Journal de Fantasia jour 18 - Une

Journal de Fantasia 2026 | Jour 18 

Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Jim Queen (Coup de coeur)

Jim Queen - poster

Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays en hétérosexuels. Il voit alors tout le monde lui tourner le dos, à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partent en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité.

Les films d’animation français sont certes moins populaires que ceux américains, mais ils font très souvent sensation lors de leur sortie dans l’Hexagone. Et l’un des derniers phénomènes animés français est Jim Queen, qui a fait fureur lors des séances de minuit à Cannes. Issu du studio Bobbypills, spécialisé dans les séries pour adultes (le seul studio du genre en Europe) et à qui on doit notamment Vermin, Crisis Jung, Les Kassos et Creature Commandos. Jim Queen est leur tout premier long métrage.

Et quel premier coup d’éclat! Le studio nous plonge d’emblée dans un univers, rempli d’allusions à la communauté gay, sans compter de multiples blagues et allusions sexuelles. Malgré toutes les exagérations sur le milieu, le récit reste très bienveillant envers son sujet, lançant des piques à certains groupes égoïstes et au système tout en prônant un message de bienveillance et d’amour. En plus, les méchants incarnent la droite française, c’est toujours un plus.

Jim Queen - Jim Queeeeeen

Le film est aussi très drôle, non pas seulement grâce aux différentes références LGBT qui l’alimentent, mais aussi avec des gags et des moments plus généralement comiques, le tout porté par une animation excellente qui sert à merveille le propos. Le seul véritable reproche à lui faire est son histoire très classique, mais cela reste très minime.

Pour en savoir plus, mon collègue Anatole a rédigé une critique du film lors de son passage à Cannes, où il a également pu s’entretenir avec les réalisateurs (que vous trouverez ici).

Jim Queen a été présenté au festival Fantasia le 2 août 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : Jim Queen
Durée : 85 minutes
Année : 2026
Pays : France
Réalisateur : Nicolas Athane, Marco Nguyen
Scénariste : Nicolas Athane, Simon Balteaux, Brice Chevilland, Marco Nguyen
Note : 9/10

City War

Yiu, une infâme crapule, vient de sortir de prison. Ses parties intimes ont été gravement atteintes par une balle tirée par le policier Chow avant son incarcération. Sans surprise, Yiu souhaite ardemment venger ses bijoux de famille. Sur une note plus positive, il retrouve son patron, sa copine et ses gardes du corps. Or, Lee, un collègue de Chow reconnu pour être un coureur de jupons, a entamé une aventure avec la petite amie de Yiu! Fou de rage et de jalousie, ce dernier prépare, avec ses hommes, un arsenal d’armes à feu pour attaquer Chow, Lee ainsi que leurs proches.

City war

Le cinéma d’action occupait une place très importante dans l’industrie cinématographique de Hong Kong dans les années 80 et 90. L’un des films fondateurs du genre est Le Syndicat du crime de John Woo, qui a révolutionné la manière d’aborder le film d’action, et ce alors que beaucoup croyaient que le film allait faire un flop. Le film a engendré une suite en 1987, ainsi que plusieurs tentatives de recréer ce succès. L’un d’entre eux, City War, a même les vedettes du Syndicat du crime, Chow Yun-fat et Ti Lung, dans son casting.

Cependant, entre le film de John Woo et celui de Sun Chung, il y a une grande différence de style. En effet, alors que John Woo a une approche très marquée, City War est plus classique. Il se rapproche notamment de films comme Tiger on the Beat, également porté par Chow Yun-fat en dragueur et réalisé par un cinéaste expérimenté issu de la Shaw Brothers.

Le film comporte tous les rouages habituels du cinéma hongkongais de l’époque : des policiers en tension avec leur supérieur, une solide amitié entre les deux protagonistes, des criminels très dangereux, de la violence et une scène d’action épique servant de climax. Néanmoins, mis à part sa sous-intrigue amoureuse, City War n’apporte rien de nouveau au genre, le rendant ainsi moins mémorable que les autres productions sorties au même moment.

City War reste un très bon film d’action hongkongais, mais si vous vous lancez dans le genre, il y a d’autres films pour commencer.

City War a été présenté au festival Fantasia le 2 août 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : City War
Durée : 97 minutes
Année : 1988
Pays : Hong Kong
Réalisateur : Sun Chung
Scénariste : Tung Lo, Leung Wai-Ting, Rico Chung
Note : 7/10

The Fox (Coup de cœur)

Dario Russo director The Fox
Dario Russo

Dans un univers parallèle où les animaux parlent, magouillent et sacrent, Nick découvre que sa fiancée Kori le trompe. Il doit admettre avec désespoir que sa relation est foutue. Il est convaincu qu’il n’y a plus rien à faire jusqu’à ce qu’il capture une renarde, qui lui offre un conseil matrimonial non conventionnel en échange de sa liberté. Le conseil? Il existe un trou magique dans lequel Nick pourrait pousser Kori afin qu’elle soit transformée en une femme qui l’adore inconditionnellement et qui ne le quittera jamais.

Si les films de style conte de fées et fable sont surtout destinés aux enfants, il arrive souvent que des artistes utilisent ce genre d’histoire dans un contexte plus réaliste et adulte. Un genre que l’on nomme le réalisme magique, un concept introduit en 1925 par le critique d’art allemand Franz Roh, dans lequel des éléments oniriques et surnaturels apparaissent dans un contexte proche de notre monde sans que cela ne choque qui que ce soit. Des exemples cinématographiques célèbres sont Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet ou bien Big Fish de Tim Burton. Dans The Fox de Dario Russo, l’étrange vient du fait que les animaux parlent.

Pour être plus précis, ce sont une renarde et une pie qui parlent, interpellent le protagoniste afin qu’il les laisse en vie en vie en échange de transformer sa femme en une “meilleure personne”. S’ensuit ensuite une série d’événements absurdes et inhabituels, une métaphore des rapports de domination dans un couple. Le film prend alors de véritables allures de fable sombre, poussant son délire très loin et dans des directions inattendues.

The fox

De plus, le casting est fantastique. Jai Courtney peut enfin déployer son talent après avoir été pris dans des franchises de faible qualité comme Divergence et Suicide Squad. Emily Browning est juste sublime ;  il y a Damon Herriman, l’acteur qui a joué deux fois Charles Manson (dans Once Upon a Time in Hollywood et Mindhunter) ; mais le meilleur reste Sam Neill dans son dernier rôle, prêtant sa voix à la pie. D’ailleurs, les animatroniques des animaux sont excellentes.

Le troisième acte est peut-être plus maladroit que le reste, et la fin n’est pas aussi satisfaisante que ce que l’on aurait pu espérer, mais The Fox reste un film vraiment intéressant.

The Fox a été présenté au festival Fantasia le 2 août 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : The Fox
Durée : 90 minutes
Année : 2025
Pays : Australie
Réalisateur : Dario Russo
Scénariste : Dario Russo
Note : 8/10

Freaks Part II

Quelques années après une évasion traumatisante, on retrouve Mary et sa fille Chloe sur la route, alors qu’elles s’efforcent de dissimuler leurs pouvoirs et leur identité. Elles sont pourchassées par l’Abnormal Defence Force, une unité de police paramilitaire qui se spécialise dans l’extermination des « freaks » comme elles. Mary est déterminée à se venger d’Erica Lang, l’agente de l’ADF qui a tué son premier enfant. Mary tente par ailleurs de contrôler Chloé, désormais une puissante préadolescente bien différente des personnages typiques des bandes dessinées.

Freaks Part II -Credit -Kailey Schwerman - Elevation Pictures
Crédit photo : Kailey Schwerman / Elevation Pictures

En 2018, les réalisateurs Zach Lipovsky et Adam Stein ont réalisé leur premier film, Freaks, une réinvention du genre super-héroïque où une petite fille est isolée du monde par son père, tous deux étant dotés de capacités spéciales. Le film a connu un beau succès et leur a ouvert les portes de l’industrie. Huit ans plus tard, après avoir réalisé le film live Kim Possible (oui, ça existe), mais surtout après le  succès de Final Destination : Bloodline, les revoilà dans l’univers qui les a lancés.

Après avoir restreint leur univers à une seule maison, en raison d’un budget limité, les réalisateurs ont cette fois la possibilité de développer davantage l’histoire qu’ils ont mise en place dans le premier Freaks. On en découvre plus sur les événements qui ont eu lieu, le fonctionnement de la société et la haine envers les « anormaux ». Le film explore également mieux la psychologie de Chloé qui, bien qu’elle soit sortie de la maison où elle est restée enfermée toute sa vie, se voit continuellement restreinte à cause de sa condition et cherche à s’émanciper. L’actrice qui incarne Chloé est, malgré son jeune âge, très bonne dans son rôle.

Les réalisateurs offrent également davantage de scènes spectaculaires, avec plus d’action et des super-pouvoirs uniques, mêlant cet univers super-héroïque au cinéma d’horreur. Il n’empêche que le scénario est très bancal, avec de très grosses facilités scénaristiques, beaucoup de prévisibilité ainsi qu’un manque de cohérence par rapport au premier film. Le message du film est également très maladroit, car il nous pousse à l’empathie envers des protagonistes confrontées à monde qui cherche à les détruire, alors qu’elles commettent elles-mêmes des atrocités.

Néanmoins, cette violence qui entraîne plus de violence pourrait être approfondie dans un potentiel troisième volet, d’autant plus que le film laisse beaucoup de pistes pour une suite.

Freaks Part 2 a été présenté au festival Fantasia le 2 août 2026.

Fiche technique

Titre original : Freaks Part 2
Durée : 114 minutes
Année : 2026
Pays : Canada
Réalisateur : Zach Lipovsky, Adam Stein
Scénariste : Zach Lipovsky, Adam Stein
Note : 6/10

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