
« I’ve seen what you’ve done! »
[J’ai vu ce que tu as fait!]

En quête de paix après la mort de sa mère, Ellen se retire dans une petite ville rurale et accueille son cousin Winthrop, profondément traumatisé. Leur fragile équilibre familial vole en éclats lorsqu’un voisin étrange les avertit que Winthrop est dangereux. Alors que d’étranges phénomènes se multiplient, Ellen se retrouve au cœur d’un mystère qu’elle n’aurait jamais soupçonné.
Dernièrement, j’ai été très occupé. Disons qu’il a fallu que je remette mes priorités sur certaines tâches et/ou personnes afin de contribuer à un mieux-être global (du moins autour de moi, et pour le moment). Dans ces cas-là, il arrive qu’au profit de ce que nous voulons de mieux, nous délaissions le reste, trop souvent pour le pire. En tout cas, c’est ce sentiment qui m’envahit alors que je me remémore mon visionnement du film LOCKBOX (2026) réalisé par Daniel Stamm, et non pas celui de 2025 réalisé par Tom Whitus. C’est incroyable le nombre de fois où des films peuvent paraître sur nos écrans avec le même titre en si peu de temps et avoir des scénarios entièrement différents.

Ce LOCKBOX est un magnifique suspense trempé dans le surnaturel basé sur la série balado Knifepoint Horror de Soren Narnia. Une autre découverte : je ne savais pas que certains auteurs s’adonnent à ce genre de format de production d’horreur (que voulez-vous, je ne suis pas un grand internaute). L’idée est en soi très intéressante puisque le titre ne laisse pas entendre grand-chose quant au contenu du film. J’ai donc été absorbé dès les premiers instants, surtout lorsqu’il s’agit d’un homme anonyme dans le coffre d’une fourgonnette, paniqué à l’idée de retourner voir un petit garçon en chaise roulante. Bien évidemment, la scène coupe pour nous présenter la protagoniste, Ellen, interprétée par Carla Gugino (cette fois-ci sans accent), alors qu’on lui confie la garde de son cousin, Winthrop, interprété par Lou Taylor Pucci, traumatisé par ce qui semble être les horreurs de la guerre.
Petite remarque : j’ai vu beaucoup de films dans les douze derniers mois concentrer une bonne partie de leur horreur sur un enfant. ‘’Classique’’, me direz-vous sans doute, mais n’empêche que le look est étrangement toujours le même. Vous savez, le look d’Eleven dans Stranger Things ? Ce n’est pas un reproche nécessairement, mais c’est le même dans Bring Her Back et dans Weapons et dans Good Luck, Have Fun, Don’t Die et j’en passe. Heureusement, Daniel Stamm y va aussi avec une dose équivalente à l’horreur de The Mummy de Lee Cronin.
Si j’ai donné des points pour l’originalité, cela m’attriste d’avoir à en enlever pour la cohérence. Pas au point de s’effondrer, loin de là, mais on aurait quand même pu mettre un sous-verre sous l’une des pattes pour remettre le scénario à niveau. La trame narrative n’est pas plate, au contraire, l’intrigue est entraînante et on se retrouve plus souvent à vivre l’instant plutôt qu’à tenter sans relâche d’élucider le mystère. Cependant, la prémisse et le dernier acte s’accordent difficilement avec l’atmosphère à la fois lourde et éthérée des trois quarts du film.

J’ai pu voir le film d’horreur de l’heure, Obsession, et malgré mon appréciation marquée pour le film, j’entrevois ici un parallèle avec LOCKBOX. J’ai l’impression que le milieu cinématographique devient tellement effréné que cela empêche les nouvelles générations de réalisateurs et de scénaristes de prendre le temps qu’il faut pour faire une œuvre sans transformer leur vie en un refrain des Vulgaires Machins. N’y a-t-il pas de limites à s’identifier à son métier? Il me semble que ça n’a pas trop réussi à Winthrop. À moins que je sois vraiment pourri niveau empathie, je dirais qu’il a la face de quelqu’un qui aimerait ça que de se tuer à la tâche ne soit pas la seule marque d’affection ou d’honneur que l’on puisse rendre à ce que nous avons de cher, qu’il s’agisse de passion ou de patrie.
Bon, je me perds un peu encore (et de toute évidence, je ne vais pas faire une critique d’Obsession ici), mais là où je veux en venir, c’est que l’on trouve ça tous très cool que les gens fassent des études ou soient tout simplement passionnés par le cinéma, mais il y a d’autres codes à maîtriser que de simplement faire boucler le début et la fin d’un film. Je l’accorde, tout le monde aime les histoires qui se terminent avec une ironie presque poétique comme dans Watchmen ou Obsession justement. Cependant, comme pour ces films, j’avais l’impression que si LOCKBOX voulait faire un tour complet en raccordant les deux bouts, ça nécessiterait une grosse coulée de colle blanche.
Je me plains encore, mais finalement, un film m’évoque une excursion. Quand on part avec un sac sur le dos sur des chemins inconnus, laissant derrière nous notre monotonie, il arrive que la destination ne soit guère plus attrayante que le point de départ. Comme on dit, c’est le voyage qui importe, et celui-ci me plaît beaucoup.

C’est aussi très divertissant d’entendre la vraie voix de Carla Gugino. Je l’ai souligné plus haut à la blague, mais elle joue souvent des rôles où on lui demande d’avoir un accent un peu slave, un peu arabe. Détrompez-vous, j’adore les accents, y compris ceux qui sont joués. Toutefois, j’aime bien pouvoir regarder un jeu plus naturel de temps en temps ; c’est apaisant, comme de retourner à la maison après une longue route.
Et à vous, cher lectorat, je vous souhaite de trouver de bonnes raisons de voir celles et ceux que vous aimez. C’est bien de se retrouver dans d’autres circonstances que lors de tragédies.
Bande-annonce
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