
« You took something from us, we take something from you. »
[Vous nous avez pris quelque chose, on vous prend quelque chose.]

Lorsque deux policiers interviennent dans une dispute conjugale, la situation dégénère et un accident tragique se produit. Craignant d’être lynchés par l’opinion publique, les policiers tentent de dissimuler l’incident, révélant ainsi que leurs caméras corporelles ne sont pas les seules à les filmer.
Avec BodyCam, Brandon Christensen propose un film d’horreur de type found footage qui réussit à faire monter le rythme cardiaque. Clairement un film qui plaira aux amateurs du genre.
Il y a deux styles de films de type found footage. Il y a ceux qui sont très calculés, avec une caméra plutôt stable afin que ça se rapproche d’un film tourné de façon plus classique, et il y a ceux qui laissent les acteurs réellement en charge et où ça bouge vraiment beaucoup – comme c’était le cas pour Blair Witch Project. BodyCam fait partie de cette deuxième catégorie.
J’aime beaucoup l’idée que le réalisateur s’en remette à ses acteurs pour filmer. Mais par moment, ça bouge un peu trop. Il aurait fallu qu’il y ait un peu plus de contrôle. Pas énormément, mais à certains moments, si ça bougeait un peu moins, les moments d’intensité seraient renforcés. C’est peut-être le début du film qui est le moins bon moment pour que ça bouge autant. Le spectateur embarquerait plus rapidement si les premières minutes étaient plus lentes.
Par contre, on ne peut pas dire qu’il ne se passe pas grand-chose. Contrairement à la majorité des films de found footage, celui-ci est rempli d’action. Souvent, on n’a qu’une caméra (comme dans Rec.). Cela restreint les possibilités. Mais ici, comme les deux policiers et la voiture ont des caméras, le réalisateur peut jouer avec les angles au montage. Ces changements de caméras sont bien utilisés.
BodyCam mise sur le réchauffé. On a l’impression que les scénaristes ont pioché dans les films du genre ici et là afin de ramasser ce qui leur plaisait et l’ont introduit dans leur film. Soyons clairs : ça marche. Le résultat est un film qui fait monter le rythme cardiaque et qui donne des moments d’horreur réussis. Mais si on cherche de l’originalité, du nouveau, on devra repasser.

Par moment j’avais l’impression de regarder Rec., puis soudainement, je me retrouvais dans Blair Witch, puis dans It lives Inside. La séquence du début dans la maison est tout de même palpitante. Elle met en place l’histoire de façon intense et trépidante. Le décor est magnifiquement terrifiant et les acteurs sont convaincants.
Mais on reste avec l’impression que les symboles de magie/sorcellerie/menaces ne sont pas très travaillés et que les raisons sont un peu trop simples. C’est dommage, car les cultistes sont marquants et leurs interactions sont effrayantes à souhait. Et la phrase qui revient encore et encore, « You took something from us, we take something from you. » donne des frissons.
Mais la façon dont on arrive au dénouement manque de valeur. Les raisons ne sont pas assez claires pour qu’on les embrasse et les actions en lien avec la mère du personnage ne donnent pas tellement de jus à l’histoire.
Je dis souvent qu’un film d’horreur n’a pas besoin de révolutionner le genre pour valoir le coup. Honnêtement, malgré que ce ne soit pas un grand film, BodyCam est un plaisir coupable à regarder.
Je ne me suis pas emmerdé, je ne me suis pas endormi et j’ai eu droit à quelques frissons. Quoi demander de plus lorsqu’on se lance dans un film d’horreur canadien à petit budget? Oui, un film comme 28 days later est toujours plus agréable puisqu’il révolutionne un sous-genre. Mais parfois, le petit frisson n’est pas si mal.
Donc, si vous cherchez un film tout de même différent de ce que vous voyez chaque semaine, et que vous n’avez pas vu tous les classiques du genre, vous devriez passer un bon moment.
Bande-annonce
© 2023 Le petit septième