécifiquement à Montréal. Ces maisons aux jardins avant décorés de fantômes, squelettes et sorcières aux yeux lumineux, cette ambiance couronnée de festivals tous plus audacieux les uns que les autres… mettaient mon imagination en ébullition. Avec, cerise sur le gâteau, des contes et histoires à dormir debout dans le style de *Chair de poule* (que je dévorais enfant) racontés au coin du feu, ainsi que l’occasion de (re)visionner des classiques gothiques ou fantastiques… et de découvrir de nouvelles pépites cinématographiques ou télévisuelles, lové dans son canapé (avec, encore mieux, un latté citrouille à la main. Bonheur, vous avez dit bonheur ?).
Pumpkin (Milly Shapiro) est une adolescente débrouillarde, aux cheveux orange vif, qui a appris à survivre en milieu hostile ou du moins déserté. Elle semble être la seule survivante sur Terre à la suite d’une épidémie qui a ravagé la population (en dehors des monstres et autres êtres bizarres qui pourraient ressurgir durant cette fameuse nuit d’Halloween…). Elle occupe et entretient la maison familiale et se déplace à vélo afin de récupérer des vivres aux alentours. Jusque-là donc, rien de bien nouveau d’un point de vue scénaristique post-apocalyptique.
Le film débute avec le visionnement des vidéos de son enfance, alors que le reste de sa famille était encore en vie et qu’ils vidaient et préparaient avec joie des… citrouilles, bien entendu. Les décors du film participent à l’ambiance générale, que j’ai trouvée plutôt réussie : entre survivalisme post-apocalyptique et fantastique à la Stranger Things, avec quelques éléments gores et de l’humour pour couronner le tout. Le cinéaste semble maîtriser ses classiques.
Néanmoins, la débrouillardise ne comble pas toujours le vide existentiel.

En effet, jusqu’à quel point essayer de survivre lorsqu’on se retrouve terriblement seule, sans personne à qui parler? À qui confier ses inquiétudes ou, tout simplement, avec qui partager des moments de joie et de convivialité? Pumpkin essaie d’envoyer des messages par le biais d’une radio, en vain… En vain, vraiment? Et si la nuit d’Halloween allait bouleverser cette monotonie quotidienne teintée d’une pointe de tristesse? Alors qu’elle aperçoit des formes se déplacer furtivement à l’extérieur de la maison, Pumpkin discerne des bruits dans la cuisine. « Are you real? » déclame-t-elle, croyant voir des monstres piller ses réserves. Elle fera, à cette occasion, la connaissance de trois individus, des pillards venus récupérer des vivres afin, tout comme Pumpkin, de lutter pour leur survie. Le groupe est mené par Thalia (Shannyn Sossamon), complété par Wendy (Ajani Russell) et Royce (AJ Bowen). Finalement, ce trio s’avère plutôt bienveillant. Mais comme dans tout bon film de genre qui se respecte, les personnes sympathiques au premier abord ne le resteront pas forcément… Car il faut, avant tout, survivre…
Pour conclure, Hallowarrior est un film qui se regarde avec plaisir, notamment grâce à un mélange des genres bien amené et à ses aspects de revisitation. Je m’explique : proposer un film avec une jeune héroïne (ou un jeune héros) qui se bat pour survivre relève, certes, d’un schéma bien connu. Mais lorsque le cinéaste décide de ne laisser aucune chance au (seul) personnage masculin de la bande d’user de violence, il choisit de ce fait, et de façon explicite, de ne jamais l’enjoliver (vous l’aurez compris, je n’apprécie pas spécialement le côté stylisation et encore moins les aspects voyeurs de certaines scènes, parfois franchement grossières, que l’on retrouve entre autres dans les slashers). Un film intéressant à ces égards, à regarder un soir d’octobre, lové dans un canapé bien moelleux (et vous connaissez la suite !).
Bande-annonce
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