
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.
Plusieurs années après la dissolution de leur troupe d’humoristes, Simple Town, Will, Caroline et Felipe retrouvent leur ancien collaborateur Sam, le seul d’entre eux à avoir connu le succès à Hollywood avec le film The Gummy Bears Movie. Le week-end de retrouvailles nostalgique a lieu dans son manoir isolé au milieu des bois. Alors que les trois tentent d’élaborer un plan pour décrocher un rôle dans la suite que Sam s’apprête à tourner, des secrets sombres sont révélés, et ces comédiens sur le déclin découvrent ce que signifie vraiment tuer.

Pour les humoristes, le passage au cinéma devient une évidence lorsque la notoriété arrive. Mais bien que la voie de la comédie soit la direction évidente à prendre, le groupe Simple Town, composé de Will Niedmann, Sam Lanier, Ian Faria, Caroline Yost et Felipe Di Poi, a pris une voie différente pour leur début au cinéma. À la manière de Jordan Peele avec Get Out et de Curry Barker avec Obsession, la troupe d’humoristes, aussi connus pour leurs sketchs, se sont tournés vers l’horreur avec Big Break, mais ne délaissant pas pour autant l’humour.
Grosse particularité du film, le groupe joue des versions fictives d’eux-mêmes. Cela permet de rire d’eux-mêmes, mais également de parler d’amitié, de comment elle peut être soudée, mais aussi fragile quand quelqu’un la délaisse. Ici, c’est pour le personnage de Sam, devenu célèbre après son passage à Hollywood. Le film critique également le culte de la célébrité, amenant le pire chez les gens pour un résultat qui ne vaut pas tous ces sacrifices. Le twist du milieu le démontre bien.
On sent aussi que c’est un film fait entre amis, l’alchimie entre les personnages principaux fonctionnant très bien, chacun ayant sa part dans le film. Mais cela amène aussi le film à s’éparpiller, se concentrant sur trop de sous-intrigues. Il aurait fallu mieux organiser le tout, même si ça veut dire donner plus d’importance à quelqu’un de spécifique.
Le film reste quand même fort sympathique, avec de bons moments humoristiques et pleins de petits détails amusants.
Big break est présenté au festival Fantasia les 19 et 21 juillet 2026.
Titre original : Big Break
Durée : 87 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : Ian Faria
Scénariste : Samuel Lanier
Note : 6/10

Bayu n’a pas seulement espoir de remporter un tournoi régional, mais a carrément besoin d’une victoire pour garder le moral. En effet, la vie est dure dans ce petit coin de campagne, puisqu’une agence immobilière sans scrupules fait pression sur les villageois, et qu’en plus le père de Bayu s’adonne être un fainéant irrécupérable. Le jour où il fait la connaissance de Laksmi, une fille de la grande ville en quête de sérénité à la suite d’un deuil. Bayu pourra l’aider à trouver la quiétude qu’elle cherche, et elle pourra l’aider, lui, à gagner son tournoi. Ce qu’il est important de savoir, c’est que Bayu est un spirite : il possède le don d’absorber l’esprit de n’importe quelle créature et de redistribuer cette essence vitale à quelqu’un d’autre grâce à la musique transcendantale jouée lors des rassemblements sacrés.
Notre regard occidental peut percevoir d’un œil consterné certains rituels venus d’autres contrées, en particulier ceux venant de pays aux croyances éloignées des religions judéo-chrétiennes. Avec Levitating, Wregas Bhanuteja nous fait explorer une de ces pratiques.
Il nous amène dans le milieu des shamans, où ces derniers organisent des danses où les participants entrent dans des sortes de transe dans lesquels ils se sentent possédés par l’esprit d’un animal. Si cela semble compliqué à appréhender, le film arrive à rendre le concept accessible.

Car la structure du film se base sur une compétition pour devenir le nouveau spirite du village, la corporation menaçant les habitants en plus. Il prend aussi la forme d’un coming-of-age, avec un amour d’adolescence. Tout ça permet de mieux nous immerger de ce milieu.
La réalisation aide également, montrant directement à l’image la sensation que reçoivent les participants, ainsi que les pensées intérieures du personnage principal, remplies de tourments.
Le film aurait cependant gagné à être plus court, avec quoi il aurait été haut dans le classement de ce Fantasia 2026.
Levitating est présenté au festival Fantasia les 18 et 21 juillet 2026.
Titre original : Para Perasuk
Durée : 119 minutes
Année : 2026
Pays : Taïwan / France / Singapour / Indonésie
Réalisateur : Wregas Bhanuteja
Scénariste : Alicia Angelina, Wregas Bhanuteja et Defi Mahendra
Note : 7/10

Dans le Hollywood de 1930, au beau milieu de la nuit, une équipe de tournage itinérante travaille à ce qui sera appelé à devenir l’un des plus grands succès de l’année : un certain film de vampire mettant en vedette un acteur hongrois immensément populaire. La version originale anglaise était réalisée durant la journée, et une seconde version en Espagnol est produite pendant la nuit, par une équipe différente. Alors que l’acteur espagnol est forcé d’imiter la vedette anglophone, une rivalité s’installe tandis que de brutaux meurtres frappent le studio.
Los Vampires prend une approche mêlant biopic et film d’horreur, ajoutant des éléments horrifiques dans une histoire s’inspirant du tournage de la version espagnol de Dracula de George Melford, sorti en même temps que la version avec Bela Lugosi. Un pitch qui rappelle le film Shadow of the Vampire de E. Elias Merhige, relatant le tournage de Nosferatu en s’inspirant des rumeurs que l’acteur Max Schreck était un véritable vampire.
Los Vampires n’utilise cependant pas les vrais noms de l’époque, car il prend pas mal de libertés avec les faits historiques. On reconnait quand même Bela Lugosi dans le personnage d’Orlov, superbement interprété par Thomas Kretschmann. Sa rivalité avec son pendant espagnol, interprété par Henry Ian Cusick, est très bien amenée et représente bien le culte de l’acteur des années 30 à Hollywood, dont le désir de devenir immortel en donnant la meilleure interprétation de Dracula. Le film est également ponctué de petits détails et références pour les cinéphiles.

Le jeu des acteurs est très particulier, restant plus lancinant. Cela ajoute à l’ambiance particulière du film, baignant dans une sorte d’onirisme macabre. Une ambiance accentuée par la production design sublime du film, tout comme sa superbe photographie. Et c’est d’autant plus impressionnant que le film ait été fait en seulement 15 jours.
On sent quand même les moyens limités du film, notamment dans le nombre restreint de décors, et le film souffre de quelques petites longueurs. Mais ça reste un gros coup de cœur.
Levitating est présenté au festival Fantasia les 18 et 21 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Los Vampires
Durée : 105 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : Craig Mitchell
Scénariste : Craig Mitchell
Note : 8/10
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