
« Je suis honoré et surpris de recevoir ce prix, parce que je ne fais pas de films qui sont diffusés à Cannes. »
– Peter Jackson
La soirée d’ouverture de la 79e édition du Festival de Cannes s’est déroulée sur le ton de l’humour, qui faisait parfaitement écho au film d’ouverture. Eye Haïdara, maîtresse de cérémonie révélée dans la comédie Le Sens de la fête, n’a pas seulement parlé d’humour, mais également des préoccupations actuelles (les différents conflits mondiaux, l’avènement de l’IA…), en célébrant le cinéma comme « un acte de résistance » qui « transcende les cultures », mais qui surtout « rassemble ».
Le réalisateur néo-zélandais, connu du grand public pour ses adaptations de Tolkien (la trilogie du Seigneur des anneaux et du Hobbit), n’a pourtant reçu aucun prix auparavant ni été sélectionné. Il avait tout de même présenté un extrait de son film il y a de cela quelques années, ce qui ne l’a pas empêché d’ironiser à ce sujet.
Sa distinction lui a été remise des mains d’Elijah Wood, qui a incarné pour lui le personnage du hobbit Frodon Sacquet.
Pour finir, cette belle cérémonie, durant laquelle les membres du jury ont été présentés, suivie d’un discours de leur président Park Chan-wook, a également été marquée par un hommage à Nathalie Baye, décédée en avril dernier. On a aussi pu entendre les performances d’Oklou et Théodora (ce n’était pas dans mon bingo de l’année d’entendre la chanteuse, rappeuse et danseuse française interpréter les Beatles).

La cérémonie s’est ensuite conclue par les prises de parole de l’Américaine Jane Fonda et de la Chinoise Gong Li, en se complétant, à merveille, lançant ainsi le départ du festival, qui baissera le rideau le 23 mai.
Le film prend place dans le Paris des années 1920. On y suit un jeune peintre reconnu, en panne d’inspiration depuis la mort de son épouse. Un soir, il tente d’entrer en contact avec elle par l’intermédiaire d’une voyante. Cette expérience va peu à peu l’entraîner dans une situation inattendue, où illusions et sentiments se mêlent…
Pierre Salvadori est un réalisateur majeur de la comédie française, avec plus d’une dizaine de films à son actif. Il n’est donc pas étonnant de le retrouver à Cannes lors de la cérémonie d’ouverture pour la diffusion de son dernier long métrage.

Pour lui, faire un film revient avant tout à porter un regard singulier sur une histoire : à partir d’un même scénario, mille variations sont possibles. Il coécrit ses films avec Benoît Graffin, avec qui il collabore régulièrement. Un travail commun fructueux qui se poursuit ici avec un septième film réalisé ensemble.
Avec La Vénus électrique, Salvadori signe son onzième long métrage en trente-quatre ans de carrière. Connu pour ses comédies saluées à la fois par le public et la critique, il s’aventure ici, pour la première fois, dans un film d’époque, en situant son récit dans le Paris bouillonnant du début du XXe siècle.

Le film, choisi pour l’ouverture et diffusé simultanément dans toute la France le mardi 12 mai, affiche une volonté claire : rassembler les spectateurs autour d’une comédie romanesque, à la fois moderne (dans ses costumes et ses décors) et un tantinet burlesque.
Le casting réunit plusieurs figures majeures du cinéma français actuel. On y retrouve notamment Pio Marmaï (très loquace et physique), habitué de son cinéma, ainsi que Vimala Pons (complexe et profonde), Gilles Lellouche (touchant et sincère), Gustave Kervern, mais surtout Anaïs Demoustier.
Si le rôle n’a pas été écrit pour elle, il paraît aujourd’hui évident qu’elle en était la seule incarnation possible. Salvadori souligne la difficulté du rôle et les nombreux essais de distribution menés avant le tournage : rares sont les actrices capables d’allier à ce point précision, drôlerie et émotion.

Il affirme qu’Anaïs a la capacité, en tant qu’actrice, de rendre naturel un texte très écrit et de défendre ses personnages avec force, apportant ainsi au film sa force et sa profondeur.
Le film joue par moments avec la temporalité, le récit explore le passé tout en racontant le présent, laissant ainsi se dessiner le futur.
Le passé et le présent se mêlent, jusqu’à un point de bascule où le présent est dépassé pour entrevoir un avenir meilleur.
Salvadori relève ainsi le défi de faire rire dans un cadre historique, sans perdre la vivacité ni la modernité qui caractérisent son cinéma.
Dans son nouveau film, il conserve ses thèmes de prédilection (le mensonge, l’ambiguïté et les faux-semblants) et mêle rythme et poésie pour explorer, avec humour et mélancolie, les fragilités humaines et la quête du bonheur.
La Vénus Électrique était présenté en ouverture du Festival de Cannes, le 12 mai 2026.
Bande-annonce
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