« La vie est une cigarette. Cela commence par l’étincelle et ce termine par la cendre. »

Joyeux Noël - posterPendant la première saison des fêtes après le décès de son père bien-aimé, une jeune femme tente de recréer leurs traditions avec ses restes incinérés.

Avec Joyeux Noël, Haley Webb crée un film léger, mais d’une grande qualité. En traitant de Noël d’un point de vue différent de ce qu’on est habitué de voir, elle réussit à présenter un film qui laisse un beau sentiment dans le cœur.

C’est son film qui a remporté la palme de la deuxième édition du FICMAN (Festival International de Courts Métrages d’Auteur et Narratif), le 9 novembre dernier, en plus de récolter le prix de la meilleure photographie. Ce court métrage en noir et blanc  n’est pas réellement un film de Noël. C’est plutôt une ode à la solitude. Parce que nous n’avons pas le droit d’être triste pendant les fêtes, que devons-nous faire lorsque le deuil frappe?

Dans Joyeux Noël, écrit, produit, réalisé et interprété par Haley Webb, on sourit et on réfléchit. C’est donc avec grand plaisir que j’ai rencontré (par l’entremise de la technologie) Haley Webb afin de lui poser quelques questions. 

Je vous invite à regarder la bande-annonce et à lire, ensuite, l’entrevue.

Entretien avec Haley Webb

Bonjour Haley,

Félicitations pour vos 2 prix au FICMAN. Vous avez fait un grand film.

Intéressant, le choix du noir et blanc. Était-ce l’idée dès le début ou le choix s’est imposé lors du montage?

Joyeux Noel - Le noir et blanc
Haley (Haley Webb)

Le tournage en noir et blanc était prévu dès le début, car nous pensions que la meilleure façon de raconter cette histoire était d’imiter le style noir et blanc des premiers films français de la Nouvelle Vague. Compte tenu de la nature sombre et comique du film, l’existentialisme prononcé de la Nouvelle Vague française était le véhicule parfait pour ce que nous voulions accomplir. Nous voulions marier une douleur très réelle et enracinée avec la nature ruminative de la Nouvelle Vague. Nous aimons aussi les films en noir et blanc et les occasions de les faire sont plus rares de nos jours, alors nous avons sauté sur l’occasion d’en faire un.

Trouvez-vous que Noël est déprimant? Vouliez-vous montrer le vide de cette fête? Ou était-ce une sorte d’excuse pour parler de solitude?

Nous ne trouvons pas Noël intrinsèquement déprimant, mais l’image de Noël et la façon dont la fête est traitée et célébrée sont si jubilatoires et axées sur la famille que, pour ceux qui ne sont pas heureux ou ont perdu des membres de leur famille, la confrontation de ces images peut être aliénante et déprimante. La réalité des fêtes, comme toute autre chose, est un spectre d’expérience émotionnelle. À cet effet, nous avons fait des films de Noël dans le passé qui regardent également ces autres aspects de l’expérience des fêtes; non pas dans le but exprès de déprimer ceux qui regardent nos films, mais dans l’idée d’élargir la façon dont les gens conçoivent et pensent les fêtes.

Vous avez fait ce film avec seulement 500 $. Qu’est-ce qui a été le plus difficile? Comment avez-vous réussi à dépenser si peu et à  en faire quelque chose de cette qualité?

Joyeux Noel - Un film a petit budgetL’un des aspects du cinéma à très petit budget est qu’il vous oblige à être interdisciplinaire. Pour certaines personnes, c’est un fardeau. Mais nous aimons tous les deux vraiment le cinéma et toutes les composantes du film, donc travailler en dehors de nos « professions » délimitées est une joie. 

Nous avons pris le temps d’apprendre à faire nous-mêmes un certain nombre d’aspects du cinéma, ce qui joue en notre faveur lorsque nous travaillons avec de petits budgets. Nous avons adopté une approche « artisanale contrôlée » pour réaliser ce film. Nous ne sommes pas allés trop loin en termes de lieux ou de portée de ce que nous voyions plan par plan. Nous possédons également beaucoup de matériel de tournage dû au travail d’Alexander en tant que photographe et directeur de la photographie, ce qui a diminué le coût de la location de matériel, nous avons un petit casting et peu de dialogues, ce qui a limité le besoin de lav mics et ADR. Haley a fait toute la production et la conception de costumes et nous avons fait le storyboard assez précisément avant le tournage. En faisant ces choix, nous pouvions alors contrôler de manière beaucoup plus significative ce qui se passait dans le cadre. Nous aimons tellement créer et développer l’univers d’un film, que nous n’avons pas ressenti le pincement d’un tel budget autant que nous en avons été excités.

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos questions!

One Comment

  1. Haley Webb continues to honor her father with her skill set. I have fond remembrances of this family, having known Haley’s father and having worked with both of his parents. They would a;ll be proud.

    Chris Astle

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