
« It’s called the Baby blue challenge, and it’s creepy as fuuuuck. »
[Ça s’appelle le défi Baby blue et c’est flippant à mort.]

Un défi de cours d’école devient une légende urbaine. Quand des adolescents invoquent « Baby Blue », quelque chose répond. Le jeu se propage, semant la douleur et les murmures sur son passage. Pour y mettre fin, il faut affronter l’invocation initiale et le prix à payer pour prononcer un nom.
Avec The Summoning, Sergio Gonzalez, Brandon Piskorik, Corey Benson Powers, Brian Sepanzyk et Felipe Vargas proposent un film d’anthologie utilisant le concept des jeunes qui doivent réciter une formule devant un miroir pour invoquer une force démoniaque.
The summoning débute avec une scène réussie qui met la table de bonne manière. Un homme sur la route. Un épouvantail effrayant qui apparait sur la route et bloque la voiture. Un homme qui décide de foncer. Un meurtre réussi. Puis, plus rien à propos de cette histoire. Ni même à la fin. À quoi sert cette introduction? On ne le saura jamais.

Puis l’histoire principale s’installe, avec un concept peu original, mais qui promet tout de même bien du plaisir. Et pour être honnête, l’histoire des 3 filles qui appellent une entité effrayante est plutôt réussie. C’est ce qui est bient autour de cette histoire qui n’offre que peu.
Les 3 histoires qui font de ce film une œuvre d’anthologie n’ont aucun lien entre elles sauf celui d’être raconté par les 3 filles afin d’invoquer la cruelle maman du bébé bleu (baby blue). Ces histoires ne sont pas totalement mauvaises. En fait, il y a même de bons moments de stress et un extraordinaire sursaut. Mais comme elles n’ont aucun lien réel avec l’histoire principale, elles ne servent à rien. Plutôt que de faire un long métrage, pourquoi ne pas simplement faire 4 courts métrages de qualité?
Tout n’est pas mauvais dans The summoning. Chaque histoire offre de belles choses, des petits flashs d’horreur qui touchent la cible. La vieille femme qui mange avec sa bouche étrangement agrandie, le cadavre qui apparait pour effrayer le personnage et faire peur au spectateur, ou encore l’apparition de la maman de baby blue sont toutes des séquences qui apportent les sensations qu’on recherche dans un film d’horreur.

Si seulement on en avait un peu plus dans chacune… Et surtout, si ces histoires avaient ne serait-ce qu’un tout petit lien entre elles, le résultat serait peut-être différent. Comme le film est un long métrage – ce qui doit donner un tout cohérent – au fil narratif ténu, on finit par perdre intérêt et terminer le visionnement avec une frustration.
Les anthologies doivent offrir un lien clair à la fin, sinon le spectateur reste avec l’impression que le réalisateur (ou le scénariste) manquait d’idées pour faire un long métrage. Du coup, plusieurs courts seraient mieux.
Lorsqu’on s’attaque à un type d’histoire déjà surutilisé, il faut être créatif afin de trouver un angle différent, ou quelque chose qui fera sortir le film de la montagne d’œuvres existantes déjà. C’est malheureusement ce que n’arrive pas à faire ce The summoning.

L’idée de l’incantation naïve devant un miroir est usée. Peut-être qu’en l’utilisant dans le cadre d’un film d’anthologie aurait pu être une nouvelle façon de toucher à ce sous-genre? Malheureusement, ce groupe de réalisateur passe à côté.
Au final, un film misant seulement sur l’histoire de base aurait probablement donné un meilleur résultat final. Au moins, on aurait une histoire qui se tient. Prochaine fois…
Bande-annonce
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