Le Petit Septième a récemment eu l’occasion de rencontrer le réalisateur romain Carlo Sironi alors qu’il était au TIFF pour présenter son premier long métrage: Sole, un film qui nous a littéralement envoûtés. Nous avons donc saisi l’opportunité de voir ses précédents courts métrages; vous connaissez notre amour pour le court métrage italien contemporain… (#ItalieToutCourt!) 😉

Sofia (2008, 15 min.)

Sofia - afficheÀ travers les yeux de Clara, une fille de treize ans, nous découvrons le monde de Sofia, sa petite soeur. Sofia ne parle pas. Elle utilise les objets comme une extension de son corps et à travers leurs sons crée son propre langage. Le silence de Sofia s’impose violemment à toute la famille, mais c’est Clara, d’un seul geste, qui révèle un malaise insoutenable: l’absence d’un mot qui résume cette réalité trop pénible. Deux mondes différents qui se confrontent, si proches qu’ils ne se toucheront jamais.

Son premier court métrage, nommé dans plusieurs festivals, Sofia relate une histoire dans les faits plutôt banale. Le focus du film semble être la vie et l’ennui de cette jeune adolescente. Pourtant, on est captivé du début à la fin; pas étonnant que Carlo Sironi ait remporté le prix pour la meilleure réalisation au Capri Hollywood International Film Festival. On reconnaît le réalisateur par l’économie des dialogues et par son intérêt, déjà présent à l’époque, pour la représentation de la solitude. La fin m’a cependant légèrement laissée sur ma faim… 

Pour voir Sofia, c’est ici :

Cargo (2012, 15 min.)

Cargo - afficheAlina a 25 ans, elle vient d’Ukraine et se prostitue autour de Rome. Jani, le petit garçon qui la conduit tous les jours sur la route, ne la quitte pas des yeux. Il est convaincu que l’enfant qu’elle porte est le sien. Cette certitude presque illusoire le conduit à chercher un moyen de les sortir de la cage qui les entoure.

Encore une fois, nous sommes confrontés à un film dans lequel le scénario passe presque exclusivement à travers la dimension visuelle. Les dialogues de Cargo sont réduits au maximum. Sironi mise plutôt sur la construction d’une atmosphère, atmosphère qui suggère l’état d’esprit des personnages. Le réalisateur joue sur les contraires – la nuit et le jour, l’obscurité et la clarté – pour évoquer l’évolution de l’histoire et des personnages. On connaît peu de choses sur eux, mais on est rapidement touché par leur douleur. Les thèmes de l’immigration et de la maternité, que Sironi a exploités dans Sole, se retrouvent déjà dans ce court métrage et, nous le verrons, constituent les fondements du prochain, Valparaiso. Une grande cohérence semble ainsi habiter l’oeuvre de ce cinéaste.

Valparaiso (2016, 20 min.)

valparaiso - afficheRocio est enfermée dans le centre d’identification et d’expulsion de Rome et tombe enceinte pendant son emprisonnement. Elle ne veut pas révéler comment c’est arrivé, ni à cause de qui. Elle préfère se taire. La loi n’autorise pas la détention d’une femme enceinte et Rocio est donc libérée au quatrième mois de grossesse avec un permis de séjour temporaire pour maternité. Maintenant, elle est libre, mais elle doit poursuivre une grossesse non désirée.

Ce qui m’a frappée tout au long du visionnement de Valparaiso, c’est l’attention particulière que Sironi semble avoir mise sur la création d’environnements qui permettent de soutenir le propos. On passe d’un décor à l’esthétique industrielle qui irradie de sa pâle monochromie à une pièce sombre, aux murs rouges, qui confinent le personnage de Rocio dans cet intérieur et dans sa vie. Visuellement, c’est parfaitement réussi. Les décors se succèdent cependant très rapidement, à l’image des évènements. Le résultat est un film au rythme très rapide, peut-être un peu trop rapide pour le type d’histoire qui est traitée, centrée sur l’évolution psychologique de Rocio vis-à-vis de sa maternité. Peut-être qu’un long métrage aurait été plus adapté pour raconter un tel récit…

Bande-annonce de Valparaiso :

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