Propeller One-Way Night Coach

[Cannes] De Canet à Travolta, en passant par Kreutzer et Nakache

Pour ce samedi 16 mai, quatrième jour de compétition, la journée était chargée en séances et en films. On en vient à vouloir regarder le plus de films possible pour ne pas rater les immanquables de la 79e édition du festival. Si bien que cela devient un véritable casse-tête d’organisation : imbriquer le plus de séances possibles tout en essayant de ne pas négliger son sommeil, la tâche est ardue!

Pour cette quatrième journée de compétition, je souhaitais donc vous faire part des quatre séances qu’il m’a été possible de voir aujourd’hui. J’ai d’abord commencé ma journée à 8h30 par une séance de presse pour visionner le prochain film de Guillaume Canet, Karma, puis enchaîné à 13h avec le film de Géraldine Nakache, Si tu penses bien. J’ai ensuite continué avec Propeller One-Way Night Coach de John Travolta à 16h, pour finir la journée en beauté avec Gentle Monster de Marie Kreutzer à 21h30, film en compétition officielle.

Karma (Guillaume Canet) – Hors Compétition

Le film nous raconte les dérives sectaires d’un groupe religieux dans le sud-est de la France, entre emprise et enfermement.

Karma
Marc (Denis Ménochet) en prête à gauche coupant les cheveux de Jeanne (Marion Cotillard)

Guillaume Canet nous livre ici le film le plus sombre de sa filmographie, tous les codes du thriller répondent présents (musique oppressante, rythme anxiogène et images sombres), et tout cela trois ans après la sortie de son film Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu. Si vous vous attendiez à quelque chose de similaire, c’est tout l’inverse. 

Le film met en scène Jeanne, une jeune quadragénaire tentant de reconstruire sa vie dans un village du nord de l’Espagne avec Daniel. Elle passe ses journées avec Mateo, âgé de six ans, son filleul, qui disparaît mystérieusement. S’ensuit alors une course effrénée pour connaître la vérité.

Il faut noter la performance de Denis Ménochet en grand gourou patriarche démoniaque, ainsi que celles de Marion Cotillard (Jeanne, complètement possédée) et Leonardo Sbaraglia (dans le rôle de Daniel).

Karma est présenté au Festival de Cannes le 15 mai 2026.

Fiche technique

Titre original : Karma
Durée : 149 minutes
Année : 2026
Pays : France
Réalisateur : Guillaume Canet
Scénario : Guillaume Canet et Simon Jacquet
Note : 5/10

Si tu penses bien (Géraldine Nakache) – Cannes Première

Le film aborde les sujets de l’emprise surtout masculine au sein du couple, un thème toujours important à montrer. Il s’agit du quatrième film de l’actrice-réalisatrice Géraldine Nakache, qui s’intéresse ici à la place de la femme dans le couple, mais aussi dans la religion, et à l’emprise que l’homme peut exercer.

Si tu penses bien
Gil (Monia Chokri) et Jacques (Niels Schneider) à l’aquarium

Cette emprise, toute en nuances, se manifeste de manière insidieuse, petit à petit. Le film traite bien de ce sujet : on y voit progressivement Gil se cantonner au rôle d’épouse, jusqu’à être isolée de ses proches et de sa famille. L’emprise apparaît ainsi, comme souvent, de manière progressive.

Elle passe par un éloignement des proches (amis et famille), la création d’une forme d’autarcie, et le fait d’enfermer l’autre dans un « cocon ». Même lorsque les limites sont franchies, elle peut se transformer : se montrer plus fragile, plus douce, pour amadouer l’autre ou tout faire oublier.

Le film s’appuie sur un duo fort, Monia Chokri (qui interprète Gil) et Niels Schneider (méconnaissable dans le rôle de Jacques). On y retrouve ici un très beau fleuron d’acteurs québécois, non sans rappeler Les Amours imaginaires de Xavier Dolan, dans un autre registre…

Le récit, raconté à travers des ellipses sur six années, brouille quelque peu la perception et peut nuire à la lisibilité de l’histoire (le point de départ n’est pas suffisamment développé pour créer un ancrage fort avant les nombreux retours en arrière).

Si tu penses bien est présenté au Festival de Cannes les 15 et 16 mai 2026.

Fiche technique

Titre original : Si tu penses bien
Durée : 94 minutes
Année : 2026
Pays : France / Belgique
Réalisateur : Géraldine Nakache
Scénario : Géraldine Nakache et David Lambert
Note : 7/10

Propeller One-Way night Coach (John Travolta) — Cannes Première 

Propeller One-Way Night Coach est le premier film de l’acteur-producteur John Travolta, qui a décidé d’adapter son roman en film. Si vous aimez John Travolta, vous allez adorer ce film. Il réalise, adapte, joue, et fait jouer sa fille ainsi que sa mère. Cela n’en fait pas pour autant un mauvais film, on y voit surtout un film plaisir, un petit caprice, une envie de réaliser (de mettre en image après avoir mis sur le papier) une histoire et un sujet qui lui tenait à cœur.

john travolta in Propeller One-Way Night Coach
Jeff (Clark Shotwell) à gauche le John Travolta enfant et John Travolta dans le rôle d’un pilote prenant sa retraite

Ce film raconte la première fois de John Travolta à bord d’un avion, à l’âge de 8 ans, dans les années 60. On y suit un petit garçon, Jeff, et sa mère, au départ de New York jusqu’à Los Angeles. À travers les avions, les passagers et les hôtesses de l’air, des histoires se créent, et la magie ne cesse de grandir pour cet enfant passionné d’aviation.

La chose la plus marquante dans le film reste la différence de qualité de nourriture dans les avions par rapport à aujourd’hui : dans les années 60, ils avaient des cordons-bleus comme repas (point négatif pour John, qui préfère amplement les hot-dogs sans moutarde plutôt que d’apprécier un bon vieux cordon-bleu…). Propeller One-Way Night Coach est dès à présent disponible sur Apple TV.

Propeller One-Way Night Coach est présenté au Festival de Cannes les 15 et 16 mai 2026.

Fiche technique

Titre original : Propeller One-Way night Coach
Durée : 61 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : John Travolta
Scénario : John Travolta
Note : 7/10

Gentle Monster (Marie Kreutzer) – En Compétition 

La réalisatrice et scénariste autrichienne, connue pour Corsage (2022), qui avait valu à Vicky Krieps le prix d’interprétation féminine dans la section Un Certain Regard, poursuit ici un cinéma encore trop peu connu en France. Elle propose une relecture féministe des rapports intimes, attentive aux tensions invisibles qui traversent les relations.

Gentle Monster
Lucy (Léa Seydoux)

On y suit Lucy, pianiste de renom, dont la vie bascule lorsque la police enquête sur son mari Philip. Confrontée à la possibilité qu’il dissimule une part sombre, elle cherche à protéger son fils tout en tentant de comprendre la vérité. Pendant ce temps, Philip s’efforce de sauver leur mariage, tandis que le doute s’installe. 

Gentle Monster explore la fragilité des certitudes dans une relation et interroge l’image que l’on se construit de l’autre, souvent réduite à une simple projection. Le film repose sur l’idée que l’on croit connaître quelqu’un, avant que tout ne s’écroule. 

Parmi ses qualités, on peut souligner la construction narrative, cette succession de paliers psychologiques par lesquels passe l’héroïne, mais aussi la déflagration et la détérioration de cet amour, de ces liens qui les unissent.

Gentle Monster est présenté au Festival de Cannes les 15 et 16 mai 2026.

Fiche technique

Titre original : Gentle Monster
Durée : 114min
Année : 2026
Pays : France / Autriche / Allemagne
Réalisateur : Marie Kreutzer
Scénario : Marie Kreutzer
Note : 6.5

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