« Do you know a girl with long red hair? »
[Connaissez-vous une fille avec de longs cheveux roux?]

Make up - afficheLorsque Ruth (Molly Windsor), une adolescente réservée, découvre une tache de rouge à lèvres sur le miroir de son petit ami Tom (Joseph Quinn) et une mèche de cheveux roux sur son t-shirt, un sentiment de malaise s’installe dans leur caravane. Refusant de confronter Tom, Ruth tente de trouver la mystérieuse fille rousse. Quand elle commence à travailler avec la confiante et vive Jade (Stefanie Martini), ses ongles écarlates et le soupçon de rouge dans ses cheveux amplifient la fixation croissante de Ruth. Elle essaie de garder ses appréhensions à distance, mais ses suspicions obsédantes commencent à nourrir une obsession qui menace sa relation avec Tom. Alors que la distance s’ouvre entre eux, Ruth se retrouve à la fois intriguée et craintive de se rapprocher de Jade. Elle ne sait pas que quelque chose d’entièrement différent de la jalousie la hante peut-être…

Avec son thriller psychologique, Claire Oakley offre un film sur la quête de soi. Make Up propose un personnage principal féminin fort intrigant et une descente obsessive dans l’univers de la jalousie. 

Jalousie ou quête d’identité?

Make up - Jalousie ou quête identitaire
Ruth (Molly Windsor)

Pour écrire son film, Oakley s’est beaucoup informée sur la confusion et l’incertitude vécues par de nombreuses jeunes femmes autour de l’identité et de la sexualité et a été intriguée par l’idée que les filles sont encouragées à contenir et à contrôler leurs appétits et à enterrer leurs désirs sexuels. « Je ne peux pas m’empêcher de penser à moi-même et à des versions plus jeunes de moi-même, à moi dans mon adolescence et ma vingtaine. Je voulais écrire quelque chose pour tous ceux qui s’étaient surpris avec des sentiments qu’ils ne pensaient pas leur appartenir ou pour tous ceux qui voulaient quelque chose qu’ils ne pensaient pas devoir vouloir. »

Puis elle a construit une intrigue qui mélange la quête d’identité et le drame psychologique : une jeune femme de 18 ans qui n’a eu qu’un copain, avec qui elle est depuis 3 ans. L’arrivée dans un nouvel environnement après une séparation. Et une découverte troublante…

La réalisatrice réussit à bien jongler avec ces deux thèmes afin de créer un débalancement chez le spectateur. Mais c’est par l’utilisation judicieuse du décor que tout prend forme.

Un décor qui obsède

Make up - Un décor qui obsèdeIl y a peu de sauts et de frayeurs dans Make Up. Mais il y a une tension inquiétante du début à la fin. Cette tension obsédante provient des plans soigneusement composés et une conception sonore détaillée afin de créer une atmosphère. « Je voulais que ce soit une expérience étrangement séduisante et captivante où vous avez le sentiment constant que quelque chose va arriver à Ruth. Pour moi, les outils du genre étaient des moyens d’approfondir la tête de Ruth et de montrer ses peurs et ses désirs ».

Mais pour réussir à composer de bons plans, ça prend aussi le bon décor. Ici c’est le parc de caravanes qui offre un terrain de jeu effrayant pour le personnage principal, et pour le spectateur. 

« Wandering around the parks at night, I noticed there were plenty of opportunities to use the place in a thrilling and creepy way – for instance, the architecture can be used like a maze. A caravan park has the capacity to be both dream and nightmare, with only a flimsy plastic wall as the line between the two. » [En me promenant dans les parcs la nuit, j’ai remarqué qu’il y avait de nombreuses possibilités d’utiliser l’endroit d’une manière passionnante et effrayante — par exemple, l’architecture peut être utilisée comme un labyrinthe. Un parc de caravanes a la capacité d’être à la fois rêve et cauchemar, avec seulement un mur en plastique fragile comme ligne entre les deux.]

Ce mur de plastique, c’est les genres de grandes toiles (ou de sacs transparents) qui sont installées sur les caravanes lorsque la tempête approche. Mais un parc de caravanes n’est pas seulement un endroit où on peut se perdre. Il a une grande valeur thématique avec l’architecture répétitive et homogène terrain, qui contraste avec la nature sauvage de la mer et des dunes. Et c’est évidemment une occasion parfaite de créer un lien avec le personnage de Ruth, qui vit le moment le plus important de sa vie jusqu’à présent. Elle doit faire le choix entre vivre une vie fausse, préfabriquée ou une vie libre selon ses désirs. 

Mais encore…

Make up - Mais encorePour Ruth, tout commence avec la découverte d’un cheveu rouge. Elle qui a emménagé dans ce coin perdu au nom de l’amour se retrouvera plutôt perdue dans une quête menée par la jalousie, à travers le labyrinthe que représente le terrain et son âme.

C’est ainsi aux confins du cœur que vous invite Make up de Claire Oakley. Un excellent thriller psychologique qui va au-delà du simple film de genre.

Note : 8/10

Bande-annonce

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