
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurai ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Le film raconte l’histoire d’une chanteuse parisienne qui, après avoir été transformée en vampire, cherche à atteindre la célébrité au détriment de son âme.
Le film de Nicky Murphy est à l’ombre de What We Do in the Shadows, lui aussi un documentaire avec des vampires réalisé par Taika Waititi et Jemaine Clement, dont la renommée s’est accentuée avec une série éponyme située dans le même univers. Mais ce nouveau documenteur avec des vampires tente de se détacher de son modèle.
Car le film de Nicky Murphy se concentre moins sur le monde secret des vampires que sur une jeune artiste qui tente de percer dans l’univers de la musique. Le vampirisme étant ici une sorte de métaphore du changement et de l’intégration à un nouveau milieu qui ne nous est pas familier.
L’aspect documenteur est très réussi : il laisse toute la place aux comédiennes principales (toutes excellentes) pour faire vivre leurs personnages, allant même jusqu’à improviser certaines scènes. Le film est également très drôle, en particulier lors d’une scène où la protagoniste cherche à boire le sang de Booba.

Cependant, le film est trop long. Deux heures pour un documenteur, c’est immense. Cela fait en sorte que le film traîne un peu par moments, et certaines scènes mériteraient d’être raccourcies. Cela dit, le réalisateur a affirmé travailler sur une version plus courte, donc à voir.
Titre original: I Love Paris
Durée : 120 minutes
Année : 2026
Pays : Australie, France
Réalisateur : Nicky Murphy
Scénariste : Nicky Murphy, Aminata Thiboult
Note : 7/10

Marginalisé depuis son enfance en raison de son apparence unique, Sakura ne fait confiance à personne, s’exprimant seulement avec des répliques assassines et ses indéniables talents de pugiliste lorsque quelqu’un le regarde de travers. Il adore se battre et choisit l’école secondaire Furin, reconnue pour ses combattants redoutables, afin de détrôner son champion. À sa grande surprise, ceux-ci forment une communauté tissée serrée avec les commerçants de l’endroit. Ensemble, ils forment le clan Bofurin, les boucliers de la ville contre les rafales de violence et de destruction des délinquants de Shishitoren qui rêvent de prendre le contrôle de la ville et du collège Furin.
Publié dans le Magazine Pocket de Kodansha depuis janvier 2021, Wind Breaker est un manga de Satoru Nii. Il raconte l’histoire de Sakura, un délinquant ascoial qui intègre le lycée Fûrin, réputé pour son taux de délinquance, avec pour seul objectif de devenir le plus fort. Il découvre rapidement que ses camarades forment les “Wind Breaker”, une milice qui protège la ville. Le manga utilise l’archétype de la racaille et du lycée à la mauvaise réputation pour les détourner, faisant des délinquants des protecteurs et mettant en avant des thèmes comme l’empathie. Ayant eu du succès sur papier et en anime, le manga n’allait pas tarder à avoir son adaptation live.
Bien évidemment, il sera très difficile de ne pas juger le film par rapport au manga d’origine. La version live ne vaut bien sûr pas la version papier, mais elle reste tout à fait honnête.

Le film arrive à bien adapter le premier arc en un long-métrage, avec ses propres enjeux et un climax bien plus engageant à l’écran que ce qui arrive dans le manga. Les scènes d’action, un aspect important de Wind Breaker, font aussi bien le travail sans qu’elles soient transcendantes.
Mais une chose importante que le film ne réussit pas, c’est la caractérisation de ses personnages. Dans le manga, ceux-ci ont leurs caractères bien définis, ce qui les rend mémorables. Le film ne fait que survoler cet aspect, ce qui le rend plat. Le look un peu trop cosplay de la version live n’aide pas non plus.
Le film live n’a pas de quoi avoir honte, mais il ne vaudra jamais le manga de Satoru Nii.
Titre original: ウインドブレイカー
Durée : 122 minutes
Année : 2025
Pays : Japon
Réalisateur : Kentaro Hagiwara
Scénariste : Yosuke Masaike
Note: 6/10

À la suite de la mort subite de sa mère qu’il n’a pas vue depuis plusieurs années, Tatsuya décide de visiter le village rural où elle vivait. Sur sa route, il rencontre le détective privé Kosuke Kindaichi qui le recherchait à la demande du clan Tajimi. Arrivé sur place, le duo est hébergé par cette mystérieuse famille au lourd passé semblant prendre sa descendance et son héritage très au sérieux. En fait, Tatsuya est le dernier de sa lignée qu’il ignorait et doit maintenant assumer le massacre autrefois perpétré par son grand-père, ayant profondément marqué les villageois. Le détective Kindaichi devra se servir de tout son sens de l’observation et de sa perspicacité afin de découvrir la source et le motif de l’auteur de cette hécatombe.
En 2026, Takashi Shimizu a réalisé trois films, dont The Mouths, qui a eu droit à sa première nord-américaine à Fantasia cette année. Mais il y présente également, cette fois en première mondiale, Village of Eight Gravestones, remake du film de 1977 réalisé par Yoshitaro Nomura, lui-même une adaptation du roman de Seishi Yokomizo.
Le long métrage est moins un film d’horreur qu’un film d’enquête avec des éléments surnaturels se basant sur le folklore local, à la manière de Sleepy Hollow de Tim Burton. L’enquête arrive à nous tenir en haleine, avec une intrigue mêlant malédiction, croyances religieuses et crimes d’antan.
Takashi Shimizu se permet également de s’amuser avec l’aspect surnaturel, offrant de jolis visuels horrifiques qui s’inspirent du shintoïsme, ainsi que des images très creepy. Il y a même deux jumelles bizarres. Le film est, en général, très joli.

Cependant, l’aspect surnaturel est assez mal géré. En effet, il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, n’expliquant pas vraiment comment ces choses étranges arrivent. De ce fait, cela peut nous faire sortir du film. Il y a peut-être une volonté de questionner le spectateur sur la réalité de ce qui se passe, mais le film semble pencher vers une direction plutôt qu’une autre.
Village of Eight Gravestones est loin d’être un grand film, mais il reste un bon film d’enquête.
Titre original : 八つ墓村
Durée : 114 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Takashi Shimizu
Scénariste : Shintaro Ogai, Takashi Shimizu
Note : 6/10
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