
« Last time we played thoses pages we almost destroyed the word. »
[La dernière fois qu’on a joué ces pages, on a pratiquement détruit le monde.]

Des années après avoir survécu à l’apocalypse démoniaque du premier film, Brodie (Milo Crossman) est sur la pente descendante, fauché et coincé dans une petite ville qui ressemble à un purgatoire. Mais lorsqu’il apprend que NoizeQuest, un concours de groupes de musique, fait étape dans sa ville, il y voit une chance de se racheter — et peut-être même de reconquérir son ancienne petite amie, Medina (Kimberley Crossman). Seul hic : il manque un bras à son batteur et le reste du groupe est, eh bien… mort. Heureusement, Brodie possède encore des pages arrachées au Black Hymn; il lui suffit donc d’un riff pour ramener ses compères d’outre-tombe. Mais chaque accord s’accompagne de sang, de tripes et du chaos apocalyptique que seul Deathgasm peut déchaîner.
Avec Deathgasm 2: Goremageddon, Jason Lei Howden parvient à créer une œuvre qui allie l’horreur à la comédie en jouant dans les tons de l’absurde sans que ça devienne lourd et ridicule.
Le pari n’était pourtant pas gagné d’avance pour cette suite tant attendue. Reprendre la formule explosive d’un film culte sans tomber dans la simple copie facile demande un équilibre délicat. Le réalisateur réussit à maintenir son récit sur cette fameuse corde raide où l’humour potache et la surenchère gore s’alimentent mutuellement. Plutôt que de s’essouffler dans la répétition, le long-métrage assume pleinement son statut de série B ultragénéreux, multipliant les clins d’œil aux amateurs de métal et de cinéma de série B sans jamais céder au cynisme.

Les personnages zombies de Zakk et Dion sont drôles tout en conservant un petit côté sérieux. En faisant de Dion son méchant, le réalisateur trouve une manière originale de jouer avec le sous-genre du film de Nécronomicon où un vilain réveille les morts.
Bien que le film soit loin d’être un chef-d’œuvre, il donne exactement ce qu’on veut de ce genre de film : du sang, des effets cheaps et des situations effrayantes qui deviennent drôles.
Si le premier volet utilisait déjà les décibels comme arme de destruction massive, ce second chapitre pousse le concept encore plus loin en ancrant la dynamique de groupe au cœur de l’intrigue. La camaraderie amochée de ces musiciens ramenés de l’au-delà apporte une touche d’humanité inattendue — aussi macabre soit-elle — au milieu des gerbes de sang. Les séquences musicales se muent en véritables morceaux de bravoure horrifique, où chaque solo de guitare devient un festival de découpages en règle. C’est l’amour indéfectible du métal qui insuffle toute sa vitalité à cette orgie visuelle.

D’ailleurs, le film plaira certainement aux mélomanes avec ses quelques clins d’œil. Quoi dire du genre de Ozzy sur le prozac gourou d’une bande de ratés, à part qu’il offre un contre balancement qui permet d’aimer les deux losers que sont les personnages principaux.
Franchement, pour quelqu’un qui n’aime pas trop les comédies, j’ai passé un maudit bon moment. Beaucoup plus drôle qu’effrayant, Deathgasm 2: Goremageddon divertit tout en apportant quelques éléments originaux.

L’utilisation de la musique comme outil déclencheur des sorts est une belle idée qui fonctionne bien avec le reste de l’histoire. Oui, les règles qui gèrent l’univers auraient pu être un peu plus travaillées, mais le résultat reste solide.
Disons que ce long métrage représente une belle façon de démarrer le mois d’octobre pour les amateurs de cinéma d’horreur.
Bande-annonce
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