
« Doing bad things is not the same as being a bad person. »
[Faire de mauvaises choses n’est pas la même chose qu’être une mauvaise personne.]

Un enfant assiste au meurtre de ses parents par un homme déguisé en Père Noël. Des années plus tard, devenu adulte, il revêt lui-même un costume de Père Noël et se lance dans une quête vengeresse et violente contre les responsables de ce traumatisme d’enfance.
Ce mardi 9 décembre (avez-vous votre calendrier de chocolat de Noël?), je me suis réveillé avec un mauvais goût dans la bouche et un petit froid dans le dos. Que voulez-vous, j’ai eu beau mettre du plastique dans mes fenêtres, ça a l’air que ça prenait une deuxième épaisseur (du 3 millimètres d’épais en plus, pas du petit cellophane bon marché). Ça m’a aussi donné la preuve que c’est pas parce qu’on a mangé quelque chose la veille qu’on a mauvaise haleine le matin, on peut aussi ne rien manger et ça donne le même résultat. C’est donc avec joie que je suis allé visionner en primeur Silent Night, Deadly Night, écrit et réalisé par Mike P. Nelson (le cinéma le matin c’est toujours une expérience étrange je trouve), même si de prime abord je m’attendais à un film plutôt moyen (dans le mauvais sens).
Soyons honnêtes (c’est Noël après tout), le concept d’un slasher de décembre est plus que dépassé. Toute mauvaise chose doit avoir une fin… non? Et pourtant, le dernier long métrage dans cette longue veine caillotée (ou carottée de caillots) réussit tout de même à pomper un peu de sang frais. J’ai bien apprécié de voir Rohan Campbell dans autre chose qu’Halloween Ends qui me pue au nez. J’étais certain qu’on ne le verrait plus jamais après cela et je m’en désolais un peu parce qu’il a selon moi un talent certain comme acteur. Le voilà de retour incarnant le rôle de Billy Chapman, un homme troublé incapable de ne pas punir les vilains durant le temps des fêtes. Il est accompagné de Rube Modine qui interprète le rôle de l’explosive Pamela Sims.
Les deux personnages sont énigmatiques à leur manière et c’est (sans jeu de mots hivernal) très rafraîchissant de se permettre de découvrir des personnages petit à petit. D’habitude ça prend un film de 2h minimum si on espère avoir une sensation d’évolution, mais là je dois applaudir à quel point le montage final était efficace. Je ne sais pas si la résurrection de Brendan Fraser qui fait que le style à la The Mummy revient à la mode, mais quel bonheur d’enfin suivre une histoire qui a du rythme et qui ne se prend pas les pieds dans les fleurs du tapis. Tout le monde aime un bon silence ou un regard intense qui s’étire, mais pas qui s’éternise. Pour la cause, Silent Night, Deadly Night remplit plus que modérément sa part d’être un bon divertissement.

Le protagoniste, Billy, débarque dans une petite ville tranquille de je ne sais trop où aux États-Unis et s’y plait rapidement malgré les remarques désapprobatrices de Charlie, interprété par Mark Acheson, la voix dans sa tête. Par contre, sous ses apparences tranquilles, le comté semble être la proie d’un mystérieux kidnappeur nommé le « Snatcher ». C’est donc sans surprise que le nouvel arrivant puisse éveiller les soupçons des habitants, mais à ma grande surprise le film ne prend pas cette tangente. Le concept, subtil et évident à la fois, reste simple et même élégant. On ne nous dit pas qui est gentil ou méchant, on le voit et c’est ce qui rend le film si divertissant.
Je n’ai pas envie de vendre tous les punchs parce que l’idée du calendrier de Noël n’est pas simplement là pour faire joli. Elle démontre l’importance de savourer chaque moment et pas simplement celui du « grand jour ». Silent Night, Deadly NIght est ainsi composé de petits moments bien choisis qui exposent chacune des parties de la personnalité de Billy avec un rythme presque solennel. Ça laisse la place à un bon nombre de retournements qui surprennent sans tomber dans l’absurde ou la caricature.
Oui je sais, mes articles peuvent être plus denses et profonds que ça. Mais ne sentez-vous pas la magie de Noël? Moi oui, et j’ai envie de vous laisser découvrir ça par vous-mêmes. J’y suis allé à reculons et peut-être que c’est justement en ne mettant pas trop d’attentes que vous pourrez aussi apprécier ce… petit cadeau du temps des fêtes. Pour les fois où on a la chance de se laisser surprendre, vaut mieux ne pas gâcher la surprise de mon cher lectorat. De toute façon, avec les temps froids rien de mieux que de passer quelques heures au cinéma. Le film sort le 12 décembre.
Bande-annonce
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