Journal de Fantasia 2026 jour 3 - Une

Journal de Fantasia 2026 — Jour 3

Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

The Delinquent

The Delinquent Poster

Nous sommes à Hong Kong, dans les années 1970, et Ah Chang vient de se faire congédier d’un autre emploi. L’avenir est déprimant. Surtout qu’il se retrouve constamment dans le trouble avec les triades locales, subissant quelques blessures, mais finissant toujours par les battre. Un jour, toutefois, les crapules décident de voler une chambre forte protégée par son père. 

Si Fantasia est surtout une vitrine pour les films à venir, le festival programme également des vieux films, la plupart étant des versions restaurées par leur partenaire physique, comme Arrow Video, montrant chaque année un film de la Shaw Brothers. Cette année, c’est de The Delinquent.

Réalisé par les réalisateurs phares du studio Chang Cheh (5 Venoms) et Kuei Chih-Hung (The Boxer’s Omen), The Delinquent quitte la Chine ancienne pour le Hong Kong contemporain, où l’on suit un bagarreur pris dans le crime organisé.

Hang Cheh apporte au film son attrait pour le héros tragique, alors que Kuei Chih-Hung apporte sa réflexion sur les injustices sociales et sa mise en scène expérimentale. Les deux styles clashent souvent, par contre, pis le film a vieilli sur certains aspects, notamment sa représentation des personnages féminins.

The delinquent

Les scènes d’action sont quant à elles super, surtout le climax, violent, sanglant,  glorieux et mémorable.

The Delinquent est présenté au festival Fantasia le 18 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : The Delinquent
Durée : 106 minutes
Année : 1973
Pays : Hong Kong
Réalisateur : Chang Cheh et Kuei Chih-Hung
Scénariste : Ni Kuan
Note : 7/10

Break Free (Coup de coeur)

Break Free - Poster

Les temps sont pénibles pour le clan Mikami, reconnu pour son approche traditionnelle, voire rétro, dans le milieu des yakuza. Leur meilleur dur à cuire, Kunio, un homme extrêmement brutal, mais noble, et ses collègues cherchent désespérément de nouvelles sources de revenus lorsqu’une jeune femme filme une altercation l’opposant à un passant arrogant méritant quelques taloches. L’interdiction de dégommer les civils le pousse à l’intimider avec une danse surréaliste, mais efficace, qui se retrouve immédiatement sur TikTok. Le lendemain, son patron est furieux devant cette autohumiliation publique, mais le nombre de vues et les commentaires positifs lui donnent une idée : se faire un maximum de pognon grâce à la popularité que Kunio a involontairement acquise sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’il s’inscrit dans une école menée par une ancienne danseuse professionnelle dont l’attitude combative et charmante ne le laisse pas indifférent.

La figure au Yakuza a été très romancée dans le cinéma japonais. En même temps, ces derniers restent un véritable problème dans le pays et prennent d’un mauvais œil ceux qui les critiquent. De ce fait, faire une comédie sur les Yakuzas peut sembler étrange, surtout quand le pitch est que l’un d’entre eux apprend à danser.

Résultat ? Break Free est mon premier petit coup de cœur de ce Fantasia 2026. Le film est très drôle, s’amusant avec le contraste entre le monde brutal et violent des Yakuzas. Plusieurs scènes m’ont apporté un véritable fou rire. L’acteur principal, Akito Fujii, amène beaucoup à l’humour du film, son visage et son physique jouant également sur le contraste du film.

Break free

Il est également très bon danseur, que ce soit dans la vraie vie ou dans le film. Les scènes de danse sont bien chorégraphiées, tout comme celles de combat, ce qui rend le film dynamique et nous fait apprécier cette danse.

Break free est présenté au festival Fantasia le 18 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Odore! Yakuza
Durée : 104 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Yu Nakamoto
Scénariste : Yu Nakamoto
Note : 8/10

Cherry and Vírgin (Coup de coeur)

Cherry and Vírgin - Affiche

Ami et Ryo ont beaucoup de choses en commun. Tous deux ont environ 30 ans, et tous deux font du dessin. Ami travaille comme illustratrice commerciale, et Ryo crée des mangas érotiques, ce qui est plutôt ironique, car ils ont également autre chose en commun : intelligents, mais maladroits socialement, aucun n’a jamais eu de relation sexuelle. Pour tenter de remédier à cette situation, ils établissent le contact grâce à une application.

L’animation c’est pour les enfants, les adultes s’y perdent. Ceux qui ont encore cette pensée archaïque devraient, de un, se donner une claque et, de deux, voir ce film, la première grosse claque de ce festival.

Une magnifique comédie romantique, qui dépeint avec justesse les réalités des relations amoureuses. Et petite originalité, les deux protagonistes sont des genres de« incels ». Mais au lieu de les dénigrer, on les trouve sympathiques, comprenant leurs troubles émotionnels et souhaitant qu’ils sortent de leurs préavis complaisants face à l’autre sexe.

Mais l’idée de génie du film est le mélange des styles d’animation, la plupart des personnages étant représentés par la façon qu’ils dessinent. Un procédé propre au réalisateur Masanao Kawajiri, qu’il avait déjà expérimenté dans son court-métrage A Japanese Boy Who Draws. Le style permet non seulement au film de se démarquer, mais apporte un vrai propos sur comment chacun perçoit le monde.

Cherry and Vírgin

Un film drôle, inventif, touchant et bien pensé. Bref, un petit bijou.

Cherry and Vírgin est présenté au festival Fantasia le 18 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Cherry and Vírgin
Durée : 87 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Masanao Kawajiri
Scénariste : Misato Kaga
Note : 9/10

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