
« Tu vois, ici, il n’y a pas d’homme, pas de femme. Il n’y a que des âmes. »

À Jacmel, en Haïti, la mer, les églises et les esprits façonnent la vie. Marie Madeleine (Géssica Généus) est une femme libre. Elle vit de la prostitution et traverse les nuits sans se soumettre aux règles de ceux qui sauvent les âmes. Sa route croise celle de Joseph (Béonard Monteau), un jeune évangéliste. Une relation se noue entre ces deux êtres que tout oppose. Alors que Joseph vacille dans sa foi, Marie Madeleine l’entraîne vers un monde dans lequel désir et quête de liberté ouvrent un espace où tout peut être réinventé.
Avec Marie Madeleine, Géssica Généus propose une révision de l’histoire biblique qui unit Jésus et Marie Madeleine offrant une autre façon de voir cette histoire.
Marie-Madeleine est une femme malmenée par la vie. Elle fait de son corps un instrument, se noie dans l’alcool et offre du plaisir aux hommes tout en cachant une lame de rasoir entre les dents. Elle est capable aussi bien d’autodestruction que de soudains élans de vitalité. Elle peut perdre foi en elle-même, puis se relever et trouver foi en l’autre. À ce titre, elle reflète Haïti, dont le peuple parvient à survivre à des injustices qui défient toute description.

Joseph, pour sa part, vit dans une camisole de force. Il souffre d’être le bouc émissaire sur lequel Jacques, son père, déverse sa rage. À travers lui, la réalisatrice interroge l’idée de liberté; une liberté constamment remise en question.
Marie Madeleine s’ouvre sur une main tendue, celle de Joseph, venant au secours de Marie Madeleine. On voit tout de suite le lien entre Jésus et Marie Madeleine. Dès lors, les clins d’œil à l’histoire de la bible s’insèrent ici et là. On ira même jusqu’à mettre en scène un lynchage et une fin tragique qui changera les choses.

La réalisatrice met en place une forte dichotomie : d’un côté de la rue on retrouve le bordel, de l’autre s’installe une église. Entre le temple et le bordel, un champ de bataille se dessine. D’un côté, la quête du salut par la foi; de l’autre, la quête du pain quotidien par le sexe. C’est précisément la ferveur missionnaire de ce pasteur fanatique, qui s’est délibérément installé en face des travailleuses du sexe, qui a rendu possible la rencontre entre Joseph et Marie Madeleine. Comme quoi lorsqu’on tente d’empêcher quelque chose, on finit par le provoquer.
Au final, Géssica Généus montre, avec ces personnages bibliques,cette façon particulière qu’ont les Haïtiens de gérer leur impuissance face à l’adversité.
Marie Madeleine est présenté au TIFF les 15, 16 et 20 septembre 2026.
Bande-annonce
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