
« La Terre n’a pas arrêté de tourner parce que tu es partie. »

Mathieu (Dylan Walsh) n’a pas revu sa sœur aînée, Heidi (Sophie Fekete) depuis 3 ans suite à son départ en Arizona. Récemment sorti de sa famille d’accueil, le jeune homme de 19 ans alterne entre son travail de nuit dans un abattoir et ses fréquentations de convenance. Sa routine monotone est chamboulée lorsqu’il reçoit un appel de Heidi qui lui demande de venir la chercher.
Bien qu’ils soient sincèrement heureux de se revoir, ces retrouvailles sont également amères, car elles ravivent les blessures du passé.
Les films de « roadtrip » sont multiples, mais peu sont réussis. Car il ne suffit pas d’une voiture et d’une caméra pour faire un récit intéressant. Malheureusement, La mécanique des frontières de Hubert Caron-Guay tombe plutôt dans la catégorie de ceux qui ne passeront pas le test du temps. Et c’est bien dommage, car la prémisse était prometteuse, et avec ses antécédents de documentariste, le réalisateur avait tous les outils pour nous donner une bonne histoire.

Cependant, le réalisateur ne semble pas permettre à son récit de respirer et de s’étendre. La plupart des plans du film sont très concentrés sur les acteurs, ne nous permettant pas d’apprécier l’environnement autour d’eux. Cela nous donne une impression de claustrophobie qui finit par devenir lourde et rendre l’histoire hermétique.
Le scénario nous donne aussi l’impression de plusieurs actes manqués. Il amène des sous-intrigues qui pourraient donner de la chair à son histoire et créer de la tension, mais le scénariste (également Hubert Caron-Guay) trouve le moyen de s’en débarrasser en chemin, rendant le tout inutile et donnant une impression de longueur pour un film qui ne dure que 1h30.
Le scénario n’est pas aidé par ses personnages principaux, qui ne sont pas particulièrement sympathiques ou engageants. Mathieu est monotone, à l’image de sa vie, et marmonne ses lignes, n’arrivant pas à nous le rendre attachant. On le prend plus en pitié, de le voir être traité comme un paillasson par sa sœur Heidi. Cette dernière est d’ailleurs insupportable. Il n’y a pas vraiment d’autres mots pour la décrire. On dirait qu’elle fait exprès de rendre la vie difficile à son frère.

On comprend rapidement que l’histoire met en scène des personnages qui ont eu une enfance difficile et un parcours qui l’est autant. Cependant, le scénariste ne nous donne pas d’information sur leur passé ou sur les circonstances qui ont causé le départ de Heidi, ce qui nous empêche de créer une connexion avec eux. Sans entrer dans les moindres détails, il serait pertinent d’avoir plus que des miettes d’explications, afin de mieux comprendre nos personnages.
C’est comme si Hubert Caron-Guay se basait uniquement sur le fait que ses personnages ont grandi en foyer d’accueil pour justifier leurs actions. Ce qui est assez maigre.
Lorsqu’on arrive à la fin de l’histoire, on est en droit de se demander ce que le film a voulu nous dire. Car, on ne connaît pas plus nos personnages principaux qu’au début du film, on n’a résolu aucun enjeu et on n’a même pas traversé la frontière…

On a presque l’impression qu’il manque 15 minutes au film, ou du moins quelques répliques, pour donner un sentiment de finalité à l’histoire de Mathieu et Heidi.
On dirait que Hubert Caron-Guay a pris une approche trop documentaire pour son récit de fiction. À trop vouloir « faire vrai », il a oublié que la vraie vie ne fait pas toujours une bonne histoire.
Bande-annonce
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