![[FNC] The House on the Moon – Pourquoi tout changer?](https://lepetitseptieme.ca/wp-content/uploads/2026/10/PSX_20261011_151211.jpg)
Ceux qui s’intéressent à la culture chinoise savent comment les légendes et la mythologie ont une place importante dans l’imaginaire, même dans notre époque contemporaine. Il n’y a qu’à voir la popularité de la figure de Sun Wukong, même 500 ans après sa première apparition dans le roman La pérégrination vers l’Ouest. Mais là où ça se voit le plus, c’est dans les fêtes spécifiques à la culture chinoise. Le Nouvel An Chinois se base sur la légende du monstre Nian, car le bruit, la lumière vive et la couleur rouge vont effrayer le monstre. La légende du Bouvier et de la Tisserande, où deux amoureux n’ont le droit de se retrouver qu’une seule fois par an, le 7e jour du 7e mois, a inspiré La Fête de Qixi (la Saint-Valentin chinoise). Mais nous allons nous attarder sur la légende de Chang’e.

L’histoire raconte les exploits du héros archer Hou Yi, qui a abattu neuf soleils de trop qui brûlaient la Terre. En récompense, il reçut un élixir d’immortalité qu’il ne voulut pas boire sans sa femme, Chang’e. Pour empêcher un voleur de s’en emparer, Chang’e avala l’élixir et s’envola jusqu’à la Lune, devenant une déesse. Cette légende est très connue en Chine et a inspiré les traditions de la Fête de la mi-automne, ou Fête de la Lune. Car selon la légende, Hou Yi et les villageois commencèrent à préparer pour Chang’e des offrandes et des pâtisseries rondes rappelant la pleine lune, d’où la tradition de déguster des gâteaux de lune lors des célébrations. Mais la légende a inspiré le cinéaste singapourien Nelson Yeo (Dreaming & Dying) pour en faire sa propre version avec The House on the Moon.
Après avoir abattu neuf des dix soleils qui embrasaient la Terre et menaçaient de détruire toute vie humaine, l’archer Hou Yi est parti sauver le dernier. Garant de notre planète, celui-ci est désormais condamné à s’éteindre. Restée seule sur la Lune, où elle s’est exilée après avoir acquis l’immortalité, sa bien-aimée Chang Er se lance à sa recherche.
Le réalisateur s’intéresse moins à raconter de nouveau la légende, qu’à poursuivre son histoire. Son film se montre comme une suite, avec les mêmes personnages, mais dans un contexte différent. Il prend également une approche similaire au réalisateur Hou Hsiao-hsien et son film The Assassin, où il prend à revers les codes du wu xia pian, rendant le film moins spectaculaire, mais plus atmosphérique. Dans The House on the Moon, Nelson Yeo reprend ce récit épique, mais lui donne un ton plus poétique, tout en mélangeant la Fantasy avec de la science-fiction (ils voyagent sur la Lune) et tente de mieux faire transparaître le message sur l’amour du conte original. Une idée originale, mais aussi totalement bancale.
Oui, c’est bien d’être plus poétique et philosophique dans ses propos, mais pas au dépend de la compréhension du film. Car les personnages ne font que monologuer des phrases faussement profondes, ce qui fatigue plus le spectateur qu’il ne le fait réfléchir ou investir dans le film. De ce fait, le film ne donne l’impression de ne rien raconter et on passe la grande majorité du temps à se demander qui est qui et qu’est-ce qui se passe et, surtout, pourquoi ils font ça? Sans oublier certaines scènes étranges qui ne semblent pas avoir leur place dans un film qui tente quand même d’être inattendu.
Mais si ce n’était que le scénario… La réalisation est également désastreuse. Car le film n’est pas très beau. Si les décors sur la Lune restent passables, avec un beau ciel ensoleillé comme dans un épisode de Power Rangers, le reste du film semble juste être cheap. On sent très bien que le film n’avait pas les moyens de faire un long-métrage se situant dans la Chine antique et tente tout pour cacher les artifices. Et c’est sans oublier les effets spéciaux vraiment bof, dont certains qui ont utilisé l’intelligence artificielle. Mais le pire, c’est lors des scènes de combat, dont la seule direction est un ralenti à la Wong Kar-wai. Si ce dernier sait utiliser ces ralentis pour créer des images mémorables, Nelson Yeo l’utilise juste pour ne pas montrer qu’il ne sait pas filmer des scènes d’action. Et je n’ai même pas mentionné le livre qui vole avec des fils de pêches comme une soucoupe volante des années 50, ou bien la marche en accéléré.
Nelson Yeo voulait faire un portrait plus poétique et artistique d’une légende chinoise connue avec The House on the Moon. Au final, il fait un film prétentieux avec un grand manque de savoir-faire cinématographique, juste dans le but de montrer qu’il est un auteur original.
The house on the moon est présenté au FNC les 10 et 11 octobre 2026.
Bande-annonce
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