[Vues d’Afrique] Les sandales blanches — Ne pas abandonner

Du 9 au 18 avril 2021 se déroulera la 37e édition (et 2e entièrement numérique) du Festival Vues d’Afrique. Cette année encore, nous vous offrons une couverture du festival.

Image-Vues-dAfrique-2021Cette année, ce sont 51 pays (33 africains dont, pour la première fois la Namibie et la Guinée équatoriale) qui sont représentés à travers des productions ou coproductions pour un total de 159 films : 146 en compétition (dont 21 longs métrages et 59 courts métrages de fiction, 56 documentaires, 10 films d’animation) et 13 films hors compétition. Parmi ces œuvres on peut signaler 5 longs métrages Grand-mère dix-neuf et les secrets soviétiques du Mozambicain João Ribeiro, Paysages d’automne du réalisateur algérien Merzak Allouache, Terre des braves de Tim Huebschle, premier film namibien présenté à Vues d’Afrique, Le chemin du paradis, une coproduction Maroc/Pays-Bas de Wahid Sanouji et Les oubliées des Grands Lacs du Burundais Joseph Bitamba ainsi que 5 courts métrages Da Yie du Ghanéen Anthony Nti, La pomme de la discorde du Burkinabé Fayçal Léonce Soura, Mutation de Reda Lahmouid, Souvenir, souvenir film d’animation de Bastien Dubois et Trois feuilles, une animation d’Haïti d’Éléonore Coyette.

Une autre nouveauté cette année : le Centre d’étude et de coopération internationale — CECI remettra un prix Égalité Homme/Femme parmi l’ensemble de la programmation du festival, sous le thème « Agir pour l’égalité ».

Les sandales blanches — Film d’ouverture

 « Crois-moi Malika, apprendre à lire et à écrire c’est gagner sa liberté. »

Les sandales blanches - afficheTout commence au début des années 60, dans le bidonville algérien de Nanterre… Malika a 5 ans (Anaïs Taggueb). Sa mère vient de lui acheter une paire de sandales neuves. Des sandales si blanches que la fillette ne les quitte pas des yeux et ne voit pas le camion qui recule. C’est le début d’années d’hôpital, d’opérations à répétition, de souffrance et de lutte. Des années loin des siens durant lesquels la petite musulmane, aux mains de bonnes sœurs et d’infirmières catholiques, va, à la messe, découvrir la musique et le chant…

Dès lors, affrontant le racisme d’une société française qui peine à se remettre de la Guerre d’Algérie, mais butant aussi contre les aprioris tenaces de sa propre communauté, Malika (Amel Bent) va suivre son rêve et déplacer des montagnes pour devenir celle que toutes et tous appelleront un jour « la Diva des banlieues. »

Tiré du Roman éponyme et autobiographique de Malika Bellaribi-Le Moal, Les sandales blanches, réalisé par Christian Faure, ne sera certainement pas le meilleur film du festival, mais certainement un qui plaira à un large public.

Une histoire de religion

Sandales blanches - histoire de religion
La mère de Malika avec une amie

La guerre d’Algérie a laissé des traces. Une de ces traces plutôt invraisemblables est bien dépeinte dans ce film : une fillette musulmane gravement blessée n’avait d’autres choix que d’aller séjourner dans un hôpital catholique. Ce qui, ici, semble avoir créé une distance irréparable entre la fillette et sa mère. 

Malheureusement, on laisse ce thème de côté un peu trop rapidement. Il aurait été intéressant que le réalisateur (et scénariste) se penche un peu plus sur les enjeux de religions qui se sont installées à cette époque. On a plutôt choisi de mettre l’emphase sur la ténacité de Malika fillette, puis adulte. 

Une histoire d’amour

Les sandales blanches Histoire amourEn contrepartie, tout le volet qui traite d’Amour est vraiment réussi. Je ne parle pas de l’amour au sein d’un couple. Bien que celui-ci soit abordé, c’est plutôt l’amour entre sœurs, en une mère et une fille et entre un père et sa fille. 

Pour rendre son film plus « grand public », Faure a ajouté quelques moments larmoyants. Mais ceux-ci ne sont pas trop dérangeants et sont bien insérés et distancés. Il y a, à ce niveau, une belle dichotomie entre la relation mère/fille remplie de haine, et la relation père/fille qui est plutôt remplie de douceur et de tendresse. 

Puis il y a l’amour de la musique. C’est un événement fortuit (comme ce fut le cas pour Bocelli) qui amène la jeune Malika à développer son amour pour l’opéra. Dans son cas, c’est grâce à une des infirmières qui prennent soin d’elle que Malika trouvera sa voie. 

Mais encore…

Pour lancer son édition 2021, Vues d’Afrique a décidé de miser sur un film plus accessible, en français, afin d’amener un plus large public à s’intéresser à sa programmation. Espérons que cette décision (un peu contestée) sera gagnante. 

Quoi qu’il en soit, Les sandales blanches mérite d’être vu.

Note : 7.5/10

Les sandales blanches est présenté à Vues d’Afrique, en ligne, du 9 au 10 avril 2021.

Bande-annonce

Fiche technique : 

Titre original : Les sandales blanches
Durée : 94 minutes
Année : 2020
Pays : Algerie / France
Réalisateur : Christian Faure
Scénario : Christian Faure et Mikaël Ollivier

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

© 2021 Le petit septième