Je poursuis ma couverture du VIFF avec 5 courts métrages qui ont, comme point commun, d’avoir attiré mon attention. Hé non, ils n’ont rien de plus que ça en commun.

Apart, together (Olivia Hang Zhou) — États-Unis/Chine

Apart Together

Deux Chinoises, une adolescente et sa mère sont à Los Angeles, à la recherche de la sœur aînée qui a été abandonnée alors qu’elle était bébé. 

On a tous entendu des histoires comme quoi les familles chinoises donnaient leurs filles en adoption pour avoir un garçon, car un seul enfant était permis par famille. C’est effectivement vrai. Pendant longtemps, il était interdit d’avoir plus d’un enfant. Encore aujourd’hui, les familles n’aiment pas trop que leur premier-né soit une fille. Mais jusqu’à maintenant, je n’avais vu aucun film traitant du sujet de façon juste et efficace.

Mais Apart, together est solide et met à nu les conséquences brutales, néfastes pour l’âme et durables que la politique chinoise de l’enfant unique a imposée à de nombreuses familles. Après avoir été forcée d’abandonner sa première fille, la mère se fie sur sa cadette pour retrouver sa précieuse première-née. Le film ne porte aucun jugement. Il s’affaire plutôt à montrer les conséquences pour la mère, mais aussi pour la plus jeune de la famille. Comment vous sentiriez-vous si le seul désir de votre mère était de retrouver sa fille?

Boobs (Marie Valade) — Québec (Canada)

Boobs - Lolos

Un voyage surréaliste à travers le rapport amour-haine d’une femme avec ses seins, son corps, sa féminité.

Celui-ci me laisse un peu incertain. Il est certes très intéressant et il met en lumière le « problème » des seins. Mais ça me semble un peu… exagéré. Mais peut-être que je trouve cela parce que je suis un homme et que, clairement, je ne vis pas avec des seins. Mais une chose est sûre, ce court film est tout à fait intéressant à regarder, ne serait-ce que pour l’image.

Flower Boy (Anya Chirkova) — Canada

Alors qu’août s’installe, Nav noue des liens intimes avec une peintre audacieuse et un propriétaire d’arène de laser tag. Au moment où il commence à se trouver lui-même, l’été se termine brusquement.

Flower Boy

On pourrait qualifier Flower Boy de coming-of-age movie. Ce film a tout pour être magnifique. L’image rétro qui nous place dans un genre d’univers intemporel, de bons acteurs et une trame narrative qui intrigue. Puis, FIN. Donnez-moi un bon 90 minutes de cette histoire qu’on puisse voir où tout ça s’en va. Le drame semble prêt à s’installer à tout moment. Regardez-le et donnez m’en des nouvelles…

Heavy Petting (Brendan Prost) — Canada

Une jeune femme solitaire (Marina) s’efforçant de combler le vide laissé par un animal domestique disparu, tisse un lien étrange et ténu avec un visiteur inattendu jouant un rôle dans un costume de chat (Jordan). Lorsque l’animal de compagnie de Marina revient, Jordan est jeté et retourne à sa vie de profonde solitude et d’invisibilité.

Heavy Petting

Cet étrange drame sur la solitude est autant original que troublant. La vision de Prost jette un regard sur le rôle d’un chat dans la vie de son maître, et sur le côté pathétique que possèdent bien des propriétaires de chat.

Le chat serait-il un remplacement de relation de dépendance amoureuse? La question se pose à la fin de ce film. Quoi qu’il en soit, Heavy petting est un film à voir.

Without you (Mina Shum) — Canada

Une lettre d’amour à tous les humains.

Without You

« Un film né de l’isolement, une lettre d’amour au public de partout. Écrivez ce dont vous avez besoin, disent-ils. » Ces quelques mots de la part de la réalisatrice résument bien son œuvre. C’est aussi une belle façon de montrer que l’art est thérapeutique. Without you est une narration qui pourrait être toute droite sortie d’un roman. On y voit des plans suivant la narration. Mais il y a quelque chose qui n’y est pas : les personnages. Lorsque la narration raconte qu’une femme marche dans un sentier et s’assoie sur un banc, on a les plans dans lesquels on voit le sentier et le banc. C’est au spectateur d’imaginer le reste. Et ça se fait comme par magie.

Le film est titré Without You (sans toi). Mais ça pourrait aussi être « pense à moi ». Ce court métrage est effectivement une lettre d’amour magnifique à la vie, à l’humanité.

***

Notre couverture des courts métrages présentés au VIFF s’arrête ici. Mais nous avons encore beaucoup de films à vous présenter dans les prochains jours.

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