The Forbidden City - Une

Forbidden City — Kung-fu made in Italie 

« I am father, son and filter of my conflicts. »
[Je suis père, fils et filtre de mes conflits.]

The Forbidden City - Affiche

En 1995, en pleine politique de l’enfant unique en Chine, deux sœurs sont contraintes de vivre dans le secret. Des années plus tard, en 2025, l’une d’elles arrive à Rome pour retrouver l’autre, mystérieusement disparue. Sa recherche la mène dans un petit quartier tranquille de Rome, entre une trattoria italienne en difficulté et un restaurant chinois aux activités troubles. Très vite, elle se retrouve mêlée à des rivalités locales, des tensions entre communautés et des secrets bien gardés. 

Entre affrontements spectaculaires, révélations inattendues et liens qui se tissent malgré la méfiance, l’enquête prend une tournure bien plus personnelle que prévu. Entre drame, action et romance, le film explore les thèmes de la famille, de l’exil et de l’identité, dans une Rome vibrante où passé et présent s’entrechoquent.

Le Kung-Fu à sa sauce

Il est difficile de revisiter un genre quand il a déjà été exploité et surexploité, surtout lorsqu’on ne vient pas directement de cette tradition et de cette culture. On pourrait alors facilement tomber dans de l’imitation et le cliché. Le cinéma d’arts martiaux possède son rythme et ses codes. Le reproduire demande alors une exigence et une rigueur. Gabriele Mainetti réussit pourtant à se l’approprier en opérant un choix intelligent, plutôt que de reproduire simplement le genre, le réalisateur l’ancre dans sa culture et son pays. Il y change les fondations, le décor, modifie l’atmosphère et également son esthétisme, il l’ancre dans un territoire qu’il connaît intimement en gardant alors l’essence des arts martiaux. 

En changeant la trame, il l’ancre dans un environnement urbain contemporain, vivant, imparfait.

The Forbidden City - Le kung-fu à sa sauce

Les ruelles romaines dénotent et cassent par moment avec le récit (comme dans la scène où Mei sort du restaurant et que l’on se rend compte après une scène de combats de plusieurs minutes que nous sommes à Rome).

Le film structure son récit sur une double vendetta familiale, moteur dramatique qui structure l’ensemble. Pourtant, le film ne s’enferme jamais dans une noirceur excessive. Il parvient toujours à trouver un équilibre grâce à un mélange (plutôt bien) maîtrisé de mélodrame, de romance et de touches de comédie qui humanisent les personnages. Les scènes d’arts martiaux, millimétrées et soigneusement chorégraphiées, viennent rythmer le récit et intensifier les enjeux, tout en apportant une dimension spectaculaire qui contraste avec l’intimité des conflits familiaux.

Empire romain

J’aime y voir un parallèle entre la Rome antique et son empire de pierres, de colonnes et de monuments chargés d’histoire et ces lieux autrefois consacrés au spectacle du combat. Dans le film, cette mémoire semble se déplacer, le restaurant asiatique devient, à son échelle, un Colisée contemporain, une arène intime où se jouent désormais les affrontements.

The Forbidden City - Empire romain

La comparaison dépasse la simple esthétique. Comme les gladiateurs, Mei n’a pas choisi l’arène : elle y est poussée par les circonstances. Son combat n’est pas seulement physique, il est aussi symbolique. Elle se bat pour sa sœur, pour sa liberté, pour son identité dans une ville qui n’est pas la sienne. 

Mafia land

Le film dégage par moments un léger parfum new-yorkais, bien qu’il se déroule entièrement à Rome. Cette impression naît surtout de la rencontre entre la mafia chinoise et la mafia italienne, deux communautés qui, dans l’imaginaire collectif, renvoient souvent à l’histoire migratoire et criminelle de New York. En faisant cohabiter ces deux diasporas dans les quartiers romains, le film crée un espace de tensions, mais aussi d’échanges, où les identités se frottent et se redéfinissent. 

Présenté au Festival Fantasia 2025, le film a marqué les esprits. Pour découvrir un autre point de vue, je vous invite à lire la critique de mon collègue David, qui avait également vu le film lors de cette édition et en propose une analyse complémentaire.

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
La città proibita
Durée
138 minutes
Année
2025
Pays
Italie
Réalisateur
Gabriele Mainetti
Scénario
Stefano Bises, Davide Serino et Gabriele Mainetti
Note
6.5 /10

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Fiche technique

Titre original
La città proibita
Durée
138 minutes
Année
2025
Pays
Italie
Réalisateur
Gabriele Mainetti
Scénario
Stefano Bises, Davide Serino et Gabriele Mainetti
Note
6.5 /10

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