Journal de Fantasia 2026 jour 4 - Une

Journal de Fantasia 2026 | Jour 4

Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurai ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud sur les films visionnés à chaque jour, mais également un compte rendu des évènements.

Niko

Niko - poster

Durant une période trouble dans un Séoul dystopique, où un couvre-feu et un confinement sont en vigueur, une scénariste du nom de Niko travaille à temps partiel en tant que compagne pour les gens qui ont perdu leurs clés et qui sont embarrés à l’extérieur de chez eux. Se sentant déconnectée et sans raison d’être, elle disparaît soudainement. Alors que son copain Jeremy et sa nouvelle amie Jiyoon s’efforcent de localiser Niko, un triangle amoureux inattendu se développe. Pendant ce temps, Niko tente de retrouver son espoir en l’humanité et en l’amour.

Pour son premier long métrage, le réalisateur Julien Birban Levy, qui est originaire de France, a un argument de poids en mettant en avant dans son casting Tiffany Young, membre du groupe de K-Pop Girls’ Generation.

Cette dernière tient le rôle-titre, une fille qui tient compagnie aux personnes enfermées hors de chez elles  dans un Séoul dystopique où un couvre-feu est imposé à tout objet digital et où le futur est incertain. c’est une personne qui offre donc un peu d’espoir dans ce triste monde.

Du moins, on nous le dit. Car mis à part les annonces au mégaphone et les personnages qui  répètent sans cesse que tout va mal, on ne ressent pas vraiment ce monde dystopique. Le film se serait déroulé aujourd’hui, ça n’aurait rien changé.

Niko

Ajoutez à ça un film qui aurait pu enlever 40 bonnes minutes à sa durée, des dialogues plus proches de débats de cours de philo que d’une vraie conversation et des acteurs peu convaincants, et l’on a droit à un film prétentieux et ennuyeux. Il y a peut-être juste Tiffany Young qui brille un peu.

Donc, pour le moment, c’est le mouton noir du festival. Au moins, Her Private Hell savait faire réagir.

Niko est présenté au Festival Fantasia le 17 et 19 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Niko
Durée : 120 minutes
Année : 2026
Pays : Corée du sud
Réalisateur : Julien Birban Levy
Scénariste : Julien Birban Levy
Note : 2/10

La Gammick

Inspiré d’un fait divers remontant aux années 1950, le film raconte l’histoire de François « Chico » Tremblay, un Québécois moyen ayant appartenu à la pègre locale et qui se retrouve confronté à la toute-puissante mafia américaine.

La gammick

Le cinéma québécois n’est pas étranger au cinéma de genre,aujourd’hui comme par le passé. En tant qu’événement majeur qui met à l’honneur ce type de cinéma, Fantasia a toujours le plaisir de projeter de vieux films de genre d’ici, ce qui est rendu possible par un partenariat de longue date avec la plateforme Éléphant. Cette année, c’est un film de gangsters des années 70 qui est présenté.

Mais le film de Jacques Godbout (d’IXE-13) ne s’inscrit pas dans le romantisme du Parrain. Il propose un portrait social, où la mafia est représentée par la classe populaire québécoise, plus précisément par Chico, superbement interprété par Marc Legault. Ce n’est pas le plus brillant, mais c’est le plus travailleur et le plus loyal. Il s’est cependant mis dans le trouble et, sachant ses heures comptées, il  raconte tout à la radio.

Plus que pour le milieu de la mafia, c’est dans cette partie que le film brille. Un cri du cœur qui ébranle le monde autour de lui, tel un citoyen qui crie contre la société qu’il blâme.

Un très bon classique du cinéma québécois, avec des visages connus, et qui vaut la peine d’être découvert.

La Gammick est présenté au Festival Fantasia le 19 juillet 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : La Gammick
Durée : 86 minutes
Année : 1974
Pays : Québec
Réalisateur : Jacques Godbout
Scénariste : Jacques Godbout, Pierre Turgeon
Note : 8/10

Redline

Redline - affiche

À travers toute la galaxie, les fans de course automobile attendent avec impatience la tenue du Redline, une compétition lors de laquelle les pilotes les plus déterminés s’affrontent à bord de leurs puissants bolides blindés. Les enjeux sont énormes pour les vedettes Sweet JP et Sonoshee « Cherry Boy Hunter » McLaren, de même que pour tous les autres fous du volant qui prennent part à cette périlleuse épreuve. Non seulement les concurrents ont-ils le droit d’attenter à la vie de leurs adversaires, mais en plus, les seigneurs cyborgs de Roboworld, où se tiendra le Redline, ont menacé d’exterminer l’ensemble des participants si aucun d’entre eux ne se décide à utiliser une arme biologique secrète appelée Funky Boy!

Produit par le Studio Madhouse (Vampire Hunter D : Bloodlust, Metropolis, les films de Satoshi Kon) et premier long-métrage de Takeshi Koike (Lupin the Third: The Woman Called Fujiko Mine), Redline est un classique de l’animation japonaise. Bien que le film ait été un flop, notamment dû à son budget qui avait explosé pendant la production de sept ans, il fut par la suite reconsidéré pour son animation, entièrement faite à la main. Fantasia a popularisé le film en le mettant dans sa programmation il y a 15 ans, et il rend hommage à son film en le représentant pour le 30e anniversaire du festival.

Redline

Si votre seule expérience de l’animation japonaise est les films Ghibli, voir Redline sera similaire à se retrouver dans une voiture à toute vitesse. Tout est over the top, que ce soit les séquences de course qui vont à fond à l’heure, les chara designs tous plus originaux les uns les autres, les personnages qui semblent tous avoir pris une douzaine de cafés ou bien l’univers plus grand que nature.

Sans oublier l’animation qui est une pure folie. Il aura fallu 100 000 dessins pour faire ce film. Un travail gargantuesque qui a failli couler le studio, mais dont le résultat nous offre des images inoubliables.

On lui excusera un scénario peu profond, mais qui est juste un prétexte pour dessiner des courses à haute vitesse.

Redline est présenté au Festival Fantasia le 19 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Reddo Rain
Durée : 102 minutes
Année : 2009
Pays : Japon
Réalisateur : Takeshi Koike
Scénariste : Takuya Kimura, Yu Aoi et Tadanobu Asano
Note : 8/10

You Are the Film (Coup de coeur)

You Are the Film - Affiche

Madoka est scénariste, et Kazuma est musicien, mais jamais n’auraient-ils imaginé qu’une simple séance de cinéma relaxante se déroulerait ainsi : chacun d’eux peut voir l’autre en direct au grand écran. Madoka est le film de Kazuma, et vice versa! Ils sont capables d’interagir, de guider leur vis-à-vis et de corriger ses erreurs en temps réel, malgré le fait qu’ils soient séparés par une distance de trois kilomètres, ce qui représente quarante-cinq minutes de marche. Comment est-ce possible?

Makoto Ueda n’est pas un néophyte de Fantasia. Il a scénarisé les films Beyond the Infinite Two Minutes en 2021, River en 2023 et Rewrite en 2025, tous présentés dans le cadre du Festival. Ces trois films parlent également de voyage dans le temps, qui est devenu un thème de prédilection pour le scénariste. Cette année, il passe pour la première fois derrière la caméra pour You are the Film, une toute autre expérience.

Car cette fois-ci, il joue la carte du méta. Les deux protagonistes peuvent se voir dans le film qu’ils regardent, et même interagir entre eux. Un concept original qui rend le film très drôle et loufoque, tout en se situant dans un seul lieu intelligemment exploité. Le film prend même des directions inattendues.

You Are the Film

La réalisation est aussi bien pensée, privilégiant les plans-séquences. Parce que si la vie des personnages est un film, autant le filmer comme on perçoit le monde. Le film aurait même mérité d’aller plus loin, parce qu’avec seulement 67 minutes, on en demande plus.

Un film original qui va vous surprendre.

Your are the Film est présenté au Festival Fantasia le 19 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : You Are the Film
Durée : 68 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Makoto Ueda
Scénariste : Makoto Ueda
Note : 8/10

Attack on Paradise

Tout juste sorti de prison après sept ans d’incarcération, Suleyman ne souhaite qu’une chose : retourner au complexe Paradise d’Anvers et passer du temps avec sa mère malade. Mais le Paradise ne mérite plus son nom. Le baron de la drogue Prince Hamza a pris le contrôle des lieux, s’est installé au dernier étage et a fait de Paradise sa forteresse personnelle. À peine Suleyman est-il arrivé que la police fait une descente au Paradise, opposant des policiers en infériorité numérique et moins bien équipés à l’armée privée du Prince. Faisant désormais équipe avec Yasmine, une jeune policière, Suleyman n’a désormais plus qu’un objectif : protéger sa mère et la faire sortir du Paradise avant que la situation ne s’aggrave, mais ça ne sera pas facile.

Attack On Paradise

Dur de ne pas penser à The Raid en voyant ce film. C’est même une influence majeure pour les créateurs. Mais contrairement au film de Gareth Evans qui nous fait suivre un policier, on prend le point de vue d’un civil pris dans cette guerre, possédant toutefois les aptitudes nécessaires pour protéger sa famille.

On note des prouesses plutôt impressionnantes de l’acteur Saïd Boumazzoughe, qui a initié le projet et qui n’est pas habitué à ce type de rôle. L’action est globalement au rendez-vous dans le film. Rien de bien nouveau ni de hautement spectaculaire, mis à part quelques scènes comme celle filmée en vue à la première personne avec une lumière tactique, mais le divertissement, violent est bel et bien présent.

Le scénario mériterait cependant plus de peaufinage. Il y a certes un aspect jeu vidéo pas désagréable, mais l’écriture des personnages est assez pauvre, notamment celle des méchants, très stéréotypés. Le film met également de côté son propos sur les milieux défavorisés, ainsi que l’indifférence et la discrimination de la police envers eux.

Le film reste une bonne proposition d’action, ce qui est rare venant de Belgique.

Attack on Paradise est présenté au Festival Fantasia le 19 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Attack on Paradise
Durée : 96 minutes
Année : 2026
Pays : Belgique, Pays-Bas
Réalisateur : Bob Colaers
Scénariste : Said Boumazoughe, Sven Huybrechts, Salahdine Ibnou Kacemi
Note : 6/10

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