
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.
Gino et sa famille se préparent au souper annuel de la veille de Noël, ce qui implique un véritable branle-bas. Employé d’un magasin de peinture, vivant dans le sous-sol de ses parents, Gino manque de confiance en lui, et ses frères et sœurs bourrés de préjugés ont tous tellement bien réussi dans la vie qu’ils obtiennent littéralement ce qu’ils veulent de papa et maman. Puis, un peu plus tard, c’est au tour de la grand-mère décédée de faire une apparition surprise, mais là, ça dérape pour de bon, et l’enfer se déchaîne.

Noël est une fête respirant la joie, l’amour et le bonheur, ce qui le rend parfaite pour être perverti par le cinéma horrifique. Le Krampus de Michael Dougherty est le meilleur exemple récent, mais il ne faut pas oublier Black Christmas en 1974, considéré comme le premier slasher. Michael Gabriele a lui aussi voulu faire son propre film de Noël d’horreur avec Unholy Night.
Cette fois-ci, ce sont les morts qui reviennent à la vie à cause d’une malédiction venant d’une superstition italienne. Le plus terrifiant, c’est que ces derniers ne sont pas conscients d’être mort et se remettent à vivre leur vie, jusqu’à ce qu’ils soient dérangés et qu’ils deviennent des créatures sanguinaires.
Le film parle de regrets, aussi bien ceux que l’on a dans le présent que ceux que l’on a au portes de la mort. Le concept de ces morts-vivants qui ne se rendent pas compte de leur condition est très bien vu, le casting est quant à lui excellent et l’histoire est prenante.
Mais le film donne une grosse impression de déjà-vu, son scénario et ses enjeux étant peu inventifs, ce qui rend le film assez prévisible. Tout ça allant jusqu’au twist final, déjà vu dans de nombreux films avant lui. Il est cependant dans un climax se déroulant dans un contexte très intéressant.
Titre original : Unholy Night
Durée : 91 minutes
Année : 2026
Pays : Canada
Réalisateur : Michael Gabriele
Scénariste : Michael Gabriele
Note : 6/10

Avec ses trois filles toujours vivantes, une mère endeuillée du nom d’Ok-sil (Lee Jung-eun) part en excursion en voiture afin de se venger du responsable de la mort de sa plus jeune enfant, qui vient d’être libéré de prison. Leur voyage prend une tournure inattendue qui les force à faire face à leurs sentiments complexes. Ce qui avait commencé comme une quête de vengeance devient un imprévisible périple empreint d’amour, de chagrin et de rédemption.
Comme beaucoup de films coréens, The Journey to Gyeong-Ju est un film mélangeant les genres. Son cinéaste, Kim Mi-jo, utilise des codes du thriller, de la comédie noire, du drame familial, ainsi qu’un petit côté road-movie.
Mais alors que ce mélange des genres est souvent très inégal dans la plupart de ses films, Kim Mi-jo le maîtrise parfaitement. On rit beaucoup, mais on est également très ému, sans oublier les moments de suspense qui fonctionnent bien. Et aucun de ces genres ne piétine l’autre. Tout est d’une fluidité exemplaire.

Ce film vous prendra le cœur. On s’attache à ces trois sœurs et à leur mère, riant de leurs situations rocambolesques, et ce, malgré le fait qu’elles prévoient de tuer quelqu’un à la fin de leur voyage. Sans oublier la fin du film, qui ne tombe heureusement pas dans la facilité et s’avère émotionnellement forte.
Avec ce deuxième film, Kim Mi-jo signe un nouveau grand classique du cinéma coréen. Un film qui ne laissera personne indifférent.
Titre original : The Journey to Gyeong-Ju
Durée : 114 minutes
Année : 2026
Pays : Corée du Sud
Réalisateur : Kim Mi-jo
Scénariste : Kim Mi-jo
Note: 9/10

Azamat et Tancho forment un couple heureux et mènent une vie insouciante, du moins jusqu’à ce qu’Azamat soit pris en chasse par son ami Damir , à qui il doit de l’argent. Le couple croule sous les dettes et Azamat va même jusqu’à éviter sa propre mère pour ne pas avoir à la rembourser. Désespéré de trouver de l’argent au plus vite, Azamat trouve l’inspiration en voyant une boîte de dons dans un dépanneur : pourquoi ne pas faire semblant que Tancho a un cancer de stade quatre et lancer une campagne de sociofinancement pour aider à payer son « traitement » ?
Ce qui est bien avec Fantasia, c’est que l’on peut découvrir des films issus de pays où l’on ne penserait pas qu’il existe une industrie cinématographique. Ce film, Sicko, provient du Kazakhstan, un pays dont la seule vision qu’on a est la parodie de Sacha Baron Cohen dans Borat. Il s’agit là de mon premier film kazakh, et dans son pays d’origine, le long métrage a connu un immense succès au box-office. Mais j’ai rarement eu un sentiment de dégoût et de mal-être aussi fort après le visionnage d’un film.
D’un côté, il est très bien réalisé et monté (malgré quelques lacunes) et les acteurs offrent une excellente interprétation. Et puis, le film nous embarquait dans cette histoire de scam. Mais c’est jusqu’à la dernière partie du film, qui décide d’aller dans des extrêmes franchement non nécessaires.

Avertissement : il est question de violence conjugale. Non seulement c’est assez malsain, cru et dur, mais c’est aussi très direct et sorti de nulle part. Certes, le film parle de l’avarice en nous et de la façon dont l’argent peut facilement nous corrompre, mais il franchit des limites qu’il n’avait pas besoin d’atteindre.
C’est sans parler de la toute fin, absolument atroce et pas du tout satisfaisante, sans parler du fait qu’une sous-intrigue pourtant importante a été complètement oubliée.
Titre original : Auru
Durée : 102 minutes
Année : 2025
Pays: Kazakhstan
Réalisateur : Aitore Zholdaskali
Scénariste : Kazybek Orazbek, Aldiyar Zhaparkhanov
Note: 2/10
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