
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Edwin est un bon gars, du moins c’est ainsi qu’il se voit. Pour le reste des gens, c’est une pinata humaine. Il est maintenant aux prises avec Bastiaan , un intimidateur (et le neveu du directeur) qui entend bien faire de sa vie un enfer après qu’Edwin se soit emporté, alors qu’il était filmé. Le seul ami d’Edwin, le professeur d’éducation physique Peter, suggère de combattre le feu avec le feu, ce qui s’avère être un très mauvais conseil.
Avec ce pitch, difficile de ne pas penser à l’épisode Shut up and Dance de la série Black Mirror, qui reprend le même concept d’intimidation et de blackmail. Néanmoins, si l’épisode de Black Mirror prend son sujet au sérieux et entraîne son personnage principal dans une virée cauchemardesque, le film de Merijn Scholte Albers et Tobias Smeets prend une approche comique.
Car Edwin, le protagoniste, est quelqu’un qui se laisse facilement marcher sur les pieds et qui tente de se défendre face à son nouveau bourreau. Cela va bien sûr mal se passer et lui, et son nouvel ami Peter, vont se retrouver dans une réaction en chaîne de problèmes.

Ça reste une comédie conventionnelle, avec des tropes déjà vus. Mais même s’il ne renouvelle pas la recette, il la prépare très bien. Le film est très drôle, que ce soit les situations pittoresques, des personnages bien caractérisés et une histoire très bien construite. Le tout en étant juste dans ce qu’il raconte et sans jamais être lourd.
Et mention spéciale au personnage de Melchior, le meilleur du film, qui vole chaque scène où il apparaît.
After school est présenté à Fantasia les 20 et 25 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Straf
Durée : 101 minutes
Année : 2025
Pays : Belgique / Pays-Bas
Réalisateur : Merijn Scholte Albers et Tobias Smeets
Scénariste : Merijn Scholte Albers, Caspar Smeets et Tobias Smeets
Note : 7/10
Baldur, un jeune homme s’occupant seul de sa mère Alsa depuis la mort prématurée de son père, mène une existence tranquille en tant que pêcheur. Or, il est appelé à vivre une nouvelle aventure dans les bras d’un inconnu : Helge, un charmant baleinier s’étant échoué sur l’île.

Bien que l’on a l’image du grand séducteur qui hypnotise les jeunes femmes, la figure du vampire a souvent une connotation homosexuelle. Et ce, dès la création du monstre au 19e siècle, étant une créature secrète et transgressive au-delà des normes sociétales, comme les personnes LGBT de l’époque. Plus proche de nous, la romancière Anne Rice en fait sa spécialité avec le roman Interview avec un vampire. Aujourd’hui, alors que l’imagerie gaie est plus présente, les vampires queers continuent d’être dans nos médias, comme par exemple Marceline dans Adventure Time. No Rest for the Wicked de Kasper Kalle est un nouveau représentant du genre.
Et pourtant, le film prend son temps pour présenter toutes ses cartes. La partie vampire n’arrive qu’autour de la moitié du film, car ayant d’abord droit à une longue exposition de cette nouvelle relation. Puis, la partie de l’attaque sur les villageois n’arrive que vers la fin. Le film est donc volontairement contemplatif, se rapprochant de l’elevated horror.
Mais ça joue contre lui. Certes, le film a une bonne ambiance, mais trop peu de choses se passent. Et quand il y a de l’action qui commence, elle est trop courte, peu choquante pour pouvoir nous réveiller, et donc décevante.
Le film est quand même sauvé par une magnifique photographie mettant en valeur les Îles Féroé et par de bonnes performances d’acteur, remontant un peu le long-métrage dans mon estime.
No rest for the wicked est présenté à Fantasia les 22 et 25 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : No Rest for the Wicked
Durée : 103 minutes
Année : 2026
Pays : Danemark / Féroé/ Islande
Réalisateur : Kasper Kalle
Scénariste : Rasmus Birch
Note : 6/10

Lorsque la Petite sœur accepte de faire le guet pour la Grande sœur pendant que celle-ci s’introduit dans la maison isolée d’un imbécile au milieu des bois dans le but de se venger en y volant quelque chose, c’est bien à contrecœur qu’elle le fait. Et si cet homme revenait? Et si la police débarquait? Bon, pire pourrait arriver, comme le fait que la Grande sœur se fasse un mal de dos en plein milieu de son cambriolage mal réfléchi, par exemple. Ce qui bien sûr arrive. Et maintenant, la pauvre Petite sœur doit non seulement s’occuper de sortir de là sa sœur immobilisée, mais tout se complique encore plus quand l’imbécile en question rentre chez lui.
Don’t Breathe, Panic Room, plusieurs films d’horreur ont utilisé le concept d’invasion et de cambriolage de maison; que l’on suit le propriétaire faisant face à des criminels dangereux, ou bien ces derniers qui font finalement face à une menace plus grande. C’est cette voie qu’ont choisie Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer pour leur premier long-métrage, Drag. Mais avec un petit twist.
Le film est avant tout une comédie, car l’une des cambrioleuses du film se retrouve avec un lumbago en pleine infraction. Et c’est sans compter les piques avec sa sœur, prise contre son gré dans cette situation. Mais le film emprunte également à l’horreur, créant un mélange parfait.

Car certaines scènes sont du grand slapstick, mais démontrent bien la douleur des personnages. Il y a des moments cocasses, mais dans des contextes terrifiants. Puis, il y a de nombreux « fusils de Tchekhov » qui rythment le film, dont les résultats ressemblent souvent à une bonne blague.
C’est sans compter sur l’excellente distribution, comprenant Lucy DeVito, le digne héritier de son père Danny, Lizzy Caplan qui prend cher tout le film, puis John Satmos dans un rôle différent.
En bref, un immanquable qui aura heureusement droit à une large sortie au cinéma.
Drag est présenté à Fantasia le25 juillet 2026.
Titre original : Drag
Durée : 86 minutes
Année: 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer
Scénariste : Raviv Ullman et Greg Yagolnitzer
Note : 9/10

Travaillant dans une succursale de la chaîne AnyMart appartenant à son père, Sakai fait son boulot avec apathie et passivité. Suite au départ tragique de son gérant, il lui succède et doit entraîner une nouvelle employée pétillante, Ogawa. Celle-ci a un but précis dans la vie, ce qui ne laisse guère Sakai indifférent. Entre des voleurs à l’étalage désespérés dans une économie qu’ils ne peuvent suivre, et le propriétaire d’un restaurant en difficulté cherchant des clients à tout prix, les deux se rapprochent peu à peu. Toutefois, dans cet écosystème malsain, tous peuvent solidement péter un câble à tout moment.
Pour avoir travaillé cinq années dans une épicerie, notamment pendant le Covid, je peux affirmer que le travail au service à la clientèle à de quoi faire un bon film. Entre clients irrespectueux, moments de vide ennuyants et des collègues pas toujours à l’écoute, ce type de lieu amène une atmosphère particulière avec laquelle le réalisateur Yusuke Iwasaki a décidé de jouer dans AnyMart.
Le réalisateur avait, comme le héros de son film, un père propriétaire d’un konbini au Japon. Il est donc familier avec l’ambiance de ces lieux, où des centaines de clients passent chaque jour et où les employés semblent totalement passifs. Le film retranscrit bien cette froideur, rendant ces interactions presque inhumaines et étranges.

Mais ce qui est encore plus fascinant, c’est le ton très noir que prend le film par la suite. En effet, il émet un profond sentiment de fatalité où beaucoup de personnages craquent sous la pression et commettent l’irréparable. Le tout menant à une finale déchirante avec un triste message.
Certains plans étrangement trop longs sans grande raison m’empêchent de donner une note parfaite, mais AnyMart est une grande réussite, surtout pour un premier film.
AnyMart est présenté à Fantasia le25 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : チルド
Durée : 88 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Yusuke Iwasaki
Scénariste : Yusuke Iwasaki
Note : 8/10
Il y a un nouveau nazi en ville, le général Wilhelm Reuss, et il veut créer le Quatrième Reich. L’agente Becky Hooper est exactement la personne qu’il faut pour le neutraliser.

La série des films Becky a débuté en 2020 avec le film éponyme, où une jeune fille (Lulu Wilson) et son père (Joel McHale) doivent faire face à un groupe de néo-nazi et son leader, incarné par Kevin James. Sa suite, Wrath of Becky, retrouve le personnage titre face à un groupe d’extrémistes dirigé par l’antagoniste, interprété par Sean William Scott. Avec The Last Temptation of Becky, on complète la trilogie, où notre héroïne fera cette fois face à un véritable Nazi, incarné par Neil Patrick Harris.
Et avec tout ça, on ne peut pas s’attendre à un film plein de finesse. Le scénario est très stupide et n’est qu’un prétexte pour voir des Nazis se faire massacrer par une jeune fille. De ce côté, le film est très généreux et propose de nombreuses scènes violentes où le quatrième Reich en prend pour son argent. Une scène dans le climax dont on ne gâchera pas la surprise reste le pinacle du film.
Mais tout le reste est très moyen. La réalisation n’est que fonctionnelle, les scènes d’action font le minimum, les effets spéciaux font cheap et Neil Patrick Harris est sous-utilisé alors que c’est le meilleur acteur du casting.
Un divertissement simple et basique, mais qui rend le meurtre de nazis fun. Et on a bien besoin de voir ça aujourd’hui.
The last temptation of Becky est présenté à Fantasia le25 juillet 2026.
Titre original : The Last Temptation of Becky
Durée : 89 minutes
Année : 2026
Pays : Éats-Unis / Royaume-Uni
Réalisateur : Jenn Wexler
Scénariste : Jenn Wexler, Matt Angel
Note : 5/10
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