
« All right! We need some coke on the catering table, and I’m not talking about cola! »
[Très bien! Il nous faut de la coke sur la table de bouffe, et je ne parle pas de soda au cola!]

GWAR passe à l’attaque du grand écran avec une compilation d’histoires d’horreur des plus déjantées jamais produites.
V/H/S/MIXTAPE pousse à son paroxysme l’horreur en « found footage » caractéristique de la franchise avec une nouvelle anthologie électrisante, où la musique et le son deviennent sources de terreur. Réunis autour d’un thème explorant le pouvoir de la musique, du rythme et du son — capables de hanter, de posséder, de transformer et de détruire —, les segments du film mêlent horreur cosmique, suspense psychologique, gore extrême et effets pratiques révolutionnaires pour composer une « mixtape » de cauchemars inoubliable.
Connaissez-vous GWAR? Si oui, vous êtes probablement un amateur de Heavy-Black-Metal-Core ou un truc similaire (j’y connais rien à ce genre de musique). Tout ce que je sais c’est qu’au Québec on a un certain Sébastien Croteau, chanteur de Necrotic Mutation ainsi que fondateur de La Fabrique de Monstres, une entreprise d’ici connue mondialement pour faire des effets spéciaux avec seulement des voix et aucune IA. Dans le milieu de la musique Heavy Metal, il est difficile de ne pas connaître GWAR, mais il semblerait qu’eux aussi soient multidisciplinaires, puisqu’il leur arrive de temps en temps de se transformer en cinéastes pour produire des métrages comme GWAR :Phallus in Wonderland sélectionné aux Grammys en 1992!

Suite au documentaire de 2022 intitulé This Is GWAR, les troubadours de l’horreur reviennent avec un film sadique et sordide teinté de cet humour noir signature du groupe GWAR. V/H/S/Mixtape est une collection de situations tordues présentées par le les membres du groupe eux-mêmes en chair et en os et aussi autres fluides abjects. Je vous avertis tout de suite, les âmes sensibles pourraient avoir de la difficulté à assister à autant de violence gratuite (ou presque, parce que je suppose que vous avez payé vos billets de cinéma ou acheté le DVD).
Pour ma part, j’ai de la difficulté avec ce type de… disons d’éléments dérangeants; peut-être suis-je trop sensible, qui sait. V/H/S/Mixtape fut donc un effort à regarder de bout en bout, mais je ne le regrette pas. Malgré tout ce qui ne me convient pas d’un point de vue « moral », je ne peux me cacher de l’impressionnante exécution de ce film. Oui, d’accord, il y a ce fini visuel classique de film de série B, toutefois le série B est vraiment davantage «su’a coche » comme on dit.

Il est plutôt difficile de définir la trame narrative de ce genre de film à la Movie 43, néanmoins le rythme me rappelle Tales from the Cryptkeeper, le genre qui permettait d’installer une bonne prémisse, juste assez longtemps pour qu’on ne s’ennuie pas et que l’on puisse apprécier le développement de l’intrigue principale. Ici, puisque rien ne rattache les différents scénarios qui nous sont offerts, nous sommes plutôt dans une espèce de Beavis & Butthead rencontre Rob Zombie.
En revanche, chaque partie sert au même objectif : déstabiliser, choquer et se défouler tout en n’oubliant pas d’avoir du plaisir. On brise le 4e mur entre les histoires et c’est tant mieux. Ça permet aux gens, dont ce n’est pas la tasse de thé, d’avaler un peu mieux le tout. Il me reste un mauvais goût dans la bouche, certes, inversement, comme le sirop pour la toux, ça goûte mauvais mais ça marche. Je me suis rarement senti aussi mal à l’aise, en tout cas, pas depuis Dogtooth (vous pouvez aller voir ma critique).
La seule différence est que Yorgos Lanthimos réussit à nous faire apprendre quelque chose, alors qu’après quelques scènes de V/H/S/Mixtape, on réalise très vite que – malgré l’indéniable expertise derrière les images graphiques et les effets spéciaux à couper littéralement le souffle – la profondeur philosophique ne dépasserait pas le niveau de Mr. Rogers. C’est pourtant cette simplicité dans l’acte de créer le mal que je dédaigne qui rend le tout autant convaincant et – faute d’avoir de meilleurs termes – « pure ».
Finalement, c’est un film extravagant qui en vaut la peine. Haut en couleurs, mais surtout en sons! C’est même le mot qui définit le mieux ce que l’œuvre cinématographique de GWAR tente de somatiser avec élégance. Qu’il s’agisse de silence angoissant, des bruits visqueux de notre corps ou même des contines tonitruantes pour enfants; tout ce qui est relié de près ou de loin à l’audition se transforme en source de terreur.

Quant à vous, cher lectorat, je me doute bien qu’il doit y avoir parmi vous ou vos proches (mais pas trop) des amateurs de ces visions horribles et/ou de GWAR. Si tel est le cas, je vous invite FORTEMENT à regarder ce qui risque de devenir un classique culte avec le temps. Je ne garantis pas un départ explosif, mais je ne peux qu’envisager la trace sanglante que V/H/S/Mixtape saura laisser dans nos entrailles pour l’éternité.
Sur ce, je vais aller prendre une douche et changer mon pantalon.
Bande-annonce
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