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One hundred more — Danse

Plus tôt cette semaine, j’ai été voir un spectacle de danse contemporaine. Cette soirée m’a amené à me questionner, encore une fois, sur les ressemblances et les liens entre le cinéma et les autres domaines artistiques et créatifs. 

One hundred more

Assumant pleinement leur statut de femmes de couleurs et de mères, Justine A. Chambers (Vancouver) et Laurie Young (Berlin) prennent le devant de la scène pour explorer toute la gamme des petits gestes liés à la résistance. Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, les deux danseuses et chorégraphes s’éloignent du discours pour opérer un renversement de valeurs sur le territoire du corps. À un continent de distance, les deux artistes partagent une même fascination pour les ramifications autant politicosociales que physiques des gestes.

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Laurie Young et Justine A. Chambers

Dans cette chorégraphie, elles réduisent l’art à sa plus simple expression par une scénographie sobre, faite de quelques éclairages et de son, qui gravitent autour d’elles. Et qui, par moment, laisse le spectateur dans un certain brouillard.

Danse contemporaine et cinéma expérimental

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je suis un grand amateur de cinéma expérimental. D’ailleurs, j’ai dernièrement vu W, d’Anna Eriksson. Et ils savent aussi que je me passionne pour la danse contemporaine et que je regarde souvent des courts métrages qui mettent en scène des danses originales, non typiques.

C’est donc dans cet état d’esprit que je suis allé voir One Hundred More cette semaine. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu au niveau de l’expérience. Ce spectacle de danse ne ressemble pas à ce qu’on a l’habitude de voir.

La première similitude entre la danse contemporaine et le cinéma expérimental qui me vient en tête, c’est probablement le fait qu’on ne donne pas toutes les clés au spectateur. En effet, celui ou celle qui regarde peut tirer ses propres conclusions de l’œuvre qu’il regarde. Quelle est la signification de ce mouvement? Que signifie ce long plan où rien ne se passe? Pourquoi cet étrange sentiment? Voilà le genre de questions qu’on se pose lorsqu’on assiste à ces deux types de créations. 

D’ailleurs, à la base, la danse et le cinéma misent beaucoup sur les corps, leur mouvement, leur staticité, leur apparence. Souvent, on les utilisera pour pousser la réflexion, parfois en choquant, parfois de façon plus subtile. Dans One Hundred More, on utilise une certaine subtilité qui laisse parfois le spectateur incertain sur ce qu’il doit comprendre. Certains chorégraphes, comme Dave St-Pierre, sont moins subtils et vont plutôt utiliser une forme de provocation pour amener la réflexion. On peut penser, entre autres, à son incroyable Pornographie des âmes, création qui m’a chamboulé. 

La Pornographie des âmes
La pornographie des âmes

Je compléterais la comparaison en donnant un dernier point commun. Le cinéma expérimental et la danse contemporaine misent sur l’essai de nouvelles techniques, de nouveaux styles, de nouvelles idées. C’est là le plus important, à mon avis. 

Je ne crois pas que Louise Lecavalier aurait eu une carrière aussi remarquable si elle s’était contentée de faire ce qui avait déjà été fait avant. Elle a plutôt opté pour repousser les limites. C’est un peu la même chose pour un réalisateur comme Gaspar Noé. Ce ne sont pas les histoires qui sont particulièrement originales dans ses films, ce sont plutôt les méthodes utilisées ou les images qu’il montre qui en font un réalisateur hors-norme.

Quoi qu’il en soit, dans ces domaines, l’important c’est de repousser les limites et d’amener quelque chose de neuf. Parfois ça donne des échecs, parfois des bijoux. Mais lorsqu’on apporte quelque chose de nouveau, peut-on réellement parler d’échec?

Quelques films de danse à voir

Pour terminer, je vous propose une petite sélection de films sur la danse ou de film mettant en scène de la danse qui valent vraiment la peine d’être vus.

Je vous laisse sur quelques images de One Hundred More.  

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