
« Okay, mais est-ce qu’il est… vrai comme nous ou pas vrai comme… un jouet? »
Red (Emma Ho) et Blue (Ian Ho) vivent dans une maison complètement automatisée qui répond à leurs moindres besoins. Les lumières s’allument lorsqu’ils entrent dans une pièce, le frigo se remplit quotidiennement, le micro-ondes prépare des repas sans qu’ils aient à appuyer sur le moindre bouton, et chaque jour, une nouvelle VHS contenant une émission sur la ferme apparaît sur la télé.
Depuis plusieurs années, Red et Blue suivent la même routine, qui consiste à manger trois repas par jour, regarder leur émission télé, jouer et dormir. Tout en respectant les quelques règles de la maison, car il y a également Papa. Enfermé derrière sa porte, ce dernier communique avec les jumeaux à travers un interphone, répondant évasivement à leurs questions tout en s’assurant qu’ils respectent les consignes.
Si Blue se plaît dans sa routine, Red commence à montrer des signes d’ennui avec le temps et ne semble pas aussi satisfaite de cette vie que son frère.
Tout change le jour du 42e Noël, lorsque Papa leur présente un nouvel ami. D’abord hésitants et méfiants, Red et Blue finissent par accueillir le nouveau venu qu’ils baptisent Pal (Ess Hödlmoser). Red s’attache rapidement à Pal, allant même jusqu’à lui offrir son lit et ses vêtements. Blue est beaucoup moins enchanté par la présence de Pal, qui ne parle pas et semble étrange.

Les deux enfants sont loin de se douter à quel point l’arrivée de Pal chamboulera leur vie à jamais.
Pour ce film de science-fiction/horreur, le réalisateur Casey Walker a concentré beaucoup de son énergie sur la maison qu’habitent Red et Blue. Lieu unique de l’intrigue, il était important de donner une personnalité et une atmosphère à cette maison. Si, au premier abord, elle ressemble à une maison kitsch, avec un décor digne des années 70, la présence d’une technologie futuriste nous rappelle constamment que les choses ne sont pas telles qu’on nous les présente.
On a parfois l’impression de voir une maison imaginée par quelqu’un à qui l’on aurait raconté ce à quoi une maison devait ressembler, sans jamais y avoir vécu.
Le bleu et le rouge sont également des couleurs prédominantes dans le film, puisqu’elles servent à indiquer ce qui appartient aux enfants. Ce qui est rouge appartient à Red et ce qui est bleu appartient à Blue. Tout est bien divisé et égal entre les deux enfants. Cependant, Mais quand Pal arrive, il porte un habit blanc, jusqu’à ce que Red lui offre un de ses ensembles, créant indirectement un déséquilibre.Il y a maintenant plus de rouge que de bleu dans la maison, et on comprend facilement comment Blue peut se sentir mis de côté.
L’histoire de Home Bodies est simple, mais implique beaucoup de connaissances que le récit ne nous donne pas. On sent qu’il y a plus à l’intrigue et c’est correct de ne pas avoir toutes les réponses à la fin… Mais il serait agréable que les réponses données ne nous en créent pas davantage.

Si on peut y voir un récit d’émancipation ou une allégorie de la caverne, l’histoire de Red et Blue est confuse et part dans plusieurs directions, sans réellement aboutir quelque part. C’est bien d’avoir un second degré dans une intrigue, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’histoire.
Heureusement, les deux acteurs principaux, Emma et Ian Ho, qui sont réellement jumeaux et possèdent déjà plusieurs crédits à leur actif, ont une chimie naturelle et suffisamment d’expérience pour porter le film sur leurs épaules.
Casey Walker est un réalisateur d’expérience. Il a dirigé plusieurs émissions de télévision et des longs métrages, dont Ithaqua (qui doit également sortir en 2026 et qui met en scène Luke Hemsworth). Il a su donner beaucoup de vie au scénario. Cependant, le dénouement n’est pas satisfaisant et nous laisse avec plus de questions.
Homes Bodies est présentée au Festival Fantasia le 23 juillet 2026.
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