
« Look. You are really really hot. You’re awesome. Like a solid 6 outta 10. »
[Écoute, tu es vraiment vraiment canon. Tu es géniale. Comme un bon 6 sur 10.]

Existe-t-il des hommes célibataires qui ne soient pas des connards ? Leah en doute fortement. Après sa dernière rupture et d’autres déceptions familiales, elle s’isole de plus en plus du monde qui l’entoure. À part sa grand-mère Gigi et sa meilleure amie et collègue de travail Bianca, elle n’a pas d’autres relations profondes. Les hommes fréquentent son lit, mais ne restent que pour une seule nuit.
Quand sa colocataire disparaît du jour au lendemain sans lui laisser sa part du loyer, Leah se voit confrontée à une charge financière importante. Sa grand-mère aisée, qui croit en un happy-end amoureux pour sa petite-fille adorée, saisit l’occasion et lui propose un pari auquel elle ne peut pas résister : si elle sort avec 40 hommes et trouve l’amour, Gigi couvrira son loyer pendant toute une année. Finira-t-elle ainsi par trouver son prince charmant?
Allez, les gars, quelle question ! C’est une comédie romantique américaine – mais l’une des meilleures que j’ai vues depuis longtemps… Félicitations à Andy Delaney, le réalisateur de 40 Dates 40 Nights.
Leah a une vingtaine d’années et travaille comme secrétaire dans une petite entreprise, alors que sa vraie passion autrefois était le dessin. Mais depuis qu’elle s’est fait harceler par une certaine Veronica Summer au collège, dorénavant sa némésis personnelle, et que son père a trompé sa mère pour vivre avec une autre femme en Floride, Leah a du mal à assumer sa vraie personnalité. Elle a peur de décevoir et d’être abandonnée encore une fois.
Vaquant à son travail insipide durant la journée, la jeune adulte cherche à oublier sa solitude et ses questions existentielles le soir dans les bras de ses partenaires trouvés en ligne. Ses conquêtes sont belles à voir, mais ne restent jamais quand cela devient trop sérieux.
C’est ainsi que 40 Dates 40 Nights débute : pendant une soirée amoureuse avec l’un de ces mecs sexy, le préservatif s’est déchiré. Après ça, Leah doit aller seule à la pharmacie pour acheter la pilule du lendemain, puisque son partenaire ne veut pas assumer ses responsabilités. L’entraînement de ses abdos et sa carrière ne peuvent pas attendre cinq secondes de plus, ça se comprend, non ?
À la pharmacie, elle doit subir les commentaires coquins du personnel masculin. Ces hommes lui donnent accès au produit désiré qui confirme, aux yeux de tous, qu’elle vient de – Dieu ait pitié ! – baiser. Le fait qu’elle y rencontre non seulement des connards, mais également un homme charmant (qui, plus tard, s’avère être l’une de ses rencontres à l’aveugle), est, bien sûr, un trope populaire des comédies romantiques. Or, pour moi, c’est un autre détail qui rend cette scène initiale si intéressante : le fait que la contraception d’urgence ne peut pas s’acheter librement, mais seulement après l’autorisation du responsable du magasin.
Leah et sa meilleure amie Bianca sortent régulièrement avec des hommes qu’elles trouvent sur les sites de rencontre. Puisqu’ils sont rapidement remplacés par d’autres, elles ne se souviennent guère de leurs prénoms. C’est ce qui arrive quand on date plusieurs hommes en même temps : on finit par ne plus savoir qui est qui. Cela crée des dialogues drôles et des situations dans lesquelles les spectateurs (en quête d’amour) peuvent facilement se retrouver : « His name is Ben. At least I think it is.There’s been a couple this month, so it’s been kind of confusing » [Il s’appelle Ben, du moins je crois. Il y en a eu plusieurs ce mois-ci, c’est donc un peu confusionnant], Bianca s’avoue-t-elle tout au début du film.
Leah se trouvera dans la même situation quelques semaines plus tard, après avoir enchaîné un rendez-vous après l’autre afin de gagner le pari de Gigi : « What’s his name ? » [Comment s’appelle-t-il?] Leah hausse les épaules et commence à rire. « Who cares ? Doesn’t matter. » [Qui s’en soucie? Ça n’a aucune importance.] Clairement, ce ne sont pas leurs princes charmants, parce que de son prince charmant, on s’en souviendrait, non?
Gigi, la grand-mère de Leah, voit sa petite-fille souffrir – non seulement financièrement, mais aussi mentalement. Son pari est censé l’encourager à trouver l’amour, en prenant le temps d’apprendre à connaître quelqu’un. Donc pas de sexe, même pas de baisers, pour les quarante rendez-vous qui suivront…
Leah trouve cette condition ridicule : comment savoir si quelqu’un vaut le coup si on ne peut pas le tester un peu ? « You can’t even buy a car without driving around the block first. » [On n’achète pas de voiture sans avoir fait un tour du quartier avant.]
Mais puisque la récompense – une année entière sans payer de loyer – est si séduisante, Leah accepte le défi. Suivra un rendez-vous après l’autre, toujours dans le même restaurant, toujours avec le même serveur qui, très vite, comprend de quoi il en retourne.
Aucun de ces hommes, chacun plus bizarre que l’autre, ne saura conquérir le cœur de la dame. L’un n’aime pas les animaux : au suivant. Son successeur a un fétichisme pour son chat qui se prend pour une licorne : c’est reparti ! L’autre ne cesse de fixer ses seins, et ainsi de suite. Madame est frustrée et se saoule de plus en plus afin d’oublier le désastre devant ses yeux.
Pour Stephen, le serveur, qui a observé chacune de ses rencontres, il est évident qu’elles sont vouées à l’échec. En fait, Leah ne donne à aucun de ces hommes une réelle chance et n’ose pas être authentique devant eux, de peur d’être rejetée. Il lui donne donc un conseil important : « It’s okay to let people know you » [Tu as le droit de montrer qui tu es.]
Autre trope des comédies romantiques – l’amour en passant, pour celui qu’on croyait d’abord détester. Lors de son vingtième rendez-vous, elle se retrouve face à Mason, qui d’abord la fascine, mais qu’elle repousse dès qu’elle réalise qu’il est l’un des témoins de son moment gênant à la pharmacie.
Or, personne ne pourra nier le fait qu’ils ont des atomes crochus. Qui s’aime bien se taquine, non ? Le couple idéal n’aura qu’à surmonter les derniers obstacles…
Bon, j’aime les comédies romantiques, mais pas toutes. Certains films sont simplement trop superficiels et prévisibles. Certes, l’intrigue dans 40 Dates 40 Nights ne surprend pas. Mais le film propose aussi des thèmes un peu plus profonds, comme celui de la solitude présente chez les trois personnages principaux : Leah, Bianca et Mason, ou encore la quête du propre sens de sa vie. La question n’est pas toujours pour qui son cœur bat, mais avant tout pour quoi – pour quelle passion, quel talent?
40 Dates and 40 Nights m’a eue dès le départ : il est bien fait, ses dialogues sont incroyablement marrants, son intrigue est touchante, et puisque le film capte si bien l’air du temps, on peut facilement s’identifier à Leah. L’unique bémol dans un film sinon réussi est que je souhaiterais plus d’acteurs sur scène correspondant moins à l’idéal de beauté actuel. Si on voyait des personnages moins minces et moins jeunes tomber en amour à l’écran, peut-être adopterait-on plus d’ouverture dans sa propre quête de l’amour?
Bande-annonce :
© 2023 Le petit septième