« — Il est dans une situation difficile.
— La majorité des nôtres sont dans une mauvaise situation. La plupart d’entre eux n’ont pas de rêves. »

Running Against the Wind PosterDeux garçons de douze ans grandissent ensemble dans un village reculé – jusqu’à ce qu’une seule photo change leur vie à jamais : Solomon (Mikias Wolde) se rend à Addis-Abeba pour devenir photographe. Abdi (Ashenafi Nigusu) reste à la maison et s’entraîne pour réaliser son rêve d’égaler les succès sportifs de Haile Gebrselassie. Dix ans plus tard, Abdi est sélectionné pour l’équipe nationale éthiopienne de course à pied et déménage à Addis-Abeba. Il sent que Salomon doit être mort maintenant, mais une voix intérieure lui dit de chercher son vieil ami. Et en fait, Salomon est toujours en vie, mais dans un monde complètement différent de celui d’Abdi. La motivation de vivre d’Abdi lui vient de ses chaussures de course — Salomon survit grâce à sa femme Genet et à l’amour de sa fille de trois ans Fikir.

Avec Running against the wind, Jan Philipp Weyl offre un film sur la misère, l’espoir et la survie. Et il permet aux plus chanceux de voir ce que c’est que de grandir dans un endroit moins favorisé.

Du cul du monde au plus grand village du monde

Comme le dit un des personnages, « Addis-Abeba c’est le plus grand village du monde ». Mais évidemment, si une personne est pauvre en quittant son village, elle ne sera pas soudainement argentée juste parce qu’elle arrive dans une ville. C’est ce que découvrira le jeune Solomon. Et il découvrira plus encore.

Running against the wind - Du cul du monde au plus grand village au monde
Solomon enfant lorsqu’il rencontre Genet

Running against the wind, c’est surtout le récit de deux enfants remplis d’espoir qui, un jour, prennent des chemins opposés vers la vie adulte. On vit tous cela à un certain moment. Au Canada, ça se produit soit à la fin de l’école primaire, ou à la fin du secondaire. Pour nos deux jeunes Éthiopiens, ça se produit à 12 ans, après le décès des parents de Solomon.

On ne choisit pas la violence, on la subit

Ce que découvrira Solomon, et le spectateur, c’est la violence de la grande ville. Vivre dans la rue, lorsque le reste du village est là avec toi, c’est difficile. Mais vivre dans la rue lorsque les groupes criminalisés t’utilisent pour leurs profits, c’est vraiment difficile. Heureusement (ou malheureusement) pour Solomon, il rencontre l’amour : Genet. Ils auront un enfant qui deviendra la force et la faiblesse du jeune homme. 

Running against the wind - On ne choisit pas la violence
Solomon (Mikias Wolde), Genet (Samrawit Desalegn) et Fikir (Yemariam Melkamu)

Ce que montre à merveille le film de Weyl c’est qu’en Éthiopie, peu importe ton chemin, la vie sera dure. Abdi n’a d’autre vie que l’entrainement. Il deviendra le meilleur de son pays. Mais c’est la seule chose qu’il connait. Solomon, lui, connait l’amour. Mais c’est la seule chose positive dans sa vie. Pendant les 2 tiers du film, le réalisateur propose deux récits présentés chronologiquement. Jusqu’à ce que les deux hommes se croisent, maintenant adultes. 

Le film est monté de façon classique, simple. Peu de surprises nous attendent en cours de visionnement. Mais le récit est touchant, sans être mélodramatique. 

Mais encore…

Il y a des films qui ne sont pas grandioses, mais qui valent réellement la peine d’être vus. Ici, pour que le film puisse atteindre le grand public — celui qui doit être sensibilisé —, le réalisateur a dû faire un choix. Ce choix c’est de faire un film traditionnel, se rapprochant du cinéma commercial typique.

Running against the wind - Mais encore
Abdi (Ashenafi Nigusu) et l’équipe de course

Mais Running against the wind est l’histoire de deux amis d’enfance, qui se sont battus pour survivre, et qui se retrouvent à l’âge adulte et doivent se battre à nouveau pour leur survie.

Un beau film que je vous suggère d’aller voir.

Note : 7.5/10

Bande-annonce

Fiche technique : 

Titre original : Running against the wind
Durée : 115 minutes
Année : 2019
Pays : Éthiopie/Allemagne
Réalisateur : Jan Philipp Weyl
Scénario : Jan Philipp Weyl et Michael Wogh

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