
Quand Netflix a annoncé la production d’une série live-action du manga One Piece, les fans de l’œuvre d’Eiichiro Oda, dont je fais partie, étaient concernés, surtout avec la mauvaise réputation qu’a Hollywood quand il adapte des animes. Ces mêmes fans ont été agréablement surpris à la diffusion de la série en 2023, car la majorité l’avait apprécié. Certains ont même dit que la série a brisé la malédiction des live-action. Dans tous les cas, Netflix a amené ce manga phare vers de nouveaux horizons.
J’avais moi-même exprimé mon avis sur cette adaptation, affirmant que bien imparfaite, elle fut un véritable plaisir à suivre. Je l’ai même fait écouter à mon père, qui ne connaît rien aux animés en général, et qui a pas mal apprécié.

Nous étions donc impatients à la sortie d’une seconde saison, surtout en sachant ce que Luffy et ses amis allaient affronter. On a dû attendre près de trois ans, toujours avec de l’appréhension, mais cette nouvelle saison, intitulée One Piece : Into the Grand Line, est enfin arrivée sur nos écrans. Mais que vaut-elle?
Alors que la première saison relatait la formation des Pirates au Chapeau de Paille à East Blue, cette deuxième saison les amène sur Grand Line, ce dangereux territoire qui a été teasé dans la première saison et là où se trouve le One Piece, que notre protagoniste Luffy (Inaki Godoy) recherche afin de devenir Roi des pirates. De ce fait, lui et ses amis, Zoro (Mackenyu), Nami (Emily Rudd), Usopp (Jacob Romero Gibson) et Sanji (Taz Skylar), vont faire face à de plus grands dangers.

Plus particulièrement Baroque Works, un groupe d’assassins mentionnés lors de la première saison constitué de dangereux criminels, notamment Miss All Sunday (Lera Abova), le bras droit du mystérieux leader de Baroque Works, Mr. 0.
Dans cette saison, les Chapeaux de paille visiteront la ville où l’ère de la Piraterie a débuté, un phare gardé par une baleine géante, une île remplie de dinosaures et de géants, ainsi qu’une île enneigée où habite une étrange créature nommée Tony Tony Chopper (Mikaela Hoover).
Tout comme la première saison, la série arrive à bien retranscrire les designs d’Eiichiro Oda, en particulier les personnages. Beaucoup des personnages de la série sont le parfait équivalent de leurs homologues dessinés, en particulier Lera Abova en Miss All Sunday. Il reste que certains styles font très cosplay, mais la grande majorité est bien réussie.
De plus, un aspect qui fait oublier cet aspect toque est l’interprétation des acteurs. Le showrunner de cette deuxième saison, Matt Owens, et l’équipe de distribution ont non seulement fait un excellent travail pour trouver des acteurs ressemblant aux personnages, mais ces derniers y ont mis tout leur cœur. Si les acteurs auraient pu trouver le projet ringard et donner leur minimum syndical, ils ont au contraire embrassé l’univers et ont donné vie au manga. Certes, ce ne sont pas des interprétations qui valent un Oscar, mais elles permettent de rendre crédible cet univers.

Mentions spéciales à Charithra Chandran en Miss Wednesday, qui aura beaucoup à faire dans la suite de la série, à David Dastmalchian en Mr. 3, qui ressemble non seulement au personnage du manga, mais apporte une autre vision, mais surtout à Mark Harelik, qui offre la meilleure prestation de cette deuxième saison en Docteur Hiruluk dans l’épisode 7, de loin le meilleur de ses huit récents épisodes.
Mais ce n’est pas que l’adaptation visuelle qui est bien travaillée, mais également l’adaptation scénaristique.
Là encore, la série prend des libertés avec le manga. Ce n’est pas si grave, car ce sont des changements justifiés, que ce soit pour faciliter la production ou pour suivre la direction de la série. Pour autant, l’esprit du manga original reste aussi présent et l’histoire reste plaisante à suivre, même si elle est aidée par la qualité de l’œuvre originale.
Même les références et autres easter eggs, qui était un élément que je critiquais dans la première saison, sont ici plus contrôlées. Beaucoup critiquent l’apparition de certains personnages qui arrivent bien plus tard dans le manga, mais leur présence respecte la chronologie de l’histoire de base. On pourrait même dire que la série fait du foreshadowing pour les potentielles futures saisons, comme le fait souvent Eiichiro Oda. Je critiquerais néanmoins la présence d’un flashback dans l’épisode 1, un moment important du manga, mais qui est juste utilisée ici pour laisser un doute chez le spectateur.

Mais quelque chose qui m’a fait plaisir dans cette deuxième saison est l’écriture des cinq protagonistes. Non seulement leur alchimie est parfaite et respecte celle du manga, corrigeant même certains moments qui seraient jugés problématiques avec Sanji, mais ils ont chacun la place pour être mis en lumière, que ce soit Nami qui se lance plus dans l’action, Zoro qui a droit à une scène d’action grandiose qui met en valeur son désir de se surpasser, Usopp qui veut surmonter ses peurs, ou Sanji qui en révèle plus sur son passé.
Mais selon moi, le plus gros problème de la série est qu’il ne laisse pas l’opportunité d’être épique. C’est encore là un problème de mise en scène, qui était pour moi le gros défaut de la première saison. Elle s’est un peu améliorée dans cette deuxième saison avec certains moments de grande inventivité et des rappels astucieux à des moments de la saison précédente.
Cependant, elle reste pour la plupart basique, voire même contraignante. Plusieurs scènes restent coincées dans un seul lieu, alors que le manga était plus mobile. On peut comprendre ce choix pour des raisons budgétaires, mais c’est d’autant plus dommage quand la série essaie de reprendre des planches du manga. Le meilleur exemple est la scène où Luffy protège un drapeau. Un grand moment sur papier, mais qui perd de son grandiose à l’écran.
Il faudrait remédier à ce manque d’épique, surtout pour la saison 3, car l’arc qu’elle va adapter possède son lot de scènes grandioses. Juste pour donner une image, ça devrait être de la même ampleur que Lawrence d’Arabie de David Lean.
Cette saison 2 de One Piece Netflix est dans la continuité de la première : une œuvre imparfaite, mais grandement divertissante, et qui respecte l’essence du manga d’Eiichiro Oda. Les néophytes en découvriront plus sur ce grand univers et rencontreront de nouveaux personnages importants, notamment un renne docteur adorable.
J’attends d’ores et déjà la troisième saison, dont la production avait débuté en novembre 2025, et qui pourrait bien sortir l’année prochaine. On aura droit à une nouvelle location désertique, de nouveaux personnages uniques, un grand méchant terrifiant, l’un des meilleurs du manga, et un récit épique où nos pirates favoris se confronteront aux plus grands dangers de leur vie. Bref, je suis impatient.
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