Emmanuelle - Une

Emmanuelle — Découvrir son propre plaisir

« What exactly are you looking for? »
[Que cherchez-vous au juste?]

Emmanuelle - Affiche

Emmanuelle (Noémie Merlant) est en quête d’un plaisir perdu. Elle s’envole seule pour Hong Kong, en voyage d’affaires. Dans cette ville sensuelle et cosmopolite, où elle multiplie les rencontres, elle croise Kei (Will Sharpe), un homme qui lui échappe sans cesse. 

Avec Emmanuelle, Audrey Diwan, adapte librement le roman d’Emmanuelle Arsan, et pose un regard féminin sur la quête intime de cette femme dont le nom évoque encore l’un des personnages les plus provocateurs du cinéma.

Entre désir et plaisir

Emmanuelle, c’est avant tout une femme qui entreprend un voyage intérieur afin de se reconnecter à son corps, de se reconnecter tout court, comme si, au final, elle n’avait jamais vraiment réussi à se connecter à elle-même, à son plaisir. On voit une femme qui, malgré une incapacité à trouver du plaisir dans le sexe, continue de collectionner les aventures. 

Dans la première scène, Emmanuelle séduit un homme dans l’avion, et l’amène dans la toilette. Elle se penche sur l’évier en tournant le dos à l’homme, son regard vide dans le miroir révélant sa dissociation. Dans cette scène, il n’y a aucun lien avec l’autre, ni pour lui, ni pour elle. Puis, ça se répète avec d’autres. Honnêtement, j’ai de la difficulté à croire qu’une femme continue d’enchainer les rencontres d’un soir alors qu’elle ne semble jamais retirer aucun plaisir. Mais je veux bien donner le bénéfice du doute à la réalisatrice.

À la fin, par contre, c’est l’inverse. Dans cette dernière scène, l’érotisme émane autant des mots que des images. La femme semble avoir finalement trouvé ce qui la stimule sexuellement.

Le message semble être que l’on peut avoir un grand désir malgré l’absence de plaisir. On y croirait un peu plus si Emmanuelle était un peu plus jeune. Mais reste que certaines femmes découvrent le plaisir sur le tard. Alors, pourquoi pas. 

Luxure

Ce qui me dérange dans ce film, c’est qu’encore une fois, la découverte du plaisir féminin semble se produire dans un univers de luxure et de richesse. C’est comme si on nous disait que pour qu’une femme puisse avoir le grand plaisir sexuel, elle devait se retrouver entourée de luxe et d’argent dépensé. 

Emmanuelle (Noémie Merlant)
Emmanuelle (Noémie Merlant)

D’ailleurs, il y a une mise en parallèle entre le corps de la femme et l’hôtel de luxe dans lequel les personnages se rencontrent. L’hôtel serait une métaphore du corps soumis à des critères de perfection. On cache la partie qui est imparfaite afin que les invités ne la voient pas, ne montrant que ce qui est beau et parfait. Mais malgré cette métaphore, on ne s’en sort pas. On reste avec cette impression que la réalisatrice passe le message que pour baiser une belle femme, il faut avoir du cash. C’est dérangeant. On comprend le côté féministe du film, mais en même temps, on à l’impression que le message rate. Au moins, contrairement au film des années 70, Emmanuelle est plus le sujet du film qu’un objet de fantasme.

Un peu plus…

Une autre chose que tente de montrer Emmanuelle, c’est que la solitude est la plus grande menace pour la société. Nous vivons dans un monde de « solitude de groupe ». C’est une notion qu’on voit souvent depuis quelques années. C’est une vision proposée par ceux qui rejettent le numérique, ou à tout le moins qui continuent de voir le numérique comme ne faisant pas partie du « vrai » monde. 

Personnellement, je crois que ceux qui s’entêtent à dire cela passent à côté de quelque chose de plus grand qu’eux. Ils imaginent que le reste du monde voit les choses comme eux, alors que de plus en plus de gens ne séparent plus le numérique du physique.Mais je m’égare. 

Emmanuelle reste un film intéressant qui montre qu’érotisme ne signifie pas pornographie. Et pour ceux qui se le demandent, oui, le film reste stimulant.

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
Emmanuelle
Durée
105 minutes
Année
2024
Pays
France / États-Unis
Réalisateur
Audrey Diwan
Scénario
Audrey Diwan et Rebecca Zlotowski
Note
6.5 /10

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Fiche technique

Titre original
Emmanuelle
Durée
105 minutes
Année
2024
Pays
France / États-Unis
Réalisateur
Audrey Diwan
Scénario
Audrey Diwan et Rebecca Zlotowski
Note
6.5 /10

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