Journal de Fantasia 2026 Jour 5 - Une

Journal de Fantasia 2026 | Jour 5

Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Our Effed Up World

Alors que Sheri fait le deuil de sa grand-mère, une mystérieuse entité s’écrase dans les bois. Bientôt, Sheri et ses amies seront tout ce qui reste entre le monde et une menace extraterrestre qui s’apprête à tout dévorer.

Our Effed Up World

Alice Maio Mackay est devenue, depuis la projection de T-Blockers en 2023, une habituée de Fantasia, présentant chaque année suivante un nouveau long-métrage. Elle est reconnue pour ses films d’horreur, mais avec un message optimiste et traitant de la transidentité, utilisant des monstres comme métaphore de la transphobie. Après Carnage for Christmas et The Serpent’s Skin, elle s’intéresse cette fois-ci aux extra-terrestres avec Our Effed Up World, notamment produit par Jane Schoenbrun.

Le petit twist est qu’une grande partie du film prend le schéma du film de slackers, popularisé par des films comme Dazed and Confused de Richard Linklater et Clerks de Kevin Smith. Cette partie fonctionne bien, surtout grâce au trio d’actrices principales qui amènent de la vie à leurs personnages, ce qui permet de s’attacher à elles. Le film pose également de bons messages sur la nostalgie, l’importance de se relier aux autres et de voir les bons côtés des choses, même quand des extra-terrestres attaquent. 

Néanmoins, cette partie, qui est la plus intéressante du film, est sous-développée. Les Aliens ont un design intéressant, mais ils semblent plus être une parenthèse au film, comme s’ils étaient mal intégrés. Et quand le film s’y attarde, il devient confus lançant plein de théories qui ne sont pas nécessaires.

La réalisatrice a cependant affirmé que le film était fait comme un épisode pilote de série. Avec plus de travail, il vaudrait le coup.

Our effed up world est présenté au Festival Fantasia les 18 et 20 juillet 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : Our Effed Up World
Durée : 67 minutes
Année : 2026
Pays : Australie
Réalisateur : Alice Maio Mackay
Scénariste : Alice Maio Mackay, Benjamin Pahl Robinson
Note : 5/10

Beasts Clutching at Straws

Beasts Clutching at Straws - Poster

Kanji est un jeune streamer travaillant dans un café internet qui doit prendre soin de sa grand-mère lourdement atteinte de la maladie d’Alzheimer. En nettoyant la cabine privée d’un client parti sans payer, il découvre un sac contenant 100 millions de yens en petites coupures. Bientôt, ce sera le destin de plusieurs personnages hétéroclites qui s’entremêlent autour de ce sac.

Le film d’Hideo Jojo, qui présente également le film Nameless cette année, adapte le roman éponyme de Keisuke Sone, ayant déjà eu droit à une adaptation cinématographique sud-coréenne en 2020.

Le film suit plusieurs personnages, comme un jeune homme devant s’occuper de sa grand-mère sénile, un policier véreux impliqué avec les Yakuzas ou bien une femme abusé par son mari. La grande originalité du film est qu’il s’établit sur plusieurs temporalités, finissant par se rejoindre.

Beasts Clutching at Straws

Une idée prometteuse, mais mal gérée. En effet, le montage est assez confus et mal planifié, avec des transitions qui deviennent vite ridicules. Il a aussi des problèmes de rythme, le 1h30 ressemblant plus à 2h. Le tout ponctué par d’innombrables twists.

Le film a quand même ses bons moments, comme le Yakuza fleuriste, mais rien qui n’améliore tous les problèmes.

Our effed up world est présenté au Festival Fantasia le 20 juillet 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : Wara Nimo Sugaru Kemonotachi
Durée : 94 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Hideo Jojo
Scénariste : Hideo Jojo, Yasuko Kobayashi
Note : 5/10

Penny Lane is Dead

C’est l’été torride de 1986 dans le sud de l’Australie. Penny Lane a été acceptée à l’université et est prête à célébrer. Avec ses meilleures amies Toni et Amy , elle se rend à une maison isolée sur une plage pour un « événement sans bite ». La fête vire au drame lorsque sa cousine toxique, Kat s’invite avec des petits gâteaux louches et des intentions néfastes.

Pour son premier film, la cinéaste australienne Mia’Kate Russell s’est essayée au le genre du Survival Horror (horreur de survie). À la manière des jeux vidéo du même nom, un ou plusieurs personnages doivent essayer de rester en vie face à une dangereuse menace déterminée à leur faire du mal, parfois des humains. Pensez à Green Room de Jeremy Saulnier,  Assault on Precinct 13 de John Carpenter ou Pontypool de Bruce McDonald, au programme de Fantasia cette année. Mais une autre inspiration est le rape and revenge, mais avec un twist.

Penny Lane is dead

Car, si dans ce genre de films il y a une confrontation entre la victime féminine et le perpétrateur masculin, le véritable cœur du film est le personnage de Kat, la cousine de la victime et principale antagoniste. 

Cette dernière est elle-même une victime d’une relation toxique. Mais au lieu de se battre pour en sortir, elle se laisse prendre et préfère cracher sa rage sur le reste du monde. C’est elle qui fait le principal charme du film, l’actrice Sophia Wright-Mendelsohn offrant une performance spectaculaire.

Et bien que le film n’apporte rien de nouveau au genre et aurait mérité un peu plus de moments-chocs, on a quand même droit à un très bon film de survie, avec un brin d’humour et d’excellentes scènes gore (le grattoir).

Penny Lane is dead est présenté au Festival Fantasia le 20 juillet 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : Penny Lane is Dead
Durée : 88 minutes
Année : 2026
Pays : Australie
Réalisateur : Mia’kate Russell
Scénariste : Mia’kate Russell
Note : 7/10

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