
« Les problèmes mentaux sont ma famille. »
Élyse (Morgan Holmstrom) a du mal à se remettre du suicide de sa mère, survenu il y a quelques années. Cela lui cause plusieurs soucis au quotidien et provoque des tensions avec sa grande sœur Nikki (Darla Comtois). Après un incident au travail, elle décide de prendre un congé pour prendre soin d’elle-même, seule, contre l’avis de Nikki.
Élyse se rend dans l’ancienne maison de sa tante, où sa mère est décédée. Son arrivée ne se déroule pas comme elle l’avait prévu. N’ayant pas la clé, elle doit dormir dans sa voiture et c’est avec l’aide d’un étrange voisin un peu louche, Max (joué par Josh Strait), qu’elle parvient à entrer dans la maison.
La maison est inhabitée depuis la mort de sa mère et Élyse a beaucoup de travail pour la rendre plus confortable pendant son séjour. Mais le danger semble provenir de l’intérieur de la maison. La nuit, elle entend d’étranges bruits : la poignée de la porte de sa chambre bouge, comme si quelqu’un voulait entrer. Pire, elle découvre un immense trou sous son lit.

Si, au début, elle pense que ce sont des ratons laveurs ou même son voisin douteux, après quelques nuits, Élyse est forcée d’admettre que quelque chose d’étrange se trouve dans cette maison.
Tim Riedel écrit et réalise son premier long-métrage, dont le sujet est très personnel pour lui. Le réalisateur canadien s’est inspiré de son vécu, puisque sa mère a subi la rafle des années 60 et a reçu un diagnostic de trouble de la personnalité limite.
Dans son film, on voit le désir de parler de la maladie mentale au sein d’une famille qui a vécu beaucoup de traumatismes, et de la façon dont chacun essaie de les surmonter. Son actrice principale, Morgan Holmstrom, apporte beaucoup de vulnérabilité et de force au personnage d’Élyse, ce qui la rend très attachante et nous donne envie de suivre son histoire.

Tim Riedel parvient aussi à nous transmettre comment l’anxiété d’Élyse se manifeste, que ce soit par des effets visuels ou sonores bien choisis, ainsi que lors d’un montage particulièrement angoissant dans une salle d’entraînement. J’ai bien aimé le choix de ce lieu anodin pour donner à Élyse une crise de panique, car cela permet de montrer aux spectateurs que ce genre de crise peut survenir à tout moment et dans n’importe quel endroit.
Malheureusement, Tim Riedel avait beaucoup à dire et on a l’impression qu’il n’est pas allé autant en profondeur qu’il aurait dû. La relation entre Élyse et sa sœur Nikki manque de substance et on ne passe pas assez de temps avec elle pour bien comprendre le ressentiment au cœur de leur dynamique. L’intrigue nous donne plusieurs indices qui expliquent la dysfonction qui existe entre les deux sœurs, mais rien qui ne puisse justifier le dénouement du film.
Le concept des créatures qui hantent la maison est intéressant et le design est original, mais la manière de fonctionner de ces monstres est plutôt aléatoire par moments et ne semble parfois servir qu’à faire avancer l’histoire, au lieu d’être au service de celle-ci.

Plusieurs personnages secondaires sont aussi introduits au milieu du film et ne sont pas aussi développés qu’ils auraient pu l’être. Bien qu’ils représentent un modèle d’amis positif pour Élyse, permettant de lui donner un peu d’espoir et un sentiment de communauté, leur présence alourdit davantage le récit.
Ancestral Beasts a plusieurs des défauts propres à un premier film, ce qui est normal puisqu’il en est un. Cependant, Tim Riedel parvient tout de même à nous donner des moments de tension ainsi que des scènes justes et émouvantes, particulièrement celles qui abordent les enjeux de la santé mentale du personnage d’Élyse.
Un premier film imparfait, mais avec du cœur.
Ancestral Beasts est présentée au Festival Fantasia les 22 et 28 juillet 2026.
Bande-annonce
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