On ne se le cachera pas, le cinéma en 2020 a été… compliqué ! La pandémie mondiale qui nous a tous frappée, a mis un sérieux frein à l’industrie cinématographique au grand complet, ce qui veut dire beaucoup de films reportés et très peu de séances au cinéma. Or, même si je n’ai pas vu autant de nouveaux films qu’à l’habitude cette année, j’ai pu, grâce à ma participation au Petit Septième et aux réouvertures durant l’été, avoir le privilège de regarder quelques nouveaux films internationaux et d’auteur. J’en ai retenu cinq, avec quelques mentions honorables à la fin, qui m’ont vraiment marqués.

5 : Peninsula (Yeon Sang-Ho) – Corée du Sud

PeninsulaLa suite de l’excellent Dernier train pour Busan du même réalisateur sorti en 2016. Quatre ans après que la Corée ait été envahie par une épidémie de zombie, un groupe de survivants retourne sur la péninsule afin de récupérer un bien précieux laissé sur place ; sauf qu’ils vont découvrir que les infectés ne sont pas la véritable menace.

En toute honnêteté, le film est très imparfait et inférieur à son prédécesseur. Cependant, peut-être parce que c’était ma première séance après le déconfinement, j’ai totalement embarqué dans le film. S’il est dommage que les zombies ne représentent plus une véritable menace comme dans le premier film, c’est aussi pour montrer l’évolution de l’univers qui est très bien rendu. Le film propose aussi des scènes d’action d’une grande intensité, des personnages colorés et attachants et quelques scènes émotives pas du tout désagréables.

Le film ne plaira certainement pas à tout le monde, mais il reste un divertissement honnête qui fera plaisir aux fans d’action et de zombies, ainsi qu’à ceux, comme moi, qui ont adoré Dernier train pour Busan.

4 : Sheep without a shepherd (Sam Quah) – Chine

Sheep without a Shepherd - afficheLi Weijie, un père d’une famille chinoise déménagé en Thaïlande doit faire usage d’ingéniosité et de son amour pour le cinéma afin de cacher à une chef de la police persistante le meurtre du fils de cette dernière, tué accidentellement par la mère et la fille de Li.

Il s’agit de ma plus grande surprise provenant du Festival Fantasia, et même de toute mon année. Alors que je pensais voir un thriller lambda, je suis tombé sur un film beaucoup plus maîtrisé que cela. Son écriture est très bien réussie, surtout en ce qui concerne la mise en place du suspense et celle du plan des protagonistes. Le film propose aussi un sous-texte politique assez bien élaboré, dans lequel on peut voir une critique du gouvernement chinois assez osée, même si elle est dissimulée derrière des figures d’autorité d’un autre pays.

Un film qui m’a surpris par sa qualité, et dont la situation actuelle et la faible distribution de films chinois sur le territoire québécois fait en sorte que peu de gens verront ce film.

3 : Lupin III : The first (Takashi Yamazaki) – Japon

Lupin 3 - afficheAdaptation du manga de Monkey Punch dans lequel la bande de Lupin III, petit-fils du cambrioleur Arsène Lupin, est à la recherche du Journal de Bresson, une relique que même le grand-père de Lupin n’a pas réussi à voler et qui mène à un grand trésor. Le problème : une organisation affiliée aux nazis veut s’en emparer pour ressusciter le Troisième Reich.

Très peu connaissent cette œuvre du mangaka Monkey Punch, décédé l’année dernière. Heureusement, ce film peut plaire à la fois aux initiés et aux non-initiés. Les premiers verront un film qui recapture parfaitement l’esprit et l’énergie de l’œuvre originale, qui en plus, est renforcée, et non pas dénaturée, par la première incursion de l’univers à travers l’image de synthèse (le sous-titre du film provient de là). Les seconds découvriront un divertissement avec des personnages attachants et rigolos, des scènes d’action à couper le souffle ainsi que certaines scènes apportant de l’émotion aux spectateurs, que ce soit du rire, de la peur ou de la tendresse.

En résumé, un film qui est fait à la fois pour les fans et les néophytes. Il va juste falloir la sortie de la version physique en janvier pour la version française.

2 : Red Post on Escher Street (Sono Sion) – Japon

Redpost on Escher Street - afficheUn célèbre cinéaste organise des auditions pour recruter des actrices non professionnelles pour son prochain film. Ce qui va suivre est le croisement des destins de plusieurs personnes aux vies et aux ambitions différentes.

Je suis un amateur du cinéma de Sono Sion. En attendant avec impatience Prisoners of Ghostland, sa première production américaine, le FNC présente ce film qu’il a réalisé au Japon avant de partir aux États-Unis. Alors que je m’attendais à retrouver son style habituel, je découvre un tout autre film. Une œuvre beaucoup plus calme et introspective que le reste de sa filmographie, mais qui fait un bien fou. Ainsi, ce film permet à la fois à ses fans de se détendre un peu, surtout après la montagne russe qu’est Forest of love, mais aussi éventuellement à un public plus large de le découvrir.

Réaliser un film à la fois si différent et ressemblant à tout ce qu’il a fait auparavant, c’est un exploit que certains grands cinéastes n’ont pas encore accompli.

1 – Uncut Gems (Josh et Bennie Safdie) – États-Unis

Uncut Gems - afficheHoward Ratner, un bijoutier du Diamond District de New York, voit l’occasion de payer ses dettes et de gagner gros lorsqu’il est en position d’une opale rare, sauf que c’est à ce moment que les ennuis vont commencer.

Sorti en exclusivité sur Netflix en janvier 2020, je ne pouvais pas penser à un autre film en haut de mon podium. Les frères Safdie, qui étaient derrière l’excellent Good Time en 2017, ont réalisé un véritable chef-d’œuvre, rempli de dialogues culte, de grandes performances venant d’Adam Sandler et même de l’ancien basketteur Kevin Garnett (le meilleur dans tout le film) et d’une puissante intensité allant jusqu’à une finale inoubliable.

Un film à ne pas manquer, qui va rester dans l’histoire du cinéma et qui prouve qu’A24 est une des boîtes de productions les plus prometteuses.

En plus de ces cinq films, voici mes mentions honorables, se retrouvant plus dans les productions hollywoodiennes :

  • Borat 2 : La grande comédie de l’année.
  • Tenet : Car malgré ses défauts, Nolan offre une toute autre expérience cinématographique.
  • Trial of the Chicago 7 : Aaron Sorkin à son meilleur.

Article minutieusement révisé par Révizio inc.

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